Quatre questions sur la présence répétée de raies pastenagues à Marseille qui a entraîné la fermeture de plages

Pendant quelques heures à Marseille ces derniers jours, les plages de la Pointe rouge et des Catalans ont été fermées en raison de la présence de raies pastenagues violettes près des côtes.

En quelques jours, deux plages ont été interdites à la baignade à Marseille, en raison de la présence de raies pastenague violettes. Le 29 juillet, la plage de la Pointe rouge a été fermée toute l’après-midi, jusqu’au lendemain matin, parce qu’une raie tentait de mettre bas près des côtes. Mardi 1er août, un poisson de la même espèce a contraint les équipes de surveillance de la plage des Catalans à interdire la baignade quelques heures. France 3 Provence-Alpes fait le point sur la présence de ces raies pastenague violettes en quatre questions.

Est-ce que la présence de raie est fréquente à Marseille ?

"C'est une espèce commune, aussi commune que le requin bleu sur la côte métropolitaine de la Méditerranée", précise Nicolas Ziani, responsable scientifique du groupe Phocéen d'étude des requins et raies, à France 3 Provence-Alpes.

"Cette espèce vit au large, en pleine mer. Mais durant la période de reproduction, en été, les raies pastenagues, comme les requins bleus, se rapprochent des côtes. Pour les raies pastenagues, la gestation dure trois mois, elles font une dizaine de petits chaque année." La raie qui a été observée à la Pointe rouge était justement sur le point de mettre bas. Il semblerait que celle observée aux Catalans était en quête de nourriture, mais restait relativement éloignée de la plage.

"L'agitation balnéaire a plutôt tendance à les faire fuir. Dans la majorité des cas, quand elles viennent, le grand public ne les voit pas", souligne Nicolas Ziani.

Le spécialiste précise par ailleurs que le rapprochement des côtes des espèces telles que la raie pastenague violette est sans lien avec le réchauffement climatique : "Les eaux sont relativement fraîches pour la saison."

Faut-il avoir peur de ce poisson ?

"Les espèces de Méditerranée ne sont pas dangereuses pour l'homme", rassure Nicolas Ziani. "C'est lorsque l'on a une attitude inappropriée que le poisson peut chercher à se défendre. C'est comme pour les animaux terrestres, il ne faut pas approcher de trop près une biche ou un chevreuil. Ce sont des espèces sauvages."

"Elles peuvent piquer avec un poignard de 10 cm, qui se trouve à la queue, et libérer une substance neurotoxique qui peut faire mal", précise à France 3 Provence-Alpes Hervé Menchon, adjoint au maire de Marseille en charge de la mer. 

"Aucun risque", assure toutefois Nicolas Ziani, de marcher sur une raie en se baignant en Méditerranée, car les pastenagues violettes ne se dissimulent pas sous le sable.

Pourquoi la plage est fermée si ce n'est pas dangereux ?

"Ce sont les préconisations pour garantir la tranquillité de l'espèce et des baigneurs", assure le scientifique. La ville a fermé les plages, le temps de vérifier de quelle espèce il s'agissait et qu'il n'y avait aucun risque pour le poisson et le public, avant de rouvrir les plages.

La municipalité a travaillé en coordination avec le groupe phocéen d'étude des requins et raies. Des plongeurs, des marins-pompiers des Marseille, des membres de la police municipale et de la direction de la mer et du littoral ont été dépêchés sur place, pour s'assurer qu'il n'y avait aucun danger.

Comment réagir face à un poisson inconnu près d'une côte en Méditerranée ?

"En cas d'observation, c'est bien de faire une photo en se tenant à distance, explique Nicolas Ziani. Ensuite, il faut regagner la plage, ne pas prolonger l'interaction avec le poisson, ne pas le poursuivre. Vous pouvez signaler la présence du poisson au poste de secours, qui travaille avec nos équipes dans des villes comme Marseille ou Fréjus, ou écrire à phoceashark@gmail.com, avec la photo du poisson. Nous donnerons les conseils appropriés".

Le scientifique insiste sur le fait d'éviter les sauvetages improvisés, notamment pour les animaux (poissons ou dauphins) échoués ou morts. "Cela peut s'avérer risqué".

Durant l'été, en France, les baigneurs signalent souvent la présence sur les côtes de raies pastenagues violettes, de requins bleus ou de marlins. Tous sont sans danger, à condition qu'ils ne se sentent pas menacés.

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