Sauvons nos petits commerces : à Caille, le restaurant du village fait aussi cantine scolaire

Norbert Coudeyras est aubergiste à Caille depuis huit ans / © Fr3 Côte d'Azur
Norbert Coudeyras est aubergiste à Caille depuis huit ans / © Fr3 Côte d'Azur

Dans le dernier épisode de notre série "Sauvons nos petits commerces", découvrez l'un des commerces essentiels à la vie locale de Caille, petite commune de 450 habitants des Alpes Maritimes. L'auberge de Norbert Coudeyras fait office de bar, de restaurant, et même de cantine scolaire.

Par E.D. et Hugues Nicolas

Un village sans commerce c’est un village qui meurt. "On est en train de sortir de l'ère du supermarché, de l'hypermarché en périphérie" selon le président Emmanuel Macron, qui souhaite redynamiser les centres-villes.

À Caille, les habitants n’ont pas attendu pour favoriser les circuits courts, quitte à y mettre les bouchées double (ou triple). L’épicentre de la vie sociale du village, c'est ce bar où l'on vient boire sont "petit jaune". Un bar doublé d’un restaurant. Jusque là, rien d’incroyable. Les murs appartiennent à la mairie, l'aubergiste a acheté le fond de commerce pour lever le pied.

"J’ai travaillé à Paris, j’ai travaillé à Londres, ici j’ai voulu trouver une autre qualité de vie, qui est celle de la montagne et des villages." explique Norbert Coudeyras, installé dans le village depuis 8 ans.
 

Mais le restaurant, ouvert le midi six jours sur sept, accueille en plus d'une clientèle traditionnelle. Une autre, plus jeune et exigeante, débarque à midi pile, au son de cloche de l’école. Une quinzaine d'écoliers, quatre fois par semaine, viennent manger dans cette cantine pas comme les autres.

"C’est mieux qu’une cantine intégrée, d’habitude, c’est tout en boîte alors que là c’est fait maison, confie un jeune écolier. C’est pour ça que j’aime bien le restaurant, il est bien, il est confortable." Mais attention "il faut être sage, il faut chuchoter, et manger proprement" ajoute une jeune écolière.

Cinq euros pour un menu équilibré et fait maison ; un geste citoyen, mais pas de quoi remonter le chiffre d’affaire en saison creuse.

"Au début on était un peu inquiet parce que l’hiver, on se creuse un petit peu, on avait peur de s’enterrer. Mais on voit qu’au printemps ça repart un petit peu, et l’été, super, on ressort bien de la saison. Donc c’est devenu une routine", raconte Nicolas Coudeyras.
 

Supermarché géant

Une routine qui pourrait bien s’arrêter net. À quatre kilomètres de là, aux abords du village de Séranon, un supermarché de 410 m² sera inauguré au printemps prochain. En face, un projet de zone artisanale et commerciale est en phase d’élaboration. Des commerces, des restaurants et peut-être un second super-marché sont envisagés en 2021.

"Nous, on milite pour que le cœur du village vive, estime le maire du village Yves Funel. Avec un petit supermarché à Séranon, le cœur du village, il périclite. À nos commerçants de se battre, on sera à leurs côté bien sûr, mais on ne sait pas à quel point on pourra faire interdire ce commerce."

Comme dans des milliers de communes françaises, la grande distribution a jeté son dévolu sur les campagnes, au mépris de ceux qui ont investi dans la ruralité, pour que le cœur du village ne ressemble jamais à une coquille vide. 
 

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