"Rien n'excuse cette violence" : le coup de gueule du syndicat FO après l'agression de sages-femmes à Marseille

Une femme enceinte a agressé vendredi dernier deux sages-femmes et une agente d'entretien à l'hôpital Nord de Marseille dans le service "grossesse à risque". Après cet évènement, une cellule de crise a été ouverte. Le syndicat majoritaire Force Ouvrière demande des mesures fortes pour lutter contre la violence de plus en plus récurrente.

Après l'agression vendredi 19 avril de plusieurs membres du personnel, le syndicat majoritaire Force Ouvrière (FO) de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a rencontré ce lundi la direction de l'hôpital Nord pour faire le point sur cet événement. Le personnel a été très choqué, deux sages-femmes et une agente d'entretien ont été blessées. À l’issue de cette réunion, le syndicat a décidé d'alerter la direction générale avec un courrier diffusé ce lundi.

"Plus de vidéosurveillance, un renfort d’agents de sécurité"

C'est l'agression "de trop" pour le syndicat majoritaire de l’AP-HM. Force Ouvrière demande à la direction générale "plus de vidéosurveillance, un renfort d’agents de sécurité sur tous les sites, et de redoubler de vigilance concernant les entrées et les accompagnants sur les différents sites", indique Audrey Jolibois secrétaire générale FO.

Alors que le syndicat SUD santé demande l'instauration d'une prime pour les personnels de santé qui travaillent dans les quartiers dits "difficiles", FO précise que "si une prime de risque devait être accordée, qu’elle le soit, d’une manière équitable, à l’ensemble des personnels de l’AP-HM car la violence se trouve partout et non pas exclusivement sur un seul territoire ou site hospitalier".

Des agressions, il y en a tous les jours, elles sont bien souvent verbales mais pas seulement.

Audrey Jolibois, secrétaire générale FO à l'AP-HM

à France 3 Provence-Alpes

"Encore la semaine dernière, au service gynécologie de la Conception, un agent de sécurité a été passé à tabac par les accompagnants d'une femme enceinte, ou encore au service pédiatrie de La Timone, un père s'en est pris à une infirmière", détaille Audrey Jolibois, précisant que "cette violence est partout, pas seulement aux urgences, c'est une violence du quotidien, des crachats sur les agents administratifs au moment de faire les papiers. Heureusement ils sont protégés par des vitres maintenant."

De lourdes sanctions réclamées

Par ailleurs, le syndicat FO a écrit au procureur de la République de Marseille, pour demander que les fauteurs de troubles, les agresseurs de violences verbales et physiques soient "sévèrement punis" lorsque cela touche au personnel hospitalier. "Il faut que toutes ces mesures soient dissuasives, les sanctions comme la présence de plus d'agents de sécurité, et que les faits soient filmés, ce n'est pas acceptable toute cette violence dans un lieu où en plus règne la bienveillance", insiste Audrey Jolibois.

Après cette énième agression, "c'est tout un service qui est sous le choc, mais pas que, ce sont tous les personnels hospitaliers par solidarité", explique la syndicaliste.

On se dit que cela peut arriver à chacun de nous.

Audrey Jolibois, secrétaire générale FO à l'AP-HM

à France 3 Provence-Alpes

"La violence est perpétrée par les personnes qui se rendent à l'hôpital mais aussi par les accompagnants", indique Audrey Jolibois.

Avant la violence en milieu hospitalier était concentrée aux Urgences. Depuis quelque temps, elle s'est généralisée dans tous les services. "Une sorte de banalisation de la violence, à laquelle il faut mettre un terme le plus rapidement possible. On répercute la colère et l'état de stress sur le personnel, mais rien n'excuse ce comportement que l'on condamne fermement et on espère qu'il sera puni sévèrement."