"Marseille est apparue comme une évidence" : avant le défilé Chanel, les confidences de Bruno Pavlovsky, président de la maison de mode

La maison Chanel organise un défilé à Marseille pour la première fois de son histoire. Le président de la célèbre maison nous explique ce choix, lourd de sens pour la griffe et pour la ville.

Ce jeudi 2 mai, Marseille va vibrer. Comme d'habitude, voire peut-être même un peu plus. Les cœurs vont battre fort, surtout du côté du 8ᵉ arrondissement, aux abords du Vélodrome et du Corbusier. D'un côté, il y a le match de demi-finale aller de Ligue Europa OM-Atalanta Bergame. De l'autre, un show Chanel qui réunit les plus grandes stars mondiales. Pour la première fois de son histoire, la Maison de haute couture prend ses quartiers dans la cité phocéenne et organise son défilé Croisière 2024/2025 sur le toit de la cité Radieuse

Un coup de projecteur inédit pour la ville. Un choix motivé par l'envie de célébrer "l'énergie et la vitalité d'une des villes les plus effervescentes de la Méditerranée", avait indiqué la marque aux deux "C" dans un communiqué. Bruno Pavlovsky, président des activités mode et des Métiers d'Art de Chanel, dévoile les dessous d'un tel événement dans cet entretien accordé à France 3 Provence-Alpes.

France 3 Provence-Alpes : Pourquoi la Maison Chanel a choisi Marseille pour son défilé ? Cela ne s'était jamais fait.

Bruno Pavlovsky : C'est une première, c'est vrai. Ceci dit, pour nous, Chanel, nous voyageons souvent, cela permet d'enrichir la création. Aller justement rencontrer des univers différents que ceux que l'on a l'habitude de côtoyer. Ce sont des moments privilégiés où, justement, nous avons envie collectivement, avec Virginie Viard (directrice artistique de la maison de haute couture Chanel), de faire la découverte de cultures différentes, de lieux différents, de villes différentes. Et pour nous, Marseille est apparue cette année comme une évidence.

Ce qu'on essaie de trouver à chaque fois, ce sont des villes avec une énergie exceptionnelle.

Bruno Pavlovsky, président des activités mode et des Métiers d'art de la Maison Chanel

à France 3 Provence-Alpes

Quand on va à Dakar, quand on va à Manchester, ce ne sont pas forcément des villes auxquelles on s'attendrait. Ce sont des villes différentes, ce sont des villes qui ont de vraies personnalités, qui ont une énergie propre, spécifique, forte grâce à leur histoire.

Cela ne veut pas dire que tout soit facile, mais cela veut dire que pour nous, c'est un croisement qui est très intéressant. C'est un dialogue que l'on engage avec cette ville, avec les amis, les relations qu'on peut rencontrer qui nous nourrissent, et cela permet de nourrir justement cette création. On vient prendre cette énergie.

On vient la mélanger avec ce que l'on est, nous, Chanel, et cela permet à chaque fois à la Maison d'aller un petit peu plus loin, d'offrir quelque chose de différent. Nous avons l'habitude de voyager un peu partout à travers le monde et finalement rarement en France. Et là, Marseille, est apparue comme une évidence pour nous aujourd'hui.

Pourquoi ce choix précisément aujourd'hui ?

Je ne sais pas, est-ce qu'on aurait pu le faire avant ? Peut-être. Dans tous les cas, pour nous, aujourd'hui, c'est vraiment une évidence que c'est l'énergie qui nous plaît, que l'on recherche, et qui a vraiment inspiré Virginie Viard pour sa collection. Et donc nous sommes vraiment heureux d'être là, à Marseille, maintenant en mai 2024.

Dans l'imaginaire collectif, Marseille n'est pas forcément vue comme une ville associée au luxe, comme peuvent l'être d'autres villes, notamment sur la Côte d'Azur. On ne pense pas forcément à associer Chanel à Marseille, ce contraste peut être troublant pour certains...

C'est ça qui nous intéresse, c'est ce que l'on vient chercher. On ne va pas toujours aller dans des endroits qui ne sont pas évidents, mais quand on peut y aller, quand l'occasion est là, que toutes les conditions sont rassemblées, quand il y a l'histoire du bon moment, je pense que c'est important de pouvoir et de savoir y aller. 

Et aujourd'hui, on a travaillé pour Marseille avec des "amis" de la Maison, qui sont installés à Marseille, qui connaissent très bien Marseille, etc. Et on est dans un phénomène, quand on travaille comme ça, plus on découvre, plus on a envie. Plus on découvre, plus on voit cette énergie créative qui nous intéresse et on ne voit pas forcément tout ce qu'il peut y avoir autour et les difficultés, nous en sommes cependant conscients, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse. Ce qui nous intéresse, c'est vraiment cet échange créatif, ce dialogue qui nous permet d'avancer et qui nous permet d'apporter quelque chose.

Quand Chanel vient à Marseille, si on peut faire rêver les Marseillaises et Marseillais, c'est génial. Mais on y vient en toute humilité.

Bruno Pavlosvky

à France 3 Provence-Alpes

On y vient avec notre histoire, et histoire entre deux maisons, enfin une maison et une ville, et de trouver peut-être ce qui va faire que chacun va pouvoir rebondir et aller plus loin. Donc on est vraiment dans cette approche du dialogue, et avec le sentiment que c'est le bon moment, parce qu'il y a une superbe énergie à Marseille, c'est ce que l'on voit avec le Mucem.

Vous parlez de l'exposition à La Galerie du 19M, installée au Fort Saint-Jean jusqu'à la fin mai... 

Oui, quand on voit ce que le comité éditorial a réussi à réunir, quand on voit la participation, la contribution des artistes, quand on voit la façon dont cette énergie, cette création vient se mélanger avec des savoir-faire ancestraux qui sont des savoir-faire de la main, savoir-faire des métiers d'art qu'on retrouve derrière la collection, mais qu'on retrouve aussi derrière cette exposition, ça montre que ce moment est le bon moment.

Le défilé a lieu au Corbusier, un symbole à Marseille, pourquoi ce choix ? 

Quand on a parlé de Marseille avec Virginie Viard, notre directrice artistique, tout de suite le MAMO, la terrasse de la Cité Radieuse s'est imposée. C'est un appel d'air, c'est une inspiration, c'est une envie de pouvoir être là-haut sur la terrasse. Je pense que, non seulement il y a une architecture unique, mais en plus, quand on est sur la terrasse, on a l'impression d'avoir tout Marseille qui nous regarde.

Je pense que pouvoir faire un défilé sur cette terrasse, c'est une façon d'offrir quelque part à nos invités un panorama exceptionnel sur Marseille, le Vélodrome qui est juste à côté, mais on devine aussi la mer, etc. 

On a le sentiment d'être au cœur de la cité et c'est ça qui est important aussi pour nous.

Bruno Pavlovsky

à France 3 Provence-Alpes

À chaque fois, nous choisissons des endroits qui sont assez symboliques pour être au cœur de la cité. Ce ne sont pas des endroits qui sont forcément extraordinaires ou inaccessibles. Ce sont des endroits qui sont symboliques de par la connexion qu'ils représentent dans la cité.

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Effectivement, à quelques mètres se joue un des matchs les plus importants de l'année pour l'OM, la demi-finale aller de Ligue Europa au Vélodrome... Vous n'avez pas peur du choc des deux mondes ? 

Sincèrement, quand on y pense, c'est génial. Venir à Marseille, faire un défilé le jour d'un match d'une demi-finale de Coupe d'Europe, c'est ça Marseille. C'est dingue. Non mais c'est génial, donc non, on est ravis de voir cette énergie et on espère que Marseille fera encore mieux à Bergame. C'est génial d'être là ce jour-là !

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