Régionales en Provence Alpes-Côte d'Azur : Les Républicains des Alpes-Maritimes retirent leur soutien à Renaud Muselier

Nouveau rebondissement ce 17 mai dans la course aux élections régionales. Le comité départemental des Républicains des Alpes-Maritimes vient de désavouer à l’immense majorité Renaud Muselier en votant à 84% le retrait de son soutien à sa liste aux élections régionales en PACA.

La fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes dirigée par Eric Ciotti (et Michèle Tabarot) a voté à 84% le retrait de son soutien à Renaud Muselier aux élections régionales.
La fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes dirigée par Eric Ciotti (et Michèle Tabarot) a voté à 84% le retrait de son soutien à Renaud Muselier aux élections régionales. © Sébastien Muylaert maxppp

Nouveau rebondissement dans la guerre qui déchire le parti des Républicains dans la région PACA. La guerre des droites est loin d’être terminée. 

Ce lundi 17 mai, à l’occasion du comité départemental de la fédération des Républicains des Alpes-Maritimes, une motion de retrait du soutien au candidat aux élections régionales, Renaud Muselier est tombée. La fédération retire son soutien pour les élections régionales à la liste de
Renaud Muselier sur laquelle figurent des
candidats de la majorité présidentielle.

Approuvée par 84% des membres du comité (12% s’y sont opposés, 4% se sont abstenus), les élus de droite ont décidé de retirer leur soutien. Le communiqué de la fédération LR des Alpes-maritimes, rédigé en fin de journée et envoyé à la presse par son président, Eric Ciotti, ne laisse place à aucune réconciliation possible. 

Le texte résume la colère des membres du parti, qui pour la plupart, ont l’impression d’avoir été floués.

“Nous avons malgré les engagements qui avaient été pris devant le commission nationale d’investiture, constaté que Renaud Muselier avait passé un accord politique avec le pouvoir macronien. Ce constat a été effectué également par certains candidats qui ont accepté leur présence sur la liste en vertu d’un engagement de non accord avec En Marche.

Selon les membres LR des Alpes-Maritimes, "cet accord a été directement négocié et imposé par l’Elysée pour essayer de déstabiliser notre famille politique à moins d’un an des élections présidentielles. Nous déplorons cet état de fait qui est inacceptable et qui va à l’encontre des valeurs  de notre famille politique."

Dans son texte, Eric Ciotti qui dirige la fédération locale, insiste sur le fait que "cette alliance constitue une insulte faite aux militants et à nos candidats engagés aux élections départementales."

Un feuilleton...

Début mai, le Premier ministre Jean Castex annonçait en effet à nos confrères du JDD une candidature commune LR-LREM en région PACA, avec pour conséquence le retrait de la liste portée par la marcheuse Sophie Cluzel. L’annonce avait fait l’effet d’une bombe au sein des Républicains. Une "recomposition politique" qui avait créé le début d'un véritable psychodrame.

A l’issue d’une réunion houleuse, la direction avait démenti tout accord, ayant obtenu une promesse de Renaud Muselier en ce sens. Au passage, les maires de Toulon et Nice, Hubert Falco et Christian Estrosi, claquaient la porte du parti. 

Vendredi dernier, lors de la présentation de sa liste "Notre région d'abord", Renaud Muselier avait critiqué certains membres de LR opposés à l'ouverture qu'il espérait pour sa liste. Il martelait alors qu’il n’y aurait, sur sa liste, ni membre du gouvernement, ni député macroniste. Mais des marcheurs ou partenaires de la majorité présidentielle, il y en a bien. 15 selon lui, une trentaine selon ses adversaires du Rassemblement national, qui recense tous les candidats « macron-compatibles » et dénoncent « une opération de maquillage ». 

Christian Estrosi à lui fait le choix de quitter LR. Renaud Muselier le place lui en tête de liste dans les Alpes-Maritimes.
Christian Estrosi à lui fait le choix de quitter LR. Renaud Muselier le place lui en tête de liste dans les Alpes-Maritimes. © Coralie Becq FTV

Après des débats acharnés au sein de LR, le parti avait finalement décidé de maintenir son soutien à Renaud Muselier, à la condition qu'il renonce à accueillir des candidats de la majorité.

Ayant appelé plusieurs fois au retrait du soutien du parti au président sortant de la région, Eric Ciotti avait déjà annoncé qu'il ne soutiendrait pas M. Muselier, épaulé notamment par le maire de Nice et rival local de M. Ciotti, Christian Estrosi, qui a quant à lui fait le choix de quitter LR... Mais qui est depuis tête de liste de Renaud Muselier.

La fédération des LR 06 est la première fédération de France. Elle tape ce lundi soir un grand coup, avant la réunion, ce mardi, du bureau national, à Paris, où le sujet sera également abordé. 

"C’est devenu le souk"

Parmi les fervents défenseurs de la liste Muselier, Pierre-Paul Léonelli, conseiller régional sortant, et fidèle lieutenant de Christian Estrosi réagit avec colère:

"Je suis triste et écoeuré. Tout ça est ridicule. Il n’y a qu’une CNI (commission nationale d’investiture) présidée par Eric Ciotti, qui seule a la compétence d’investir notre liste, ce qu’elle a fait. Le comité départemental qui retire son soutien, c’est pour faire mumuse (…)"

Eric Ciotti a décidé de poursuivre son oeuvre de démolition de notre famille politique. On n’a plus personne pour nous fédérer. C’est devenu le souk

Pierre-Paul Léonelli, adjoint au maire de Nice.

Ciotti doit clarifier en adhérant au RN, estime Cluzel

La secrétaire d'Etat Sophie Cluzel, qui soutient la liste du LR Renaud Muselier pour les régionales en Paca sans y figurer, a appelé mardi le député LR Eric Ciotti à clarifier la situation en adhérant au Rassemblement national.

"Les masques sont tombés, je pense qu'Éric Ciotti, il faut qu'il aille jusqu'au bout, il est déjà complice du Rassemblement national, eh bien qu'il adhère au Rassemblement national, ça sera beaucoup plus clair pour tout le monde

a estimé sur France 2 Mme Cluzel. 

Que décide la direction du parti ?

Clarifier la situation et se démarquer du camp macroniste à un an des élections présidentielles, ou apaiser une famille politique déchirée et tenter d’enrayer la machine à perdre face à un Rassemblement national uni et déterminé à remporter ces élections dans notre région, que décide la direction du parti ?

Clairement, Les Républicains ne veulent pas que la droite perde la région PACA. C'est le sens du communiqué publié ce mardi par le président du parti LR suite au comité stratégique organisé dans la matinée au siège du parti. A noter, que le principal intéressé, Renaud Muselier était absent.

Ce texte a été adopté par une majorité de la vingtaine d'élus présents avec 4 abstentions (Nadine Morano, Guillaume Peltier, Julien Aubert et l'élue des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot) et deux votes contre (Eric Ciotti et Bruno Retailleau), sachant que François-Xavier-Bellamy parti avant la fin de la réunion était aussi opposé à ce texte.

"En tant que Président du parti Les Républicains, première force d'opposition à Emmanuel Macron et à son gouvernement, j'en appelle au sens des responsabilités et à la cohésion de tous face aux manœuvres et aux turpitudes du Président de la république qui veut faire du Rassemblement national son seul et unique adversaire», écrit le président Christian Jacob, après avoir validé le soutien du parti en ces termes: "Dans la continuité et fier du bilan du mandat écoulé, nous souhaitons la victoire de Renaud Muselier pour les régionales du 27 juin prochain empêchant ainsi le basculement au Rassemblement national".

Dans ce communiqué, le patron des LR ouvre sa décision en condamnant « les médiocres manœuvres de recomposition de la vie politique française par Monsieur Castex sous l'égide d'Emmanuel Macron". Il note aussi que la présence de colistiers de la majorité présidentielle et l'absence de parlementaires les Républicains sur la liste de Renaud Muselier ont "créé des tensions et une confusion sur le terrain, préjudiciables à la campagne."

"Renaud Muselier, candidat Les Républicains, ajoute-t-il, a fait une faute et une erreur d'analyse politique en ne croyant pas en sa seule force et celle de sa famille politique cédant ainsi aux manœuvres élyséennes. Il n'a mesuré ni le fait que Monsieur Macron en est définitivement réduit à jouer de sa seule capacité de nuisance, ni la faiblesse de l'ancrage territorial de LREM et son incapacité à conduire une liste sous ses propres couleurs."

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