Drones, intelligence artificielle, la technologie au service de la lutte contre les incendies de forêt

Des drones équipés de caméras thermiques, des détecteurs capables de repérer de la fumée grâce à l’intelligence artificielle, pour lutter contre les feux de forêts, la technologie se déploie dans les Alpes-Maritimes. Loin d'être de simples gadgets, l'objectif est de gagner du temps et d'économiser les moyens.

Après un été 2022 particulièrement sec et des incendies dans les Alpes-Maritimes dès le printemps, les sapeurs-pompiers se préparent pour une nouvelle saison estivale à haut risque. En plus des traditionnels moyens de lutte, vigies, hélicoptères bombardiers, patrouilles, la technologie vient aider sur le front des incendies. 

Tourettes-sur-Loup dans les Alpes-Maritimes va servir de commune d'expérimentation pour des détecteurs utilisant l'intelligence artificielle (IA) pour repérer au plus tôt les départs de feu.

De l'extérieur, ils ressemblent à des caméras de surveillance urbaine. "Ça prend une photo toutes les cinq secondes et l’intelligence artificielle va détecter s’il y a une fumée, détaille Frédéric Poma, le maire de la commune à l'origine de l'initiative. Si une fumée est repérée, une alerte est déclenchée en moins de cinq minutes."

Une alerte envoyée à Force 06 (Force Opérationnelle Risques Catastrophes Environnement des Alpes-Maritimes), avec un point GPS précis de l'origine de la fumée, calculé grâce à l'intelligence artificielle. Ce sont ensuite des humains qui évaluent la situation avec les caméras de Force 06, pour décider des moyens à déployer sur le terrain.

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Simulation d'une alerte incendie lancée par le détecteur, qui envoie sur l'application la photo et les coordonnées GPS de l'alerte. ©Firebreak

Une surveillance sur 15 kilomètres

Ces détecteurs doivent être installés dans la semaine du 12 juin. Ils viennent en complément des vigies mises en place tout l'été, avec l'avantage de fonctionner 24 heures sur 24. Concrètement, la commune va être équipée de cinq caméras, trois dans le lieu-dit Les Courmettes, pour surveiller le littoral, et deux sur la tour du château pour scruter la zone du Caire.

« Il y a déjà eu des incendies dans la zone du Caire, rappelle le maire de la commune, également pompier-volontaire. "Et 80% de la commune est en zone rouge selon le plan de prévention incendie".

En tant que commune d’expérimentation, Tourettes-sur-Loup ne débourse rien pour l'installation. La technologie, créée en Pologne, est importée par Firebreak, une entreprise niçoise.

« Elle est déjà utilisée en Californie, explique Pierre Borghini, associé de Firebreak.  Elle peut même être installée dans des endroits difficiles d’accès, avec l'énergie solaire et une carte 4G. » Chaque détecteur surveille un rayon de 80 degrés, sur une distance de 15 kilomètres. L’achat de cinq caméras, pour une surveillance à 360 degrés, coûte 25 000 euros. L'entreprise veut aussi proposer des locations.

Faut-il craindre de fausses alertes, si l'intelligence artificielle se trompe ? 

Un écobuage (NDLR : brûlage de végétaux) va être détecté, mais quand on sait que 95 % des incendies sont d’origine humaine, leur détection permet leur surveillance par les secours… Pour les nuages de poussière, le fournisseur annonce une marge d’erreur de moins d’1 %.

assure Pierre Borghini.

L'installation pendant un an des détecteurs à Tourettes-sur-Loup va donc servir de test pour cette technologie. 

Des drones équipés de caméra thermique 

Autre innovation testée sur le terrain et déjà approuvé par les secours : les drones. Depuis un an, les pompiers des Alpes-Maritimes sont aidés par deux petits aéronefs, qui interviennent une fois que les incendies sont maitrisés pour surveiller d'éventuelles reprises.

Ici, pas d’intelligence artificielle : un pilote est aux manettes et un officier référent analyse les images en direct, fournies par la caméra thermique qui équipe le drone. 

Plutôt que de surveiller les fumeroles, indice d’un point chaud après la maitrise de l'incendie, les pompiers survolent le secteur avec la caméra thermique. « Des fois, les points chauds ne sont pas visibles à l’œil nu, ils se cachent dans l’humus, dans les épines de pin, des troncs qui peuvent bruler de l’intérieur... », détaille Nicolas Planel, télépilote de drone.

Onze télépilotes ont donc été formés chez les pompiers des Alpes-Maritimes, pour diriger ces drones.

Économie d’eau et de temps

« Les empreintes thermiques permettent de dire aux acteurs de terrain où ils doivent intervenir. Sur des zones de plusieurs hectares, c’est un gain de temps et de ressources, car on va utiliser moins d'eau. », détaille Xavier Wiik, commandant des opérations au SDIS 06. Les drones peuvent monter à une hauteur de 120 mètres et parcourir une distance d’un kilomètre. 

Les drones sont également utilisés sur des incendies de bâtiments dans les Alpes-Maritimes, comme celui d'une toiture le 30 mai dernier à Nice, rue Paul Bounin.

« L'utilisation des caméras du drone, permet de moins exposer aux risques notre personnel, indique le service de communication du SDIS. Une heure de drone, c’est moins cher qu'une heure d'hélicoptère, plus rapide à mettre en place et aura moins d'impact environnemental. »

Depuis leur lancement il y a un an, les drones ont été utilisés sur une trentaine d'opération. L’achat d’un nouveau drone est à l’étude chez les pompiers. Il aurait plus de fonctionnalités et pourrait-être équipé avec des accessoires, permettant par exemple d’analyser l’air, pour les risques chimiques.

Un achat chiffré entre 20 et 25 000 euros, contre 12 6000 euros pour les deux premiers drones, pour pouvoir faire face à des incendies toujours plus nombreux.

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