Corona de Ser : une émission quotidienne en occitan, "on en rêvait, grâce au confinement on a enfin pu se lancer"

Tous les soirs ils prennent l'antenne, à 19h, pour une heure d'émission entre information et découverte : les bénévoles de Nissa Pantaï font vivre le nissart, et la langue occitane en général, grâce à des invités venus de toute l'Occitanie.
Corona de sera : corona du soir, bonsoir ! Une quotidienne d'une heure en occitan. Comment le confinement peut produire ses bons côtés...
Corona de sera : corona du soir, bonsoir ! Une quotidienne d'une heure en occitan. Comment le confinement peut produire ses bons côtés... © Radio Nissa Pantaï
Tout est parti, comme souvent, d'un proverbe nissart : "Roge de sera, bèu temps espèra." Qui a peu de chose près signifie : "lueur rouge en soirée, du beau temps peut espérer". "Corona ou roge de sera : malgré la pandémie, on garde l'espoir," explique Christou Daurore, l'un des fondateurs de Nissa Pantaï. "C'est ce qui a donné l'idée de départ d'une émission quotidienne en niçois."

Le 27 mars, quelques jours après le début du confinement suite à l'épidémie de Covid-19, les bénévoles de cette radio associative, créée en 2008 et diffusée sur internet, se lancent dans l'aventure. "Une quotidienne d'une heure, on en rêvait depuis le début, sans jamais oser. Grâce au confinement on l'a fait !" s'exclame Christou enthousiaste. Et le 10 mai, c'est la 45ème ! 45 jours à tenir une heure d'antenne en occitan. Et, si possible, ce n'est que le début.

C'est qu'il faut du temps pour préparer les émissions, trouver les invités. "Du temps, tout le monde en a eu, chacun chez soi. [Même si derrière on entend des "papa" lancés à répétition pendant l'entretien téléphonique, NDLR] Et pour les invités, nous n'avons eu que des réponses positives : des sommités du monde occitan, qui d'ordinaire sont très sollicitées, avaient elles aussi du temps à nous accorder ! Mais on ne pensait pas tenir aussi longtemps..." relève Christou.
 
Les conditions sont parfois un peu sportives. La loi du direct !
Les conditions sont parfois un peu sportives. La loi du direct ! © Diana Vainer


Corona de Sera commence toujours par un petit point d'information sur l'épidémie, au niveau mondial puis local, si possible émaillé de témoignages concrets. Vient ensuite la partie entretien, où les animateurs de la radio échangent avec leurs invités. Des invités venus de tout l'univers de la langue d'Oc, qui s'étend du Piémont à la Catalogne.

Encore un avantage de la situation : finalement les bénévoles de Nissa Pantaï voyagent bien plus qu'en temps normal. "Techniquement c'était un peu galère à mettre en place. Les problèmes de connexions, certaines applications d'audio- et visioconférence limitent la durée des conversations, il a fallu trouver la bonne... Mais maintenant tout fonctionne."
 

Tant et si bien que Nissa Pantaï est désormais reprise sur deux des plus grandes radios occitanes, Radio Occitania à Toulouse, qui reprend l'émission en direct et en intégralité, et Radio Lenga d'Òc de Montpellier, avec une version raccourcie en différée. Toutes deux sont des radios hertziennes, avec des auditoires fidèles. L'audience des podcasts est inespérée elle aussi, par rapport aux dizaines d'auditeurs habituels du site internet, Corona de Sera dépasse la centaine de connexions. "Ce qui reste modeste, mais pour nous c'est vraiment très bien," sourit Christou.

Pour la 45ème émission, les animateurs ont choisi de se recentrer sur Nice : les invitées du 10 mai sont Natalia Bialowas Lecaillon, Reine des Mai 2019, et l'organisatrice du concours de l'association Nissart Per Tougiou, Marine Chiaramonti. Deux jeunes femmes parlant le nissart. Tout un symbole. Un symbole également, puisque la Fête des Mai, tradition niçoise s'il en est, n'a pu avoir lieu cette année qu'en version virtuelle. La Reine 2019 conserve donc exceptionnellement sa couronne pour un mandat supplémentaire...
 

L'émission va-t-elle perdurer après le déconfinement ? Pour l'instant, du moins, tant que les bonnes volontés contribuent, pas de Der en perspective. "Pour l'instant, la plupart de nous restons en télétravail. On a envie de continuer autant que possible," reprend Christou. "Toutes ces initiatives, ces contacts que nous avons pris, les problèmes techniques que nous avons surmontés, ce sont des choses que nous n'aurions pas osées en temps normal." Ou comment trouver du positif dans une catastrophe sanitaire. "Corona de sera, bèu temps espèra."





 
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