"On revit, sans la boule au ventre" : l'installation de caméras de vidéosurveillance rassure les habitants d'un quartier sensible

Des caméras de vidéosurveillance ont été placées dans un quartier sensible d'Aubagne, touché par des faits d'incivilité et un sentiment d'insécurité.

La cité du Charrel placée sous haute surveillance. Il y a une dizaine de jours, 23 caméras flambant neuves ont été installées au sommet d'une douzaine de mâts, au cœur de ce quartier populaire d'Aubagne, aux portes de Marseille. Cette cité d'environ 2 800 habitants, dont près d'un tiers d'inactifs, est connue comme place forte locale du trafic de drogue. Le mercredi 7 février, une balle, tirée à proximité du bâtiment T, a traversé le volet roulant puis la vitre d'un appartement, atteignant le plafond, blessant une résidente de 76 ans, touchée à la main par des éclats de verre. 

Plus de guetteurs ni chouffeurs

Depuis que la cité est sous caméra, les habitants ont retrouvé un peu de quiétude. "Il y avait des tirs, des feux d'artifice, chez moi, j'avais peur, mais maintenant, je n'entends plus rien, y a plus de tirs, y a plus rien, donc je pense que les caméras, ça apporte beaucoup", confie une habitante, interrogée par nos journalistes, Loïc Hebbache et Christian Mathieu. "On avait des guetteurs, des chouffeurs, assis sur des chaises, devant la pharmacie et le tabac-presse, on revit, on revient travailler sereinement, sans la boule au ventre, sans se dire 'il va être encore devant', pour moi, c'est du 1000% gagnant !'", approuve un autre riverain.

Une surveillance 24H/24

Face à la montée de la violence liée au trafic de stupéfiants, l'unique bailleur social des 990 logements de la résidence demandait plus de surveillance policière depuis des mois, de jour comme de nuit. Erilia finance le dispositif à hauteur de 300 000 euros, l'Etat contribue pour 71 000 euros.

Les caméras sont directement reliées au centre de supervision urbain (CSU) de la police municipale. "La principale cause du sentiment d'insécurité est le trafic de stupéfiants, bien évidemment, mais pas que, explique, Vincent Rusconi, adjoint à la sécurité, à la mairie d'Aubagne. L'objectif du dispositif est "avant tout de lutter contre les incivilités du quotidien qui ont lieu et qui ont tendance à pourrir encore plus la vie des habitants". Au total, 18 policiers municipaux sont affectés à ce centre de supervision pour assurer la surveillance de la cité, 24 heures sur 24.

Depuis le lancement des opérations anti-drogue "place nette XXL" le 18 mars à Marseille, plus de 200 personnes ont été contrôlées dans le pays d'Aubagne, qui ont conduit à sept interpellations, selon La Provence.