Immeubles effondrés à Marseille : une locataire rescapée du 65 rue d'Aubagne obtient 5000 euros d'indemnisation

Les secours dans les décombres des immeubles du 63-65 de la rue d'Aubagne le 5 novembre 2018. / © SPEICH Frédéric/MaxPPP
Les secours dans les décombres des immeubles du 63-65 de la rue d'Aubagne le 5 novembre 2018. / © SPEICH Frédéric/MaxPPP

Une copropriétaire de l'immeuble du 65 rue d'Aubagne a été condamné jeudi à verser 5.000 euros à sa locataire rescapée de l'effondrement du 5 novembre 2018.  L'étudiante réclamait 10 000 euros de provisions ainsi que le paiement des trois premiers mois de loyer de son nouvel appartement.

Par Annie Vergnenegre

A quelques jours de la date anniversaire du drame de la rue d'Aubagne, le tribunal d'instance de Marseille a condamné jeudi une copropriétaire du 65 rue d'Aubagne, l'un des immeubles insalubres qui se sont effondrés le 5 novembre 2018, faisant huit morts. 

Rescapée, elle a tout perdu

La plaignante, une étudiante en histoire de l'art, occupait un studio au 4e étage. Partie 3 jours avant le drame pour se réfugier chez une amie, la jeune femme demande réparation pour ce qu'elle a perdu.

Son avocate, Me Chantal Bourglan, réclamait une provision de 10.000 euros sur sa future indemnisation arguant qu''il lui faudra attendre la fin du procès pénal pour être indemnisée, au mieux dans cinq à six ans, alors qu'elle a tout perdu".

On lui dit qu'il faut attendre mais elle n'est responsable de rien, elle est victime.

Un danger signalé à la mairie

Le tribunal d'instance a retenu l'existence de "multiples désordres liés à la structure de l'immeuble" et son état de vétusté. L'expertise judiciaire versée au dossier indique que deux signalements avaient été transmis à la ville de Marseille par des experts judiciaires alertant sur le danger que présentait le 65 rue d'Aubagne
et sur une nécessaire intervention.

En revanche, le tribunal a rejeté la demande de la locataire qui réclamait également le remboursement des trois premiers loyers de son nouveau logement, au motif que l'arrêté de péril grave et imminent pris par la ville de Marseille le 19 octobre n'ordonnait pas l'évacuation de l'immeuble et l'interdiction d'habiter.

De la même manière, la juge a débouté les demandes de la locataire faites au syndicat des copropriétaires et au syndic de l'immeuble, ceux-ci contestant, en l'absence de certitude sur l'origine du sinistre, avoir commis une faute ayant contribué à l'effondrement.
   

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