Émeutes à Marseille : ce qu'il faut savoir sur la 4ᵉ enquête pour violences policières

Ce mardi 29 août, un policier a été placé en garde à vue à Marseille dans le cadre d'une enquête pour violences, lors des violences urbaines qui avaient suivi la mort de Nahel, à Nanterre. Dans le centre-ville, Otman, 36 ans aurait reçu des coups et présentait quatre fractures au visage.

Une nouvelle enquête pour violence policière est ouverte dans le cadre des émeutes de juillet à Marseille, c'est la quatrième. Le 1er juillet dernier, la ville vit sa troisième nuit de violences, après la mort de Nahel à Nanterre. Il est environ 22h30 quand des émeutiers pillent un tabac dans le quartier de la Plaine. Otman sortait de ce tabac lorsqu'il aurait été violemment interpelé par des policiers.

Sur des vidéos publiées par des témoins sur les réseaux sociaux, on voit plusieurs policiers en uniforme, le frapper à plusieurs reprises. Otman a porté plainte le 19 juillet avant d'être convoqué deux jours plus tard par la police des polices, l'IGPN, chargée de l'enquête.

Menotté inanimé

Selon Marsactu, l'un des médias en ligne qui a révélé l'affaire, son avocat, Me Nicolas Chambardon, l’avocat détaille : “Pendant plusieurs minutes après les coups de matraques et les coups de pieds, un homme est resté au sol, dans son propre sang, les os du visage brisés, menotté alors qu’il était inanimé, les policiers ne [lui] portent pas secours malgré son inanimation totale et le sang qui s’écoule de sa tête.” Auprès de France 3 Provence-Alpes, il précise que les menottes ont été placées sur son client une fois que celui-ci était inanimé. Mais qu'avant, lorsqu'il recevait des coups, Otman n'avait "pas du tout" cherché à se défendre, ce que semblent confirmer les vidéos sur les réseaux sociaux.

Ce 29 août, un policier a été placé en garde à vue dans ce dossier. Il est soupçonné de "violences en réunion avec arme entraînant une incapacité totale de travail (ITT) de plus de huit jours par personne dépositaire de l'autorité publique", d'"abus d'autorité pour faire échec à l'exécution de la loi" et de "menace ou acte d'intimidation en vue de déterminer une victime à ne pas déposer plainte ou à se rétracter", a détaillé à l'AFP la procureure de la République de Marseille, Dominique Laurens, confirmant l'information initiale du quotidien Libération.

Otman, qui assume un "long casier judiciaire" de vols à l'arrachée et de violences, dont une affaire de violence conjugale, a expliqué de son côté dans Marsactu qu'il est allé porter plainte pour "la première fois de (s)a vie": "Ceux qui m'ont frappé doivent eux aussi être condamnés". Aujourd'hui, son avocat précise qu'Otman a encore des séquelles physiques et psychologiques, qu'il ne sait pas s'il va être opéré du visage.

Quatre enquêtes en cours

La garde à vue d'un nouveau policier intervient alors qu'un policier de la brigade anticriminalité de Marseille (BAC) doit être entendu mercredi matin par des juges d'instruction dans le cadre de l'affaire Hedi. Ce fonctionnaire, qui avait d'abord nié son implication, a finalement reconnu un tir de LBD lors d'une audience début août, au cours de laquelle il contestait son placement en détention provisoire. Cette incarcération avait déclenché une fronde dans la police.

La cour d'appel d'Aix-en-Provence avait cependant décidé de le maintenir en détention face au risque de concertation avec les trois autres policiers mis en cause, "dans l'attente de ce nouvel interrogatoire" mercredi, au cours duquel il devrait confirmer cette nouvelle version.

Les émeutes de juillet à Marseille ont déclenché quatre enquêtes pour des faits de violences policières, dont trois pour des faits qui se sont produits dans la nuit du 1er au 2 juillet. Outre les coups reçus par Otman, la mort de Mohamed Bendriss, 27 ans, les blessures de son cousin Abdelkarim Y., 22 ans, éborgné après un tir de LBD, et celles d'Hedi, qui a eu le crâne amputé, devront être élucidés par l'IGPN.

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