Marseille : ils réalisent un film sur la ville après avoir filmé des migrants pendant dix-huit mois dans un squat

Deux Marseillais racontent Marseille à travers un court-métrage de cinq minutes très visuel. L'année dernière, avec un troisième co-réalisateur, Coréen, ils avaient suivi des migrants dans un squat pendant un an et demi. Voici l'histoire de Roxane Perrot et Ugo Isoard.

Roxane Perrot et Ugo Isoard sont deux réalisateurs marseillais. Cet été, ils diffusent, gratuitement sur Vimeo, un film qui rend hommage à la cité phocéenne qui les "fait tant vibrer". Objectif : "casser les clichés si souvent faits sur Marseille et montrer une facette plus poétique et authentique de cette ville". Pendant cinq minutes, les images des plus beaux endroits de la ville se succèdent. "Une expérience visuelle immersive où des éléments bruts et puissants se mêlent à la culture bouillonnante de la ville, révélant les multiples facettes de cette cité méditerranéenne, mêlant traditions ancestrales et modernité vibrante", écrivent-ils.

"Révéler la beauté de la nature étant un des piliers de notre travail, il était important pour nous de montrer Marseille dans son état naturel, dans son élément et dans la biodiversité qui l’entoure", précise Roxane Perrot.

Le court-métrage a gagné plusieurs prix à l'international : à l’Oniros Film Festival à New-York, aux Terres Travel Festival en Espagne, au festival Art&Tur au Portugal et la mention au New-York International Film Award.

Leur boîte de production, "Zéké film", a pour vocation de "montrer les enjeux sociaux, climatiques et mondiaux sans pour autant culpabiliser le spectateur". Et pour cause, avant "Marselha", le couple de réalisateurs avait diffusé, sur YouTube, un long-métrage de 52 minutes sur les migrants : "18 mois".

"Casser les clichés sur les migrants"

Les deux réalisateurs ont lancé leur boîte de production juste après avoir produit "18 mois". Un film décidé après un tournage un peu improvisé. En 2019, Roxane Perrot est solidaire envers le squat Saint-Just quand elle décide de commencer à filmer les journées passées dans cet endroit où 1 000 habitants se sont succédé pendant un an et demi. Avec ce film, la Marseillaise souhaite sensibiliser l'opinion publique aux migrants et aux mineurs isolés.

18 mois, de Roxane Perrot, Kim Kangsu, produit par Zéké film & Lucien TV :

Le squat Saint-Just, "c'était une maison de retraite pour religieuses. Donc il y avait des chambres, des salles communes : c'était un lieu idéal pour héberger", raconte l'une des bénévoles ou plus précisément, l'une des "solidaires". Régulièrement, dans ce 52 minutes, les solidaires se demandent à quel moment la police va les expulser. Car le squat est, par définition, illégal.

"La question de l'accueil est légitime, il faut s'y confronter plutôt que nier les problématiques migratoires. On a envie d'un Marseille et d'une France qui ouvre ses frontières à une migration dont on n'a pas le choix parce qu'elle est politique et écologique, donc elle va continuer de grandir", argumente Roxane Perrot.

On aimerait casser les clichés sur les migrants. Montrer qui sont ces hommes, ces femmes et ces enfants. Et montrer l'incroyable solidarité de Marseille.

Roxane Perrot, réalisatrice de "18 mois"

Le squat a vécu 18 mois. Et ce documentaire a pour but de laisser une trace de ces instants de vies, mais essentiellement "de lutter contre le racisme et contre le fascisme", précise Roxane Perrot.

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