Agression de Kenzo lors d'un match AC Ajaccio-OM prison, amendes et interdictions de stade requis

Le parquet a requis des peines de prison, des amendes et des interdictions de stade ce 25 août à l'encontre des supporters de l'AC Ajaccio qui avaient agressé Kenzo, jeune supporter de l'OM, atteint d'un cancer du cerveau.

Trois prévenus âgés de 20 ans comparaissaient vendredi 25 août devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio. Ils sont accusés d'être entré dans la loge d'une famille marseillaise lors d'un match AC Ajaccio- OM, dont le fils, Kenzo, est atteint d'un cancer, et d'avoir frappé le père avant de lui extorquer son maillot.

Les trois prévenus ont comparu libres et ont nié toute violence, même s'ils ont reconnu être entrés lors du match le 3 juin dans la loge où se trouvait la famille de Kenzo, pour récupérer le maillot de l'OM que portait son père.

Contre le prévenu considéré comme ayant tenu "le rôle principal" en entrant en premier et en portant des coups, ce qu'il nie, le procureur a requis 18 mois d'emprisonnement dont 12 avec sursis, une peine aménageable sous bracelet électronique, une amende de 1.500 euros et une interdiction de stade de cinq ans. Ses avocates ont plaidé "l'indulgence".

Il nie avoir porté des coups

"Je regrette mon geste, on n'aurait jamais dû faire ça", a déclaré à la barre ce prévenu au casier judiciaire vierge.

"Avez-vous porté deux coups de poing au visage" du père de Kenzo, a interrogé le procureur. "C'est faux", a rétorqué le jeune homme, 1m93 et 93 kg, reconnaissant seulement être entré en premier dans la loge.

"Ils disaient 'je vais te brûler, fils de pute'", a indiqué Kenzo lors de sa déposition en parlant des intrus, a rappelé l'avocat de la Ligue de football professionnel (LFP).

"C'est pas moi qui ai dit les injures et les insultes", a répondu le prévenu, assurant avoir seulement lancé au père "enlève ton maillot, deux fois".

S'il a assuré, dans un premier temps, ne pas avoir vu les enfants dans la loge, il a ensuite reconnu, après s'être fait rappeler ses déclarations en garde à vue, les avoir vus sur le balcon de la loge.

Les deux autres prévenus, l'un avec un casier vierge mais en attente d'être jugé dans une autre affaire et l'autre ayant été condamné lorsqu'il était mineur pour un vol aggravé, sont arrivés ensuite dans la loge.

Jugement mis en délibéré

Le procureur a requis contre chacun une peine de 12 mois d'emprisonnement avec sursis, une amende de 1.000 euros et une interdiction de stade de cinq ans.

"Sur ce coup, j'étais un suiveur", a déclaré à la barre le second prévenu dont les avocats ont plaidé une relaxe pour les violences et une condamnation avec "une certaine clémence" pour l'extorsion.

Le troisième a précisé que le père de Kenzo avait déjà donné son maillot quand il est entré, conduisant son avocat à plaider la relaxe en arguant notamment des "mensonges" des parents de Kenzo.

Tous les trois ont exprimé des regrets considérés comme "un peu faibles" par le procureur.

Le jugement a été mis en délibéré au 8 septembre.

Une affaire qui a suscité l'émotion

Kenzo avait été invité le 3 juin en Corse pour réaliser son "rêve" de rencontrer des joueurs du club de Ligue 1.

L'affaire avait suscité de vives réactions, jusqu'au président Emmanuel Macron, demandant des sanctions "claires et fortes".

La famille du garçon n'était pas présente, "touchée, déstabilisée, trop fragile pour assister aux débats", selon un de ses avocats, Me Frédéric Pourrière, notamment à cause des "commentaires désagréables" sur les réseaux sociaux qui créent un climat de crainte.

La famille est, à ce jour, suivie par un psychiatre, depuis les incidents du 3 juin dernier. Kenzo, lui, est en rémission de son cancer, mais il existe 80% de risque de récidive, précise l’avocat.

Il a demandé 5.000 euros d'indemnités pour le père, 3.000 pour la mère, une expertise psychologique pour les enfants avec des provisions de 5.000 euros pour Kenzo et 3.000 pour son frère.

L'avocat du club ajaccien, partie civile comme la LFP, a demandé "un euro symbolique" à chacun des prévenus, des "gamins de 20 ans qui ont fait une énorme connerie", "pas des barbares", "pas des ultras".

Le procès a débuté par le visionnage d'images de vidéosurveillance prises dans et autour du stade, mais ne montrant pas l'intérieur de la loge. Ce visionnage a duré jusqu'à 17h50, heure à laquelle les débats ont réellement commencé. Le procès s'est terminé à 00h20.

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