"Je me suis écroulé" : après l'attaque du fourgon dans l'Eure, le personnel pénitentiaire "sous le choc"

En mémoire des deux agents de la pénitentiaire tués mardi dans l'Eure, de nombreuses prisons seront bloquées mercredi en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

"On est sous le choc", souffle Jessy Zagary, délégué régional FO Pénitiaire PACA. Quelques heures plus tôt, ce mardi 14 mai, deux confrères, agents de la pénitentiaire, ont été tués et trois autres grièvement blessés au péage d'Incarville, dans l'Eure. Cela s'est déroulé lors de l'attaque violente de leur fourgon qui transportait entre Évreux et Rouen un trafiquant de stupéfiant qui s'est évadé.

De nombreuses prisons bloquées

En réaction, de nombreuses prisons seront bloquées mercredi 15 mai, dès 6h. Les syndicats appellent à un blocage total de l'institution. Dans la région PACA, cela concerne les centres pénitentiaires de Marseille, Aix, Tarascon, Avignon, Draguignan, Nice, Grasse, confirme à France 3 Provence-Alpes Jessy Zagary. Le délégué syndical attend pour le moment les informations concernant les centres pénitentiaires d'Arles et Toulon.

L'attaque s'est déroulée sous les yeux d'automobilistes arrêtés au péage et dont certains ont filmé une partie de la scène. Sur une vidéo postée sur X, on aperçoit à travers le pare-brise d'un véhicule, deux des quatre malfaiteurs habillés en noir des pieds à la tête, pointant leurs armes pour braquer les véhicules de l'Administration pénitentiaire bloqués par une berline noire.

"C'est atroce"

"Je suis anéanti, réagit Jessy Zagary. J'étais avec un autre média tout à l'heure, et je me suis écroulé, je n'y arrivais pas. Quand on voit les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, c'est atroce". 

Le détenu en fuite, Mohamed Amra, est âgé de 30 ans. "Le 10 mai 2024, il avait été condamné par le tribunal d'Evreux pour un vol avec effraction. Il était en outre mis en examen par la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Marseille pour enlèvement et séquestration ayant entraîné la mort", a indiqué la procureure de Paris Laure Beccuau dans un communiqué.

Cette attaque sanglante est intervenue le jour-même où la commission d'enquête sénatoriale sur les narcotrafics rendait son rapport proposant la création d'un parquet anti-stups et d'une "DEA à la française", étrillant le gouvernement qui n'a pas pris la mesure de "l'ampleur de la menace".