Grève des éboueurs à Marseille : pas de sortie de crise en vue

Publié le Mis à jour le
Écrit par sidonie Canetto avec Gilles Amar et Xavier Schuffenecker

Depuis ce mardi une nouvelle grève du ramassage des ordures a débuté à Marseille à l'appel du syndicat Force Ouvrière. La préfecture de Police des Bouches-du-Rhône réquisitionne des agents par arrêté jusqu'à lundi. La Métropole a mis en place des caissons temporaires pour les habitants. FO maintient les blocages.

C'est le troisième conflit depuis septembre 2021 dans le ramassage des déchets.

Les éboueurs de la Métropole ont débrayé depuis mardi soir.

Dans son point de situation ce vendredi, la Métropole annonce avoir constaté dans la nuit de jeudi à vendredi que " les garages accueillant le parc de véhicules de la collecte des ordures ménagères du Territoire Marseille-Provence ont été bloqués par les agents grévistes, ainsi que deux centres de transfert, perturbant le travail des agents sur le terrain".  

La préfecture de police des Bouches-du-Rhône a décidé de réquisitionner les éboueurs en grève à Marseille, pour la 3e fois depuis septembre.

"Cette situation représente une menace pour la salubrité et la sécurité publiques", précise la préfecture de Police.

De nombreux absents

La Métropole annonce devoir pallier "l'absence de 184 personnes en arrêt maladie, et 23 agents déclarés en grève".

La Métropole estime à 732 tonnes la quantité restante de détritus à collecter dans les rues, annonçant que 3579 tonnes ont déjà été ramassées et que 29 tournées supplémentaires sont prévues.

Communication rompue entre FO et la Métropole

Des caissons temporaires sont installés sont installées dans les lieux particulièrement impactés par les perturbations.  "Les habitants sont donc invités, tant que dureront ces perturbations, à utiliser ces caissons provisoires pour y jeter uniquement leurs sacs d'ordures ménagères", précise la Métropole. 

Dans un communiqué publié mardi, la Métropole a demandé à FO de "revenir à la réalité" et de mettre un terme au conflit.

En décembre dernier, lors du second mouvement de grève, la préfecture avait déjà suivi les recommandations de la Métropole et ordonné la réquisition des agents.

"Ce n'est pas avec les réquisitions qu'on règle les problèmes", a déclaré Patrick Rué, secrétaire général de FO territoriaux, lors de la conférence de presse tenue mardi. 

Ce samedi, FO bloque toujours le centre de transfert Sud des déchets, à la Capelette face au palais de la glisse.

Suite à l'arrêté de la préfecture de Police, FO envisage de déposer " un référé pour attaquer cet arrêté".

Selon FO, deux points de l'accord conclu avec la Métropole en décembre ne sont pas respectés. 

Le désaccord porte sur l'aménagement du temps de travail en période de Covid pour tout le personnel et sur une prime de 100 euros pour ceux qui travaillent les dimanches et jours fériés.

De son côté, la Métropole assure respecter les termes de l'accord conclu avec le personnel. Dans un communiqué paru jeudi soir, elle répond aux deux points soulevés par FO, des "nouvelles mesures qui ne sont pas compréhensibles pour l'administration".

Une prime jugée "illégale" par la Métropole

Concernant la prime des jours fériés et dimanche, "cette demande est illégale", assure la Métropole.  Elle ne rentrerait pas dans le cadre de la loi du 31/12/1992 "fixant l’indemnité horaire pour le travail du dimanche et des jours fériés à 0,74 euro de l’heure"