Covid-19 en Paca : pass sanitaire, troisième dose, télétravail, confinement... tout ce qu'il faut savoir

Vaccin, port du masque, télétravail... Un Conseil de défense se tient ce mercredi pour décider des nouvelles mesures à mettre en place face à la 5e vague de Covid-19. En région Paca, la situation est préoccupante.

C'est un jour crucial. Alors que la 5e vague de l'épidémie de Covid-19 commence à déferler sur le pays, que les taux d'incidence montent en flèche, l'exécutif se réunit ce mercredi pour un nouveau Conseil de défense sanitaire. Au menu : la 3e dose, le pass sanitaire, le retour des jauges, le télétravail... Un refrain, hélas connu, pour contrer la reprise épidémique. 

Le ministre de la Santé présentera les nouvelles mesures prises par le gouvernement jeudi 25 novembre à la "mi-journée", a déclaré le porte-parole Gabriel Attal au sortir du Conseil de défense. 

Objectif du gouvernement : "Sauver les fêtes de fin d'année et travers l'hiver le mieux possible"

Mais M. Attal a d'ores et déjà prévenu que des mesures sont prévues selon trois grands axes: "l'accélération de la campagne de rappel vaccinal", "le renforcement du pass sanitaire" et "le renforcement des mesures barrières" comme le port du masque.

Les chiffres du Covid-19 en Paca

Dans la région Paca, "l'ensemble des indicateurs est préoccupant", indique l'ARS dans son dernier point de situation daté du 23 novembre. Le taux d'incidence est en moyenne de 240 cas pour 100.000 habitants, contre 135 la semaine passée, soit presque le double. Une hausse plus marquée chez les moins de 15 ans, "en lien avec l'augmentation du taux de dépistage", précise l'ARS.

Le nombre de personnes en hospitalisation conventionnelle poursuit son augmentation et pour la première fois depuis trois mois, les admissions en réanimation augmentent à nouveau.

Le taux de positivité a dépassé les 5% versus 3,7% la semaine précédente. Une hausse observée dans tous les départements de la région et toutes les tranches d'âge excepté chez les plus de 75 ans où il est stable. 

Si les indicateurs sont à la hausse, nous sommes cependant à ce jour très loin de la phase exponentielle de Covid-19 que nous avons connue lors de la 2e vague début novembre 2020.

Une situation "encore sous contrôle" à l'APHM

Une situation inquiétante mais "encore sous contrôle", selon le chef de service de la réanimation des urgences : "On s'attend très probablement à voir réaugmenter de manière importante le nombre de patients justifiant la réanimation dans le cadre de la Covid, dans les jours qui viennent", explique Marc Gainnier. 

Au 23 novembre, sur 13 lits, huit sont destinés au Covid, sur les huit, cinq sont actuellement occupés par des Covid aux formes très graves et sur les cinq, quatre n'étaient pas vaccinés. 

"C’est la situation à l’hôpital qui est et reste le nerf de la guerre, a confirmé Gabriel Attal mercredi. À l’heure actuelle, la situation est encore relativement contenue à l’hôpital.(...) Nous pouvons limiter la submersion à condition de poursuivre et d’amplifier nos efforts dans la vaccination, dans les gestes et dans le sanitaire"

Vaccination en Paca

Au 21 novembre, 14% de la population en Paca n'est pas encore complètement vacciné. Un des plus forts taux de France. Par ailleurs, 62% des personnes de plus de 65 ans éligibles à la dose de rappel, la 3e injection, l'ont reçue.

Autre indicateur de la reprise épidémique : les classes fermées. Au niveau national, cela concerne à présent 6.000 classes selon le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, contre 4.000 vendredi dernier.

Dans l'Académie Aix-Marseille, 136 classes ont dû fermer suite à la contamination d'élèves ou d'enseignants. 470 élèves sont positifs au Covid-19, soit près de deux élèves sur 100.

3e dose obligatoire ?

Le Conseil de défense permettra ainsi "d'aborder la question de l'extension de la troisième dose du vaccin, considérant les recommandations que nous avons obtenues des différentes autorités scientifiques et sanitaires", a indiqué mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Logiquement, le gouvernement devrait entériner la préconisation émise vendredi par la Haute autorité de santé (HAS) d'injecter la dose de rappel (le plus souvent une troisième dose) dès 40 ans, six mois après la vaccination complète.

"Il y a très peu de quadragénaires qui sont déjà à six mois de la deuxième dose, ça arrivera progressivement au mois de décembre. Donc, ça nous donne la possibilité de nous organiser si la décision était entérinée", a commenté M. Véran.

Deux autres organismes consultatifs, le Conseil scientifique et le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, sont allés plus loin en envisageant un rappel pour tous les adultes.

Renaud Muselier s'est montré favorable à l'obligation de cette dose de rappel pour tous. Sur Franceinfo, le président de la région Paca avait qualifié les non-vaccinés de "bombes virales" et s'était exprimé pour un "pass vaccinal"

Invité sur LCI ce mercredi pour annoncer son départ des Républicains, le président de la région Paca a réaffirmé son souhait de rendre obligatoire la 3e dose, "pour tout le monde et tout de suite". "Je l'ai demandé il y a 15 jours au gouvernement. (...) Il faut anticiper", a-t-il déclaré. 

Le maire de Nice (ex-LR) Christian Estrosi, qui "souhaite une dose de rappel pour tous", "a même commencé à l'administrer" dans sa ville, car "il ne faut pas perdre une seconde, il faut y aller à fond", a-t-il expliqué sur France 2.

Pour l'instant, le rappel ne concerne que les plus de 65 ans, les personnes à risques de formes graves et les soignants. Pour les 50-64 ans, le rappel sera disponible à partir du 1er décembre.

Les vaccinations repartent à la hausse

Ce mercredi au vaccinodrome du gymnase Teisseire, la vaccination repart. Un médecin sur place estime qu'il y a "deux fois plus de monde que d'habitude". "On a été surpris par l'affluence". Au total, 500 vaccins ont été administrés ce mercredi matin, or ils n'avaient prévu que 370 doses.

Dans ce centre de vaccination, on accepte les personnes même si elles ne remplissent pas toutes les conditions pour la dose de rappel.

"La 3e dose est nécessaire pour une bonne protection", indique un des médecins sur place.

Prolongation du pass sanitaire

L'un des autres enjeux du Conseil de défense sera de savoir à partir de quand le rappel sera nécessaire pour prolonger le pass sanitaire selon les âges.

Pour les plus de 65 ans, ce mécanisme doit en principe démarrer le 15 décembre. Mais le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a assuré lundi avoir "poussé" pour avancer cette date au "milieu de la semaine prochaine".

Retour du masque, télétravail, reconfinement

Le Conseil de défense pourrait par ailleurs décider de rendre à nouveau le masque obligatoire dans certains lieux, dont les salles de spectacle.

Un recours plus massif au télétravail est à l'étude ce mercredi. C'est ce que préconise le Conseil scientifique dans son dernier avis, pour éviter au maximum les contacts à risque. 

Un couvre-feu ou même un reconfinement ne sont pas à l'étude, selon une source gouvernementale.

"Mais compte tenu de ce qui se passe chez nos voisins proches, on ne peut pas l'écarter", prévient dans Le Parisien le professeur Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique, qui se dit "très étonné par la brutalité de cette vague".

"Il faut qu'on puisse mettre en place les mesures qui freineront la progression du virus pour préserver les lignes hospitalières qui sont bien mises à mal après deux ans de pandémie", a mis en garde mercredi Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), sur Radio Classique.

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