Marseille : des pêcheurs-braconniers condamnées à plusieurs milliers d'euros d'amende

Ce lundi, le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son verdict concernant quatre pêcheurs sous-marins amateurs. Ils ont été condamnés à des peines d'amende allant jusqu'à 3.000 euros, pour avoir braconné dans des zones interdites du parc national des calanques.

La sentence est tombée ce lundi pour quatre pêcheurs sous-marins amateurs et l'année commence mal pour eux. Ils ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Marseille à des peines d'amende pour avoir braconné dans des zones interdites du parc national des calanques. Le parquet de Marseille avait également visé l'infraction de dépassement de trois prises autorisées par personne.

Des peines d’amende de plusieurs milliers d’euros

Deux d'entre eux ont été condamnés à une amende 3.000 euros, un troisième à une amende de 3.000 euros dont 1.500 euros avec sursis et le dernier a écopé d’une amende de 3.000 euros dont 2.000 euros avec sursis.

Les quatre prévenus, qui contestent les faits, ont également été condamnés à des peines d'amende de 150 euros pour la contravention de pêche sous-marine sans signalement du pêcheur par une bouée: "C'est une constante dans tous les dossiers de braconnage où on ne veut pas se faire repérer", avait dénoncé la procureure à l'audience.

Les quatre prévenus ont été condamnés à verser au parc un total de 3.000 euros de dommages et intérêts, en réparation notamment du préjudice écologique et des atteintes à sa mission de protection de l'environnement.

Le tribunal a également prononcé la confiscation du matériel de pêche saisi lors du dernier contrôle, harpons, combinaisons et masques notamment.

"Le parc se satisfait de ce jugement. La culpabilité est confirmé par le président du tribunal. On obtient une réparation et une reconnaissance du préjudice écologique. On aimerait que les faits de braconnage cessent. C'est que souhaitent aussi les pécheurs professionnels, qui font beaucoup d’efforts pour respecter les règles et sauver la ressource en poissons qui est fragile. Les braconniers mettent à mal les efforts de tous et de chacun et c’est frustrant. On est déterminés pour les suivre en justice et le parquet montre qu’il est déterminé aussi", réagit Zacharie Bruyas du Parc National des Calanques.

Une attaque à la biodiversité

Ces quatre passionnés de la pêche sous-marine avait été repérés à plusieurs reprises en janvier et février 2021, par des inspecteurs de l'environnement du parc national. Comme ça a été le cas le 12 février dernier, alors qu’il rentrait au port de la Pointe-Rouge, à Marseille. Trois d’entre-eux avaient alors été contrôlés avec quinze loups et deux mostelles dans leur glacière.

Au cours de trois précédentes sorties, toujours un vendredi, ils avaient été observés dans la zone de non-prélèvement du parc, où toute pêche est proscrite, mais aussi dans une zone d'interdiction hivernale, entre le Cap Croisette et le Cap Morgiou, un secteur interdit à la pêche en hiver pour protéger la reproduction des espèces.

Même s'il n'a pas été démontré qu'ils revendaient les poissons, la procureure, Marion Chabot, avait laissé entendre lors des débats le 7 décembre, qu’ils étaient mus par "l'appât du gain".

"Cette bande est connue pour braconner et alimenter les restaurateurs", avait plaidé Me Sébastien Mabile, avocat du parc national des calanques, en estimant que pêcher dans les zones de non-prélèvement revient à "s'attaquer à des coffres-forts de biodiversité".

Des précédents

Le 29 juin 2021, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait condamné quatre pêcheurs à verser 52.000 euros de dommages et intérêts.

Pendant quatre ans, entre 2013 et 2017, ces pêcheurs avaient prélevé d'importantes quantités d'oursins, mérous et poissons, dans des zones protégées et interdites à la pêche. Le Parc national des calanques avait estimé à 4,5 tonnes le total de cette pêche illégale, comprenant des espèces protégées voire menacées.

(Avec AFP)

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