Coronavirus : confinement prolongé, économie, santé, les annonces d'Emmanuel Macron et réactions en Paca

Emmanuel Macron a annoncé lundi 13 avril que le confinement entré en vigueur depuis le 17 mars, serait "strictement maintenu" jusqu'au 11 mai, alors que l'inquiétude monte sur les conséquences sociales de l'épidémie.

Illustration. Pour sa quatrième prise de parole solennelle depuis le début de la crise sanitaire, Emmanuel Macron "devrait évoquer une date de fin de confinement courant mai".
Illustration. Pour sa quatrième prise de parole solennelle depuis le début de la crise sanitaire, Emmanuel Macron "devrait évoquer une date de fin de confinement courant mai". © Ludovic MARIN / POOL / AFP
En dépit des chiffres plutôt encourageants de ce long week-end de Pâques, Emmanuel Macron a annoncé lundi soir la prolongation du confinement jusqu'au lundi 11 mai, auquel est astreint le pays depuis le 16 mars. 

"La situation sera adaptée à partir de mi-mai en fonction de l'évolution", a indiqué le chef de l'Etat, évoquant une réouverture progressive des crèches, écoles, collèges, lycées à partir du 11 mai, mais soulignant que l'enseignement supérieur ne rouvrirait "pas avant l'été"

Restaurants, cafés, hôtels, musées, cinémas, théâtres "resteront fermés", pas de festivals "avant mi-juillet", a aussi indiqué Emmanuel Macron. 

Le chef de l'Etat a également annoncé une aide exceptionnelle aux familles modestes. "L’espoir renaît mais rien n’est acquis, a-t-il encore déclaré. "Je mesure pleinement l’effort que je vous demande".

Les frontières de la France avec les pays non-européens "resteront fermées jusqu'à nouvel ordre", a-t-il aussi précisé.

En réaction, le député LR Julien Aubert a estimé sur Twitter "incompréhensible", "de garder nos frontières ouvertes en Europe, les fermer pour les autres", déplorant un "satisfecit trop marqué sur le passé" Pour Christian Estrosi, "le Président a utilisé les mots justes. En reconnaissant les carences de l’Etat, il a fait preuve d’une grande sincérité", a ajouté le président de la Métropole Nice Côte d'Azur.

"Sa préoccupation sur la situation des familles modestes est légitime. Je souhaite que la couverture sociale des plus faibles soit renforcée. Je me réjouis de voir enfin que le Président reconnaît l'exigence d'un masque pour tous au déconfinement et la traçabilité numérique."

La présidente LR du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence, Martine Vassal indique que "le Président de la République a pris les bonnes décisions pour venir à bout de la crise sanitaire, qui peut tourner à la tragédie collective pour notre pays, pour les familles et les plus fragiles d’entre nous". Elle avait invité plus tôt le chef de l'Etat à "une décentralisation plus grande en faveur des collectivités locales sur le modèle des Landers en Allemagne" et à un dépistage "pour tous" Emmanuel Macron a reconnu que la France "à l'évidence n'était pas assez préparée" à la crise, mais a promis un dépistage massif à partir du 11 mai.

"Nous ne serons en capacité de tester toute personne présentant des symptômes", pour pouvoir mettre les malades en quarantaine, a affirmé le président Emmanuel Macron.

"Nous n'allons pas tester toutes les Françaises et tous les Français, ça n'aurait aucun sens. Mais toute personne ayant un symptôme doit pouvoir être testée. Les personnes ayant le virus pourront ainsi être mises en quarantaine, prises en charge et suivies par un médecin", a ajouté le chef de l'Etat.

"Les retards pris dans les décisions, au début de la crise,coûteront très cher aux français", a réagi le député européen RN, ancien député de Vaucluse, Thierry Mariani.  L'épidémie de coronavirus a fait 14.967 morts en France, dont plus de 9.000 en milieu hospitalier, selon les chiffres diffusés dimanche par la Direction générale de la Santé.

Cela représente 310 morts supplémentaires dans les dernières 24 heures en milieu hospitalier. Un chiffre en baisse, après un pic à 605 morts lundi le plus haut niveau enregistré jusqu'ici en France.

Pour le quatrième jour consécutif, le nombre de patients en réanimation a également baissé en 24 heures, mais "de 35 patients seulement, c'est donc une très légère baisse", précise la DGS.

En Provence-Alpes-Côte-d'Azur , 248 nouveaux cas au coronavirus Covid-19 ont été dépistés en 24 heures, portant à 11.038 le nombre de personnes positives depuis le 28 février. 348 personnes sont décédées.

Défiance envers la gestion de crise

Le chef de l'Etat a aussi tenté de désamorcer une défiance grandissante envers sa gestion de la crise. L'opinion critique notamment la position de l'exécutif contre leur généralisation et sa capacité à importer les masques promis.

Avant son discours, le député LR Eric Ciotti s'était dit "en colère" qu'on ait "laissé mourir nos vieux" du Covid-19 dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Pour le communiste Jean-Marc Coppola, membre du collectif du Printemps marseillais, "le président Macron marche à vue en matière de santé publique".

"Sa gestion de la crise sanitaire est pleine de contradictions entre ce qu'il préconise et l'insuffisance de moyens pour doter les Français de masques, de tests pour dépister massivement, pour trouver un vaccin afin d'éradiquer efficacement le coronavirus...ses annonces de ce jour ne sont que des promesses", estime-t-il.

Emmanuel Macron a décalé sa prise de parole à lundi pour prendre le temps de consulter, des médecins -dont le professeur Didier Raoult, fervent défenseur du traitement à l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, avec qui il s'est entretenu presque chaque jour, selon un proche-, mais aussi des élus, associations et homologues européens.

"Sur ce volet, le Président de la République n’a répondu qu’à la moitié des enjeux : pas de traitement identifié malgré la rencontre avec le Professeur Didier Raoult, a estimé Renaud Muselier, président de la Région Paca, alors que la visibilité sur le stock et l’approvisionnement en masques et en tests reste flou."

"Je regrette que le Président de la République n’ait pas totalement et concrètement répondu à tous les enjeux sanitaires de cette crise ce soir", 
a-t-il ajouté. 

Une crise sanitaire et économique

Paralysie du pays, le voeu du président du Medef de "travailler plus" après le coronavirus a suscité de vives critiques du côté des syndicats, à gauche et au-delà.
           
"Il faudra bien se poser tôt ou tard la question du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire", a estimé Geoffroy Roux de Bézieux dans les colonnes du Figaro.

Loin de prendre ses distances avec le propos patronal, la secrétaire d'État à l'Économie est allée dans le même sens. "L'enjeu est de reprendre le travail plein pot", a insisté Agnès Pannier-Runacher, samedi sur franceinfo.

Président délégué du Medef, Patrick Martin a précisé sur la même chaîne que toute modification éventuelle de la durée du temps de travail, sur le terrain, ne pourrait être envisagée que si l'entreprise et l'emploi sont "menacés", "pendant un temps, dans le respect de la loi" et "en accord avec les organisations syndicales".

Une proposition "à la fois indécente et à la fois pathétique", a jugé le conseiller départemental Benoît Payan, porte-parole du Printemps Marseillais et candidat à la mairie de Marseille.

"Il ne dément pas la volonté du Medef qui préconisent de faire travailler plus pour rattraper les profits perdus, alerte pour sa part Jean-Marc Coppola, mais il prépare les esprits pour l’ « après » en vantant les efforts de chacun dans le moment présent pour, demain, nous appeler à faire des efforts".

"La France paye des années de désengagement de l’Etat en matière de santé publique et de service public", déplore l'élu communiste marseillais.

Les syndicats ne l'entendent pas plus de cette oreille, eux qui déplorent déjà les dérogations aux limites du temps de travail décidées par ordonnances dans le cadre du projet de loi d'urgence sanitaire, notamment le relèvement à 60 heures de la durée hebdomadaire maximale.

Sans parler du chômage partiel, ou activité partielle, qui entraîne souvent une baisse de revenus de 16% pour les bénéficiaires, au nombre de huit millions aujourd'hui, soit plus d'un salarié sur trois.
 
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