Couvre-feu à 18h : le point sur ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas

Depuis ce samedi 2 janvier, 15 départements dont les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes sont concernés par le couvre-feu à 18h, bien que cette mesure soit jugée "inepte" par certains élus azuréens. Ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas, on fait le point. 

Le couvre-feu à Nice comme dans toutes les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes.
Le couvre-feu à Nice comme dans toutes les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes. © Dylan Meiffret Maxppp

Christian Estrosi a été entendu. En région PACA, les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes figurent parmi les 15 départements où le couvre-feu est avancé à 18 heures depuis ce samedi 2 janvier.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a annoncé la nouvelle le vendredi 1er janvier. Il a précisé que cette décision serait réévaluée dans une semaine.

En cause, le taux d'incidence : il est de 330 pour 100.000 habitants dans les Alpes-Maritimes et de 284 pour 100.00 habitants dans les Hautes-Alpes, d'après Santé Publique France, pour la semaine du 25 au 31 décembre. 

A titre de comparaison, ce taux est de 136 au niveau national, toujours pour la dernière semaine de l'année 2020.

Les dérogations et les attestations à présenter à partir de 18 heures restent les mêmes que celles déjà en vigueur pour le couvre-feu de 20 heures. Mais d'inévitables changements d'horaires auront donc lieu en ce début d'année 2021.

Voici les modalités prévues par la Préfecture des Alpes-Maritimes : 

Le préfet des Alpes-Maritimes, conformément aux instructions du Premier ministre, a pris le 1er janvier un arrêté fixant le début du couvre-feu à 18 h sur l’ensemble du département à compter du samedi 2 janvier 2021. Pour rappel, l’heure de fin du couvre-feu est inchangée et reste fixée à 6h.



Pour les commerces :

Pour la garde d'enfants, l'enseignement et la formation :

Pour les activités professionnelles : 

Pour les activités de plein air les activités extrascolaires et les activités sportives :

Une décision évoquée en début de semaine

"Une sage décision", voilà comment Christian Estrosi qualifie les propos du ministre de la santé, Olivier Véran, lorsque celui-ci a évoqué l'avancement du couvre-feu mardi 29 décembre. Le maire (LR) de Nice, interviewé mercredi 30 décembre chez nos confrères de France Inter, explique sa position : "Olivier Véran a pris la sage décision d'avoir un temps de débat avec des élus locaux, dont moi. Chaque territoire a sa spécificité. Nous sommes frontaliers avec Monaco et l'Italie."

Il ajoute : "Nous avons un aéroport qui est passé de 20 vols par jour à 120 vols, c'est-à-dire 50% du taux de fréquentation de décembre 2019. Tout cela a ramené une circulation importante du virus qu'il nous faut contenir."

"Ne pas punir une immense majorité de la population"

Alors que plusieurs maires réclamaient un reconfinement local, le conseil de défense s’est prononcé, mardi, en faveur d’une avancée du couvre-feu à 18 heures dans vingt départements à partir du 2 janvier.

Ce sont finalement 15 départements qui sont concernés. Le département des Alpes-Maritimes fait partie des départements concernés par de nouvelles mesures coercitives car les taux d'incidence et d'hospitalisation sont parmi les plus élevés.

Dans la région PACA, les Hautes-Alpes fait aussi partie des départements concernés par ce nouvel horaire de couvre-feu anticipé.

D'autres régions ont également de mauvais résultats : le Grand Est, l'Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté. Interrogé par Carine Bécard, le maire de Nice défend cette idée de couvre-feu anticipé : 

Il y avait le choix entre reconfiner et c’était le choix de punir une immense majorité de la population, à laquelle je veux rendre hommage et qui se comporte de manière exemplaire, ou au contraire, de prendre la mesure d’un couvre-feu anticipé.

Christian Estrosi, maire (LR) de Nice.

Autre mesure pour contenir l'avancée de l'épidémie, la campagne de vaccination anticipée qui a commencé ce mercredi 30 décembre à Nice.  

Conseil de santé

Le maire de Nice avait réuni dès lundi matin un conseil de santé composé d'infectiologues, de pneumologues, de médecins du public et du privé exerçant dans le département et la métropole : "Tout le monde a été conscient qu'imposer un reconfinement, là où nous pouvions avoir un couvre-feu anticipé à 18 heures était la bonne formule."

"L'efficacité sanitaire n'est pas établie"

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité parmi les élus azuréens ou du Grand Est. Jean Leonetti, maire (LR) d'Antibes, confronté aussi à une recrudescence de l'épidémie, a dit sur Twitter sa "déception": "on espérait une accélération de la vaccination disponible et de meilleurs contrôles aux frontières. On nous propose une avancée du couvre-feu à 18h à 'géographie variable' dont l'efficacité sanitaire n'est pas établie".

Fronde des élus azuréens

La 'déception' s'est étendue à de nombreux élus politiques. Cet après-midi, dans un communiqué de presse commun, plusieurs élus demandent au gouvernement de revoir sa copie. Une véritable fronde des élus azuréens.

Pour David Lisnard, président de l’agglomération Cannes Pays de Lérins, Charles Ange Ginésy, président du Conseil départemental, Jean Leonetti, maire d'Antibes et président de l’agglomération Sophia Antipolis et Jérôme Viaud, président de l’agglomération du Pays de Grasse, il s'agit d'une "mesure inepte contre la Covid-19 et encore plus destructrice d’économie."

Interrogé sur France 3 Côte d'Azur mercredi 31 décembre, le maire de Cannes assure que le couvre-feu à 18 heures "n'a aucune efficacité contre la maladie". "C'est, au contraire, renforcer le fait que les gens vont aller dans les commerces sur une période plus courte, on va avoir plus de monde dans les transports en commun", poursuit-il.

durée de la vidéo: 02 min 29
Le maire de Cannes, David Lisnard contre le couvre-feu à 18h

Tous contestent la pertinence d’une nouvelle mesure de couvre-feu à partir de 18h sur tout le département dès le 2 janvier 2021.

Les élus font quelques propositions :

"Encore une fois, les maires et présidents d’agglomérations ainsi que le président du Conseil départemental se trouvent devant le fait accompli de dispositions nationales qui concernent leurs territoires auxquelles ils n’ont été en rien associés et qu’ils devront faire appliquer sans mode d’emploi", regrettent d'une même voix ces élus des Alpes-Maritimes.

Faciliter la tâche des services de l’Etat avec la police nationale

Un couvre-feu avancé de 20h00 à 18h00 qui présente aussi un intérêt pour les forces de sécurité : "cela facilite la tâche à la fois des services de l’Etat avec la police nationale ou la gendarmerie et les militaires de la force Sentinelle et ceux des collectivités avec ma police municipale parce qu’à partir du moment où on ne plus sortir à partir de 18 heures, naturellement, cela nous permet de pouvoir maîtriser tous ceux qui voudraient déroger à la règle".

Réunions familiales ou entre amis

Des chiffres en hausse car il y a de plus en plus de tests pour les réunions familiales ou entre amis. Pour les fêtes de Noël, les tests ont doublé à Nice : ils sont passés de 2.800 à 5.000 par jour. Le 31 décembre est aussi considéré comme une soirée à haut risque pour les autorités sanitaires. Christian Estrosi ajoute que lui et la collectivité seront "extrêmement vigilants".

Un casse-tête pour les autorités comme pour les familles

Cette décision est d'ores et déjà, un casse-tête pour les autorités comme pour les familles : l'accueil périscolaire ferme à 18h00 dans de nombreuses communes, le télétravail n'est pas toujours possible, la fermeture des magasins devra être avancée. Pas simple.

Au marché provençal d'Antibes, certains clients affirment : « Ça ne sert à rien, il aurait fallu décider d'un confinement généralisé pour deux semaines parce qu’on sait que ça remonte ». Pour d'autres, « ça évite les contacts, ça évite la propagation, c’est évident ».

Perte de chiffre d'affaires 

Pour les commerçants, cette heure de travail en moins représente une perte de chiffre d'affaires. Un traiteur pense qu'il aura moins de clients, il explique : "comme on a une fermeture à 19h, certains viennent faire leurs courses après avoir récupéré les enfants à l’école." Selon une buraliste antiboise : "les clients s'adapteront, ils viendront plus tôt. On verra", lâche-t-elle.

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