"Les maisons d'arrêts ne sont plus en capacité d'accueillir de nouveaux détenus" : des surveillants de prison s'alarment

Dans une lettre adressée ce lundi au Garde des Sceaux, le syndicat FO justice alerte Eric Dupond-Moretti sur l'état préoccupant de la densité carcérale dans leurs établissements et de ses conséquences pour la sécurité et les conditions de travail des personnels pénitentiaires.

Violences accrues, recrudescence des trafics, racket, prisonniers dormant sur des matelas au sol, agressions des personnels de surveillance, le syndicat FO Justice a alerté lundi 22 avril le ministre de la Justice sur la surpopulation carcérale, craignant le pire pour les mois à venir, notamment à l'approche des Jeux olympiques et paralympiques

Une densité carcérale en Paca de 144,5%

Chaque mois, le nombre de détenus incarcérés bat des records au sein des maisons d'arrêts. "Avant, on atteignait des pics et puis, les chiffres redescendaient. Mais depuis janvier 2023, on a constaté chaque mois que le taux de surpopulation carcérale en maison d'arrêt ne faisait que progresser", décrit Jessy Zagari, délégué FO Justice Paca-Corse.

Les établissements pour peine, comme les maisons centrales ou les centres de détentions sont assujettis à un numerus clausus et ne doivent pas dépasser un taux d'occupation de 100%.

En région Provence-Alpes-Côtes d'Azur, la densité carcérale moyenne dans les maisons d'arrêt est de 144,5% . Certaines structures, comme le quartier maison d'arrêt du centre pénitentiaire des Baumettes à Marseille, un des plus importants de France, atteint un taux de suroccupation moyen de 176,8%.

Le quartier maison d'arrêt d'Aix-Luynes est confronté à un taux moyen de 150% avec 2 000 détenus hébergés sur 1 200 places. C’est plus que la densité nationale au 1er janvier qui était de 122,9 % en France, un pays une nouvelle fois condamné en juillet par la Cour européenne des droits de l’Homme pour sa surpopulation carcérale chronique.

Des craintes plus fortes à l'approche des Jeux olympiques

"La surpopulation carcérale a de multiples conséquences, et cette réalité carcérale impacte directement la prise en charge des détenus incarcérés et les personnels de tous corps et tous grades", insiste Jessy Zagari, délégué FO Justice PACA-Corse.

"Si on alerte, sur cette surpopulation carcérale, c'est aussi par rapport aux Jeux olympiques et paralympiques. On appréhende ce qu'on appelle l'incarcération préventive. Par exemple, chaque année avant l'ouverture du Festival de Cannes, les maisons d'arrêts se remplissent de personnes ayant commis des délits. Nous craignons que cela se reproduise l'approche des J.O. Or aujourd'hui, les maisons d'arrêts ne sont plus en capacité d'accueillir encore plus de détenus", explique Jessy Zagari, délégué FO Justice PACA-Corse

"Une violence de plus en plus importante"

Le personnel pénitentaire est le premier interlocuteur du détenu. Il est aussi celui qui est le premier, victime de cette montée en puissance de la surpopulation carcérale.

"Nous avons un taux d'agressions verbales et physiques envers les agents de surveillance, en nette progression chaque mois. Les agressions sont de plus en plus violentes. Certains agents se sont faits poignarder, heureusement ils portaient un gilet pare-balles. On craint toutefois que l'un d'entre eux se retrouve un jour gravement blessé. Le pire que nous craignons mais que nous avons malheureusement déjà connu, ce sont les homicides entre détenus", déplore Jessy Zagari, délégué FO Justice PACA-Corse.

Selon Emmanuel Baudin, secrétaire général FO Justice, des infrastructures insuffisantes engendrent une inévitable dégradation de la prise en charge des personnes détenues, que ce soit pour l'accès aux soins, à l'hygiène, aux activités culturelles et sportives, aux dispositifs de maintien des liens familiaux.

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