Dans le Var, la récolte des olives touche à sa fin et les volumes sont faibles

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Écrit par Inès Guillemot .

Chaleurs précoces, pluies tardives : le climat a mis à rude épreuve les oliveraies. Après une année 2021 exceptionnelle, la récolte 2022 s'annonce maigre dans le Haut-Var.

Claude Zema a déjà terminé sa cueillette. Ses 250 oliviers, implantés dans la campagne de Cabasse (Haut-Var), ont peu produit cette année. 700 kgs environ, quand ils peuvent aller jusqu'à 2.500 kgs, selon lui. De quoi fabriquer 120 litres d'huile d'olive tout au plus. L'an dernier, le Varois avait produit plus du double.

"C'est devenu très difficile", estime ce retraité, qui récolte "pour le plaisir" et transforme sa cueillette dans une coopérative. Il n'en vit pas. Mais, pour lui, les années difficiles comme celle-ci se répètent. "Le climat est déréglé. Nous n'avons plus d'hiver !"

À quelques kilomètres de là, au moulin du Grimaudet, au cœur du Luc-en-Provence, la transformation des olives touche, elle aussi, à sa fin. Et le bilan est maigre, pour les 1.100 coopérateurs, dont 20% environ sont des professionnels. Le moulin a reçu 48 tonnes d'olives, contre 226 tonnes l'an passé. Moins du quart.

"La production ne suffit pas à payer les salaires"

Certes, l'année 2021 avait été exceptionnelle, se souvient Bérangère Moriello, salariée du moulin. Et la récolte n'est pas tout à fait terminée pour certains des coopérateurs. Mais l'établissement voit déjà sa cadence baisser. Il pourrait fermer en fin de semaine prochaine.

"Certains moulins n'ont même pas ouvert cette année", faute de volumes suffisants, rapporte Bérangère Moriello. Le moulin de Grimaudet est soutenu financièrement par la communauté de communes cœur du Var, qui l'a racheté en 2017. "C'est ce qui nous permet de rester vivants", insiste-t-elle. Avec une année comme celle-ci, la production "ne suffit pas à payer les salaires".

Les faibles tonnages sont toutefois compensés par de bons rendements, tempère Bérangère Moriello. Environ 18%, contre 15% en moyenne. À poids équivalent, le volume d'huile produit est plus important. Une conséquence de la sécheresse : les olives, moins chargées en eau, sont plus concentrées en huile. Sans suffire à contrebalancer la mauvaise récolte.

Un constat "généralisé", dans la majorité des oliveraies de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, selon cette salariée du moulin. "C'est très particulier. Il y a régulièrement des années difficiles. Mais d'habitude, il y a des disparités selon les secteurs et les terroirs".

Sécheresse, grêle et mouche

En cause : une conjonction d'aléas climatiques, préjudiciables au développement de l'olive. "Cette année, tous les critères étaient contre l'huile", résume Bérangère Moriello, énumérant : le manque d'eau au printemps, puis "le mistral et le sirocco, qui ont tué les fleurs", la sécheresse estivale, la grêle au mois de septembre et, enfin, la mouche.

Dans l'un des plus grands domaines oléicoles du Var, près d'Aups, Yann Fernandez tire le même constat. Dans les allées, certains oliviers sont dénués de fruits, d'autres "très peu chargés" en olives ou "ont fait moins de pousses". Une conséquence, notamment, de la chaleur précoce et prolongée.

Dans ce domaine de 38 hectares et 11.000 pieds d'oliviers, le château de Taurenne, la récolte a démarré fin octobre avec une semaine d'avance du fait de la maturité précoce des fruits. À trois semaines de la fin, "entre 15 et 20% du volume total de l'an dernier" seulement a été récolté et transformé, sur place, dans le moulin du domaine. Environ 10.000 litres, contre 25.000 habituellement.

"C'est triste, après une année d'efforts", regrette le responsable commercial. "On a fait tout ce qu'il fallait et on subit un aléa climatique. Tout s'effondre à quelques mètres de la ligne d'arrivée." Peu de solutions existent selon lui. L'été, l'irrigation est limitée par les restrictions d'usage de l'eau. Et "placer des voiles d'ombrage serait impossible vu la surface du domaine".

La qualité de la production devrait toutefois être sauvée. Yann Fernandez anticipe "un bon millésime", "avec des intensités, du fruité et de l'amertume".

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