Immeubles effondrés à Marseille : 4 questions sur la plainte pour "homicide involontaire" déposée par le fils d’un couple de victimes

Le drame survenu rue Tivoli continue de mobiliser les secours mercredi 12 avril. Quatre jours après l'explosion, les familles cherchent à avoir des réponses sur la cause de cette déflagration. Bruno Sinapi, fils de l'une des victimes, a porté plainte pour "homicide involontaire".

L'effondrement des immeubles rue Tivoli, dans le 5e arrondissement de Marseille, interroge les familles des victimes. Bruno Sinapi, fils d'un couple de victimes, a déposé plainte pour "homicide involontaire" auprès de la police judiciaire, selon Le Parisien. Il critique les services sociaux qui "n'ont pas réagi assez vite". Il soupçonne une fuite de gaz venant de l'appartement d'Antoinietta, une femme de 89 ans vivant au-dessus de ses parents. Ces suppositions ont été contestées par la famille de cette personne âgée, qui a également été retrouvée dans les décombres de l'explosion. 

Si la piste du gaz est privilégiée par les enquêteurs, actuellement rien ne prouve que la fuite provienne du logement de cette dame. Des recherches sont en train d'être menées sur le compteur Gazpar de l'appartement du 1er étage.

On rappelle que, pour l'heure, six corps ont été sortis des décombres et que seulement quatre ont été identifiés. Les secours sont toujours à la recherche de deux personnes. 

  • Qui est l’auteur de la plainte ?

Bruno Sinapi est un policier à la retraite âgé de 63 ans. Il a perdu sa mère et son beau-père dans l'explosion du numéro 17 de la rue Tivoli. Ce couple vivait au rez-de-chaussée du bâtiment. Selon Bruno Sinapi, sa famille est venue habiter dans le quartier en 1968. Et cela faisait trente ans que ses parents connaissaient leur voisine du dessus, Antoinietta, dont "ils s'occupaient."

  • Quelles sont les motifs avancés par Bruno Sinapi ? 

L'ancien policier décrivait la femme de 89 ans comme "sénile". Toujours selon ses dires, Antoinietta "oubliait ses affaires, son chéquier" et "avait déjà laissé ouvert le gaz à plusieurs reprises." Un comportement qui a conduit son beau-père "à monter au premier étage pour le signaler" à sa voisine. 

Mais ce n'est pas le point de vue des membres de l'association Petits Frères des Pauvres qui vient en aide aux personnes âgées. Selon M. Pinto, qui s'exprimé dans les colonnes de La Provence, "elle avait conservé toute son autonomie." D'après Martine, sa nièce, cela faisait un mois qu'elle ne "cuisinait qu'à l'électrique." Sa gazinière a été remplacée par une cuisinière électrique, offerte d'après Bruno Sinapi et Martine, par les parents du policier. Selon Philippe, interrogé dans la matinale France Bleu Provence mercredi 12 avril, neveu d'Antoinietta, les livreurs de la cuisinière électrique "ont fermé le compteur à gaz" au moment du remplacement de l'équipement de cuisine.

  • Pourquoi estime-t-il qu'il y a eu une défaillance des services sociaux ?

Concernant la plainte déposée par Bruno Sinapi, il rejette la faute sur les services sociaux qui ont été alertés de la situation. "Un représentant de ces services est venu. Ce qui était demandé, c'est que l'appartement soit mis en sécurité au niveau gaz, mais il n'y a pas eu de suite", précise-t-il. Toutefois, le CCAS assure qu'à aucun moment un problème de gaz leur a été signalé.

Désormais, Bruno Sinapi que la lumière soit faite dans cette affaire et que "les responsables assument leurs responsabilité." Ajoutant aussi, qu'il ne tient pas rigueur à Antoinietta de la responsabilité du drame.

Pour rappel, seuls le rez-de-chaussée et le premier étage du 17 de la rue Tivoli étaient équipés au gaz. Les 2e et 3e étages avaient été neutralisés et étaient passés en tout-électrique. 

  • Comment réagit le parquet de Marseille ?

Le parquet de Marseille, contacté par Le Parisien, a confirmé que l'ancien policier "a déposé plainte à l’issue de son audition" et qu'ils ne peuvent en "aucun cas confirmer les éléments transmis en l’état de l’enquête."

La police judiciaire a déployé 18 enquêteurs sur la rue Tivoli pour gérer l'investigation en cours. Ils sont accompagnés de 22 collègues de la police scientifique. Également, une centaine de pompiers sont mobilisés. 

Lundi 10 avril, le compteur gaz du 1er étage du bâtiment a été récupéré et a été transmis à GRDF pour vérifier s’il y a eu une consommation anormale dans les 24 heures précédant la déflagration. Mais les conclusions générales de l'enquête devrait prendre encore du temps.

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