Procès de l'attentat de Nice : qui sont les accusés ?

Publié le Mis à jour le
Écrit par Pauline Thurier .

Huit personnes sont mises en cause lors du procès de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Le terroriste qui a tué 86 personnes avec un camion est mort abattu par la police ce soir-là sur la Promenade des Anglais. On vous explique qui sera jugé à partir de ce lundi 5 septembre et jusqu'au 16 décembre.

L'homme derrière le volant du camion, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, a été abattu par la police le 14 juillet 2016 alors qu'il venait de parcourir 1850 mètres sur la Promenade des Anglais tuant sur son passage 86 personnes. Il était seul dans le camion.

Alors, qui va être jugé pour cet attentat terroriste ? 

Huit personnes dans l'entourage du terroriste seront jugées lors du procès : sept hommes et une femme. Ils sont tous mis en cause pour des faits différents et risquent des peines allant de 5 ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité. Trois seulement seront assis dans le box des accusés car ils sont en détention provisoire depuis 2016. Quatre sont sous contrôle judiciaire et pourront donc comparaître libres. Un dernier ne sera pas présent et sera donc jugé malgré son absence.

Plusieurs accusés montés à bord du camion avant le 14 juillet

  • Mohamed Ghraieb, un homme né en 1976 en Tunisie, encourt 20 ans de prison.

Il est accusé d'avoir fait partie d'une association de malfaiteurs terroriste criminelle. Il aurait participé à la recherche de la location du camion puis, il aurait circulé à bord du camion avec le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, cinq jours avant l'attentat. Une photographie de ce moment aurait été prise, montrant les deux hommes faire un doigt d'honneur.

Il a aussi été reconnu comme appartenant à l'entourage du terroriste grâce aux échanges téléphoniques, très nombreux depuis l'été 2015.

Au lendemain de l'attentat, tôt le matin, Mohamed Graieb aurait filmé deux vidéos avec un téléphone le montrant souriant, proche de la Promenade des Anglais.

Il s'est présenté de lui-même à la police le 15 juillet 2016 en fin d'après-midi. Il a été mis en examen cinq jours plus tard. Mohamed Ghraieb est actuellement sous contrôle judiciaire.

  • Chokri Chafroud, né en 1979 en Tunisie, risque aussi 20 ans de réclusion criminelle.

Il a été interpellé le 17 juillet 2016. Mis en examen et détenu depuis le 21 juillet 2016, il est accusé d'avoir participé à une association de malfaiteurs terroriste criminelle en effectuant des recherche pour la location du camion mais aussi, comme Mohamed Ghraieb, en ayant circulé à bord du camion avec le terroriste quatre jours avant l'attentat. Le 12 juillet, vers 20h30, Chokri Chafroud aurait été aperçu sur le siège passager du camion près du quai des Etats-Unis, puis sur la Promenade des Anglais.

Il aurait également aidé le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel à chercher une arme de poing et à lui fournir. Des échanges par messages écrits indiqueraient qu'il est aussi impliqué dans la livraison des armes.

Six autres accusés liés à la fourniture d'armes

  • Le Niçois Ramzi Arefa, de nationalité franco-tunisienne, était âgé de 22 ans lors de l'attentat.

Il est mis en cause pour sept infractions au total. Il est accusé d'avoir fait partie d'une association de malfaiteurs terroriste criminelle en participant à la préparation de l'acte de terrorisme. Il aurait notamment participé à la recherche d'armes, puis aidé Mohamed Lahouaiej-Bouhlel à se les procurer et à faire des recherches sur la location du camion. Il lui est reproché d'avoir acheté un pistolet semi-automatique, l'avoir gardé puis donné et d'avoir acheté un fusil d'assaut (une Kalachnikov), qu'il aurait gardé chez lui puis transporté en dehors de son domicile. Le pistolet automatique découvert dans le camion après l'attentat aurait été fourni par Ramzi Arefa.

Il a été interpellé le 16 juillet 2016 et mis en examen le 21 juillet, après avoir été reconnu comme appartenant à l'entourage du terroriste grâce aux échanges par sms qu'ils ont eu les jours précédant l'attentat. Il est en détention provisoire depuis.

Ramzi Arefa n'était pas connu des services anti-terroristes avant ces faits. Toutefois, il avait effectué un séjour en prison de 2014 à 2015 à Grasse avant d'être placé en centre de semi-liberté jusqu'en février 2016.

  • Artan Henaj est albanais et est surnommé Giovanni. Il est né en 1978.

Il lui est reproché sept infractions, pour lesquelles il risque 10 ans de prison. Il est accusé d'avoir commis des infractions à la loi sur les armes en effectuant à la demande Ramzi Arefa la recherche de ces armes et avoir aidé à la transaction. Il aurait donc acheté, détenu puis donné deux armes : le pistolet semi-automatique et le fusil d'assaut (kalachnikov).

Artan Henaj est la personne qui aurait été conseillée par Brahim Tritrou à Ramzi Arefa pour obtenir les armes pour le terroriste Mohamed Lahouaiej-Bouhlel. Le pistolet, celui qui sera retrouvé dans le camion par la police, aurait été acheté au domicile d'Artan Henaj par Ramzi Arefa le 12 juillet 2016, deux jours avant l'attentat. Sa compagne Enkeledja Zace, elle aussi albanaise, était présente ce soir-là. Elle est accusée des mêmes faits que son compagnon et risque donc la même peine. Ils sont tous deux sous contrôle judiciaire.

  • Maksim Celaj, né en 1992 en Albanie, encourt aussi 10 ans de prison.

Il est accusé d'avoir participé à la préparation des armes avec Artan Henaj, Endri Elezi et Adriatik Elezi (décédé depuis). Maksim Celaj est mis en cause pour avoir acquis, détenu puis transporté la kalachnikov qui est ensuite revenue à Ramzi Arefa. 

  • Endri Elezi, quant à lui, est soupçonné d'avoir acquis, détenu puis transporté le pistolet semi-automatique et la Kalachnikov.

Arrêté en avril 2021 en Italie, il est actuellement sous contrôle judiciaire. Il risque cinq ans de prison. Adriatik Elezi avait également été mis en examen pour ces faits mais il est décédé en juin 2018. 

  • Brahim Tritrou est la personne qui aurait servi d'intermédiaire entre Ramzi Arefa, qui aurait fourni l'arme au terroriste, et Artan Henaj, qui aurait vendu deux armes à Ramzi Arefa.

Né en 1985 en Tunisie, Brahim Tritrou a été mis en examen le 16 juillet 2016 puis placé sous contrôle judiciaire. Toutefois, il est actuellement en fuite, d'après le dossier judiciaire. Son avocate a indiqué à l'AFP qu'il était détenu en Tunisie. Il sera donc jugé en son absence. Un mandat d'arrêt a été déposé contre lui le 9 juillet 2020. Il risque 5 ans de prison.

Leur personnalité sera étudiée au cours du procès, quelques semaines après le début des audiences.

Pour les trois hommes accusés d'association de malfaiteurs terroriste criminelle, Mohamed Graieb, Chokri Chafroud et Ramzi Arefa, il leur est reproché d'avoir eu connaissance de la préparation d'un acte terroriste.

La dernière semaine, du 12 au 16 décembre, la parole sera donnée aux accusés, s'ils souhaitent la prendre.

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