Procès de l'incendie de Rognac: 5 ans de prison dont 4 avec sursis pour l'incendiaire involontaire

Le maçon responsable du feu qui avait menacé Marseille en août 2016, en jetant un mégot sur un chantier à Rognac, a été condamné mardi, à cinq ans de prison dont quatre ans avec sursis.

Mostafa El Fathi n'ira pas en prison. "Cette année d'emprisonnement ferme sera à purger sous le régime du bracelet électronique", a indiqué la présidente du tribunal d'Aix-en-Provence.

Un an ferme, c'est plus que la peine requise. "En matière d'infraction involontaire, on ne peut pas faire plus grave", a justifié la magistrate.

La procureure Nathalie Vergez avait seulement réclamé trente mois de prison dont 20 mois avec sursis, en soulignant que "les agissements de Mostafa El Fathi
sont d'une grande banalité mais les conséquences d'une exceptionnelle gravité".

Dans son réquisitoire, elle a stigmatisé "le comportement inqualifiable sinon indigne" du maçon, estimant qu'"il a fui sa responsabilité de citoyen" en ne tentant rien pour essayer d'arrêter le feu provoqué par le jet de son mégot, ce 10 août 2016. 

"Il a fui sa responsabilité pénale durant l'enquête en mentant à plusieurs reprises", a-t-elle ajouté.

La procureure a aussi évoqué "le dommage irréversible à l'environnement",
avec 630 hectares de forêt méditerranéenne brûlés et "un écosystème définitivement détruit".

La procureure avait également souligné "le moment d'effroi" vécu par les centaines de victimes face au brasier.

Avant le délibéré, Mostafa El Fathi a une nouvelle fois présenté ses excuses:
Je regrette infiniment mon acte irresponsable et je demande vraiment pardon aux victimes.

Je regrette infiniment mon acte irresponsable et je demande vraiment pardon aux victimes.

Mostafa El Fathi, prévenu

Le maçon de 40 ans a également été condamné à deux amendes contraventionnelles de 150 et 1.500 euros, huit victimes ayant été blessées à des degrés divers.

"Il est coupable et responsable de cette souffrance palpable, de cette détresse,
de cette anxiété que les victimes ressentent encore cinq ans après", a plaidé Me
Salima Gomri, son avocate.

Mais ses mensonges, au lendemain de l'incendie puis en garde à vue, ne traduisaient, selon elle, qu'"une peur d'assumer la réalité, d'être à l'origine de ce désastre".

Au reproche d'avoir manqué de courage devant le feu, Me Gomri a opposé l'image d'un homme dépassé par l'événement.

"Il est face à un mur de feu, il n'a pas le sang-froid d'un combattant du feu, il n'a qu'un tuyau à moitié brûlé, alors il a déguerpi comme un lapin".

L'examen des demandes d'indemnisations sera traité lors d'une audience civile le 5 mai 2022.  Plus de 243 des 447 victimes recensées demandent réparation. Mais depuis le début du procès, le tribunal a enregistré 77 nouvelles constitutions de parties civiles.

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