Coronavirus : à quand la réouverture des plages à Marseille et sur la Côte d’Azur ?

19-03-2020 : les plages du Prado de Marseille vides en plein confinement. / © Michaël Flores / FTV
19-03-2020 : les plages du Prado de Marseille vides en plein confinement. / © Michaël Flores / FTV

Le confinement a rendu les plages du Sud inaccessibles. Officiellement, on évoque une réouverture vers le 15 juillet. Mais de nombreux acteurs du tourisme s’impatientent et font des propositions pour avancer cette date avec des mesures de sécurité pour éviter la propagation du Covid-19.

Par Pauline Sauthier

Le soleil est de retour sur les plages du Sud-Est et avec lui, l’envie d’aller se baigner.

Les professionnels du tourisme n’ont pas commencé la saison -confinement oblige- mais ils sont déjà assaillis de questions sur la réouverture des plages, des restaurants, des hôtels ou des locations de vacances.

Pour protéger notre santé passera-t-on l’été au sec, loin de la mer ?

Ce que l’on sait

Le 13 avril, le président de la République Emmanuel Macron a déclaré dans son allocution télévisée que les "grands festivals et événements avec public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu'à mi-juillet prochain".

Pour l’heure, les autorités s’en tiennent à cette indication, car les plages rassemblent, elles aussi, beaucoup de monde.

Mais déjà, les communes littorales s’organisent pour essayer de faire avancer cette date. "Il me semble que si on ne propose rien, ça n’avancera pas et l’État freinera le plus longtemps possible", estime Gil Bernardi, maire du Lavandou et président du Syndicat des communes du littoral varois.

"Si on fait des propositions et que ça permet de concilier la sécurité du public au plan sanitaire mais également l’économie, alors l’État nous accompagnera très volontiers".

Avec d’autres maires de la Côte d’Azur, il espère voir la reprise de l’activité touristique des plages entre le 1er et le 15 juin.
Marseille, avril 2020. La Pointe Rouge pendant le confinement, restaurants fermés et plage interdite d’accès. / © GEORGES ROBERT / MaxPPP
Marseille, avril 2020. La Pointe Rouge pendant le confinement, restaurants fermés et plage interdite d’accès. / © GEORGES ROBERT / MaxPPP

A Marseille, Didier Réault, président du parc national des Calanques, adjoint au maire délégué à la mer, au littoral, au nautisme et aux plages se montre beaucoup plus prudent.

"Il me paraît extrêmement délicat d’anticiper une ouverture des plages aujourd’hui compte tenu du fait que l’ensemble des dispositifs de rassemblements de masse auxquels on peut assimiler les plages -surtout à Marseille- n’est pas levé", confirme-t-il. 

"La particularité de Marseille c’est que c’est une métropole d’un million et demi d’habitants qui reçoit deux millions de personnes sur trois kilomètres de plages à peu près pendant trois mois."

"On ne veut pas 300.000 personnes sur les plages", expliquait justement ce mercredi une source gouvernementale à franceinfo. Dans cette perspective, les déplacements entre les régions devraient être limités au moins jusqu’à mi-juin, après quoi un premier bilan du déconfinement sera effectué.

Quelles pistes de réflexion ?

"Certains secteurs comme Antibes ne subissent pas une forte propagation du virus, on pourrait envisager de desserrer l’étau", espère pour sa maire le député-maire de la ville Jean Leonetti.

Donner la priorité aux locaux ou au personnes âgées à certaines heures, afficher des règles de sécurité à l’entrée des plages, rouvrir seulement certaines plages et en limiter l’entrée, rendre le lavage du corps ou des pieds obligatoire à l’arrivée, voilà à quoi réfléchissent les autorités locales.

Toutes les communes du littoral ont entamé des discussions avec les préfectures, les régions et les professionnels du tourisme pour réfléchir aux mesures de sécurité à adopter sur les plages une fois qu’elles auront rouvert.
Vue aérienne en drone du littoral de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes), le samedi 11 avril 2020. / © Sébastien BOTELLA / MaxPPP
Vue aérienne en drone du littoral de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes), le samedi 11 avril 2020. / © Sébastien BOTELLA / MaxPPP
"Les interdictions ne marchent pas beaucoup", juge Gil Bernardi qui dit avoir vu la population de sa commune doubler à l’occasion du week-end de Pâques.

Pour lui, "il faut réglementer, avec l’accord de la population". A défaut de pouvoir empêcher tout le monde d’aller se baigner ou de rejoindre sa résidence secondaire, notamment dans certaines petites criques isolées des regards, il faut, dit-il, "organiser et prévoir".

Dans les perspectives que lui et les maires des communes littorales varoises ont proposées aux préfets, "les forces de l’ordre ne sont pas là pour réprimer, mais pour encadrer".

Quant à une éventuelle "transmission du virus dans l'eau de mer", l'élu assure travailler "avec l’Agence régionale de santé qui nous dit qu’il n’y a pas de risque"

Pour lui, il faut pouvoir "concilier santé et plaisir". Et de conclure : "Ça peut aussi être ludique de porter un masque sur une plage naturiste !’

Un enjeu économique

Sur la Côte d’Azur, l’activité des plages est indissociable de l’activité économique. "A quoi ça servirait de développer une activité touristique sans animation de rue, sans hôtel ou café?", insiste encore Jean Leonetti.

Les maires aimeraient voir toute l’activité reprendre en même temps. "Pour nous, la saison devait s’étendre du 23 mars au 23 octobre, montage des infrastructure compris", explique Roger Simi, responsable de l’association des plagistes de Saint-Cyr-Sur-Mer.

Aujourd’hui, l’activité est en suspens. Ce qui n’a pas empêché ce propriétaire de se lancer dans une "chasse" aux masques et visières en vue d’une réouverture.
"Le maire m’a confirmé ce matin (mercredi, ndlr) qu’on attendrait la première semaine de mai pour connaître les dates de montage. Mais ça ne présage pas de la date d’ouverture", explique Roger Simi.

Car les plagistes ont besoin d’anticiper pour pouvoir rebâtir entièrement leur structure, comme ils le font à chaque début de saison. "Il faudrait qu’on sache 15 jours ou trois semaines avant".

S’ils s’attendent à une "mauvaise saison", les professionnels du tourisme espèrent eux aussi une réouverture avant le 15 juin, afin que 2020 ne devienne pas une année blanche pour leurs recettes.

En attendant les recommandations officielles Roger Simi anticipe : "On va diminuer le nombre de transats, il faut peut-être se préparer à ne servir qu’en terrasse. Sur la plage, celui qui proposera des paddles et des jeux aura des gants, un masque et donnera des conseils de sécurité."

La date du 15 juin pour la réouverture des bars cafés et restaurants a aussi été évoquée par Europe 1, qui cite une source officieuse au gouvernement. Une réunion devra se tenir vendredi au sommet de l’État pour clarifier la situation.

Pour l’heure, les locations saisonnières restent interdites dans les régions touristiques. In fine, seul le gouvernement est décisionnaire et ce sont les préfectures qui auront la charge de la réouverture des plages.
 

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