Détresse étudiante : la maison des infirmières au secours des plus fragiles à Aix-en-Provence et Marseille

Jean Castex prendra la parole ce jeudi pour faire le point sur la situation sanitaire et les mesures déjà mises en place pour lutter contre le Covid-19. Il est peu probable que les étudiants retrouvent les amphis. A Aix et Marseille, des infirmières libérales les aident à tenir face à l'isolement.

Les distributions ont lieu deux fois par semaine à Aix-en-Provence et Marseille.
Les distributions ont lieu deux fois par semaine à Aix-en-Provence et Marseille. © Roger Gasc / FTV

Cours en visio, manque de contacts humains, éloignement avec les familles, fermeture des amphis, des bibliothèques, précarité financière... La liste est longue, les étudiants sont en manque de tout.

La conférence de presse, durant laquelle le Premier ministre Jean Castex sera accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, ne devrait pas donner lieu à un nouveau tour de vis. Mais elle ne devrait pas non plus annoncer un assouplissement des mesures d'accès à l'Université.

Anaïs est étudiante en sociologie, loin de sa famille en Martinique depuis plus d'un an, trouve le temps est long. "Il y a de la tristesse, du stress, de la dépression", explique la jeune fille les larmes aux yeux.

"Ma mère, c'est mon pilier, j'ai besoin de la voir, de la serrer dans mes bras, de la toucher, un an sans faire cela, c'est trop", ajoute l'étudiante.

Alors quand elle a entendu parler de l'association la "Maison des infirmières", Anaïs n'a pas hésité à se signaler auprès du Crous.

Le 1er février à Aix-en-Provence, ils étaient ainsi près de 200 à attendre pour récupérer un colis alimentaire et sanitaire. Et c'est la même chose à chaque distribution à Marseille. 

Des tonnes de denrées sont récoltées par les infirmières et redistribuées aux étudiants pour les soutenir et les aider à traverser la crise.
Des tonnes de denrées sont récoltées par les infirmières et redistribuées aux étudiants pour les soutenir et les aider à traverser la crise. © Roger Gasc /FTV

La maison des infirmières

Tout part d'un sentiment d'abandon des infirmières libérales de la part des pouvoirs publics.

Elles se regroupent et tentent de se débrouiller pour trouver des solutions entre elles. En mars, l'épidémie de Covid-19 s'accélère, le confinement est décidé. L'association est créée.

Lors de discussions informelles, s'impose un bilan alarmant de la situation d'isolement, d'angoisse et de précarité des étudiants auxquelles elles n'avaient pas pensé du tout.

Elles décident alors de leur venir en aide bénévolement sur leur temps libre. La "Maison des infirmières" se met en relation avec les Crous de l'académie d'Aix-Marseille. Leur démarche est tout de suite bien vue par les grandes surfaces qui jouent le jeu et proposent des denrées alimentaires ainsi que des produits d'hygiène.

"On a reçu énormément de produits de première nécessité", souligne Johanna Rohail, infirmière libérale. A ce jour, 1.500 étudiants sont inscrits pour bénéficier de ces distributions. Mais pas seulement. 

Accompagner la détresse psychologique

Au-delà des distributions alimentaires, les infirmières se rendent rapidement compte d'une autre détresse, plus psychologique, liée à l'isolement.

Elles comprennent que certains étudiants ne sortent plus depuis des mois dans des chambres pour certains de 9 m2.

Elles décident alors de mettre en place des ateliers psychologiques lors des distributions.

Des rendez-vous plus personnels ont lieu lors des distributions alimentaires.
Des rendez-vous plus personnels ont lieu lors des distributions alimentaires. © Roger Gasc / FTV

"C'est l'occasion pour nous de discuter avec eux. De faire un peu de prévention aussi. De s'assurer qu'ils vont bien moralement et physiquement", précise Haizia Moulai, vice -présidente de l'association "La maison des infirmières". 

A chaque distribution, une problématique nouvelle émerge. De nouvelles solutions doivent être trouvées.

Des ateliers de sophrologie vont être également mis en place et d'autres ateliers bien-être devraient voir le jour. Pour permettre à ces étudiants de se changer les idées et sortir de l'isolement dans l'attente de la reprise des cours.

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