A Nice, les ferries en escale devront utiliser le carburant le moins polluant

Un bateau de la Corsica Ferries au port de Nice (Archives) / © MAXPPP / Franck Fernandes
Un bateau de la Corsica Ferries au port de Nice (Archives) / © MAXPPP / Franck Fernandes

Les ferries en escale à Nice sont désormais moins pollutants. A partir du 11 janvier 2020 les navires devront utiliser un fuel à teneur en soufre réduite à 0,1%. Une mesure plus contraignante que la réglementation internationale qui fixe le taux de soufre à 0,5%.

Par Pierre-Olivier Casabianca


Des navires moins polluants lors des escales à  Nice. A partir du 18 janvier 2020, les ferries en escale à Nice devront utiliser un carburant limité à 0,1% de soufre. Un accord a été officialisé le jeudi 9 janvier entre la Métropole Nice Côte d'Azur et la Corsica Ferries.
Cette mesure est plus contraignante que la nouvelle réglementation internationale qui fixe le taux de soufre à 0,5% depuis le 1er janvier 2020 en Méditerranée.
 


En 2020, la Corsica Ferries a prévu 240 escales sont programmées. Toutes se feront avec un carburant à 0,1% de soufre. Le coût de ce changement de carburant s’élève à 1.000 euros par escale avec une prise en charge de 650 euros pour la Métropole et de 350 euros pour Corsica Ferries. Au total, le basculement vers ce diesel marin coûtera donc 156.000 euros à la Métropole, 84.000 euros à Corsica Ferries.


Une décision de santé publique qui réjouit Daniel Moatti, président de l'Association Niçoise pour la Qualité de l'Air, de l'Environnement et de la Vie (ANQAEV) : "sous la pression du Conseil d'Etat, de l'OMS... les élus et les armateurs prennent en compte cette dimension en disant il faut que l'on aille plus vite". 

Pour Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d'Azur, cette décision était devenue nécessaire : "nous avons des études qui démontrent très clairement que le soufre émis dans l'atmosphère a des conséquences en matière de santé publique. J'ai donc tenu à ce que nous soyons à un taux de soufre de 0,1%, c'est à dire le niveau le plus bas de ce qui est fourni par les carburants sur le marché".
 

Cette  mesure importante qui ne doit pas faire oublier que le diesel marin reste 100 fois plus polluant en soufre que le diesel des voitures. D'autres actions sont d'ores et déjà prévues pour réduire la pollution :
  • La Métropole annonce de nouvelles mesures à l'échéance 2021, comme l'électrification des quais pour les petites et moyennes unités de croisières et les mega yachts.
  • La Corsica Ferries va convertir quatre navires pour une propulsion mixte GNL-méthanol à l’horizon 2024 et de recevoir un navire neuf dual-fuel, capable d’être alimenté au GNL, en 2023.

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Cannes réduit aussi la pollution

Depuis juillet 2019, la ville de Cannes a signé plusieurs chartes de respect de l'environnement avec des compagnies dont les navires mouillent au large. La ville impose aux navires de limiter la teneur en soufre de leur carburant à 0,1% pour pouvoir débarquer leurs passagers à partir de 2020.
Les émissions de soufre sont limitées dès l'entrée dans la zone de pilotage, située derrière les îles de Lerins. "Les compagnies refusant de signer cette charte se verront interdites, dès le 1er janvier 2020, de débarquer leurs passagers à Cannes", précise un communiqué de la ville.

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