Témoignage. "Nous sommes dévastés, notre chien déclaré contaminé par la rage, a été euthanasié sans examen" : le calvaire d'un couple

Publié le Mis à jour le Écrit par France Montagne

L’histoire pourrait relever d’une mauvaise série télévisée. Un arrêté de la mairie de Hyères dans le Var, du 9 janvier dernier, a déclaré Toki, le petit chien de la famille Bessière, contaminé par la rage et a ordonné son euthanasie. Seul problème : l’animal condamné n’a pas eu d’examen vétérinaire au préalable.

Toki est un petit bichon maltais de 20 mois. 30 cm au garrot. 6.5 kg d’amour. Une petite boule de poils blancs, pleine de la vigueur de sa jeunesse. Sa vie débute, choyée et paisible, au sein d’une jolie petite famille. Suite à un accident de santé de l’un de ses membres, Toki ne peut plus rester dans cette maison aimante.

À quelques kilomètres de lui, la famille Bessière. Elle traverse un deuil qui l’affecte durement. Pour mettre un peu de joie dans son foyer, elle décide d’adopter un chien.

Toki cherche des adoptants. Les Bessière cherchent à adopter. La rencontre se fait et c’est le coup de foudre en mai dernier.

17 décembre : la rencontre

Les jours et les mois s’écoulent dans l’enthousiasme. "Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes", jusqu’au 17 décembre 2023. 

Comme chaque soir, Philippe Bessière fait faire à Toki, "son petit pipi" du soir. Lors de cette promenade, au pied de la résidence de ses maîtres, Toki, en laisse, rencontre, Taika, un jeune border collie, également en laisse selon le propriétaire de Toki 

Les chiens étaient tenus en laisse et sont restés à distance, l'un de l’autre. Le mien voulait jouer. L’autre, visiblement peureux, n’en avait pas du tout envie. Notre chien n'a été ni mordu, ni léché, ni griffé par l’autre.

Philippe Bessière, maître du bichon maltais Toki

Décembre 2023 : un cas de chien enragé dans le Var

Selon "La Dépêche Vétérinaire", "la Direction générale de l'alimentation a informé l’ensemble des directions départementales de la protection des populations (DDPP) de la détection d'un cas de rage dans le Var, en date du 4 janvier dernier, sur un chien border collie, du nom de Taika, de 4 mois. L'animal est décédé le 29 décembre."
Une information qui semble plutôt circuler sur les réseaux sociaux que via les voies légales de l’administration française.

Ce que déplorent bon nombre de professionnels de la région Paca. La rage est une zoonose, c'est-à-dire une maladie animale transmissible à l'être humain (et inversement), causée par un virus du genre Lyssavirus.

5 janvier 2024 : première visite de la DDPP chez les Bessière

20 jours plus tard. Vendredi 5 janvier. Heure du déjeuner.

Toki, cette fois accompagné de sa maîtresse, rencontre à nouveau, toujours au pied de leur résidence, le maître de Taika, mais… sans son chien. 

"Le maître du border collie accoste mon épouse. Il lui dit qu’il m’a rencontré, un soir, à la mi-décembre, lors d’une promenade de nos chiens. Le propriétaire ajoute que son chien est malade. Une suspicion de parvovirose. Et il lui demande mon nom et notre numéro de téléphone. Mon épouse lui donne. Ma femme lui demande, alors, comment va son chien. Son interlocuteur lui annonce qu'il est mort. Fin de la discussion. Chacun repart de son côté."

Un agent de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Var est venu chez nous pour vérifier le carnet de santé de Toki

Philippe Bessière

Deux heures après cette rencontre, le téléphone des Bessière sonne. C’est madame qui décroche : "À l'appareil, la voix d’un monsieur tout à fait courtois. Il se présente comme étant agent de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Var et nous demande si Toki est vacciné contre la rage et s’il peut passer à notre domicile pour vérifier son carnet de santé. D’un seul coup, je suis inquiète. Je ne comprends pas pourquoi" ajoute la voix encore toute tremblante de Valérie Bessière.

Le rendez-vous est pris, pour le jour même à 16h.

C'est vers 17h30 que l'agent de ce service de l'Etat se présente à leur domicile. Toujours aussi courtois, selon les maîtres de Toki. Et là, quel n’est pas leur ahurissement lorsque ce dernier leur demande si ils ont croisé un chiot mi-décembre lors d’une promenade nocturne : "Une question bien bizarre, quand on sort un chien quatre fois par jour, tous les jours de l’année ! Des chiens, lors des promenades, on en croise, évidemment !" et d’ajouter : "le monsieur de la DDPP nous apprend alors qu’un cas de rage a été détecté dans notre département fin décembre. Et que selon le propriétaire du chien enragé, décédé de la maladie, nous les aurions croisés, lui et son jeune chien lors d’une promenade nocturne les 16 ou 17 décembre derniers".

Interloqués, les maîtres de Toki, qui selon ces derniers se porte "à merveille", racontent à l’agent de la DDPP, effectivement, la rencontre des deux chiens. 

"Il a fallu chercher dans notre mémoire et bien se souvenir quand même ! Mais en y repensant, oui ! Un jeune chien, un peu peureux. Toki voulait jouer. Pas l’autre. Il n'y a pas eu de contact. Notre chien n'a été ni mordu, ni léché, ni griffé par l’autre. Les chiens étaient tenus en laisse et sont restés à distance l'un de l’autre".

Et d’ajouter : "l’agent de la préfecture nous a alors indiqué qu’au vu de la situation de l’autre chien, Toki sera soumis à une visite mensuelle à la clinique La Pradétane au Pradet pour une durée de 12 mois. Qui plus est, il nous a demandé d'isoler Toki dans notre appartement et de lui éviter tout contact avec d'autres humains ou animaux durant cette période, et ce par principe de précaution. Évidemment, nous étions tout à fait d'accord avec lui !"

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais ce n’est pas le cas.

"Euthanasier notre chien de toute urgence"

 Débute alors une période cauchemardesque, selon la famille Bessière : 

12 janvier 2024 : "Dans la matinée, une employée de la DDPP, deux policiers municipaux et deux infirmiers du centre médico-psychologique de notre commune se sont présentés à notre domicile, sans que nous soyons prévenus au préalable. Là, la dame nous annonce qu’il a été décidé, par la voie de d'un arrêté municipal du 9 janvier, d’euthanasier notre chien de toute urgence au motif qu’il avait été contaminé par la rage".

Extrêmement choqués par cette annonce, les maîtres de Toki contestent immédiatement cette décision : "La dame de la DDPP ne voulait rien entendre. Nous lui avons redit, tout ce que nous avions dit à l'agent. Qu'il n'y avait eu aucun contact entre les deux chiens etc. Elle nous a même indiqué l’inutilité d'un recours, précisant qu’il ne serait pas suspensif et d’ajouter que l’euthanasie pourra être réalisée à notre domicile sans que celle-ci nous soit facturée. C’était surréaliste".

Le couple est K.O. Valérie Bessière exprime alors son intention de contacter immédiatement un avocat : "nous ne comprenions pas le revirement de position des services de la DDPP. C’était très brutal et radical au regard de la visite que nous avions eu le 5 janvier avec le premier agent. Lui prévoyait un protocole de surveillance pour une durée de 12 mois. Et, là, d’un seul coup, on nous dit qu’il faut euthanasier notre chien. Impossible ! Totalement incohérents ces deux discours, fondamentalement, opposés."

Samedi 13 janvier : Le lendemain matin, le samedi 13 janvier, selon le couple Bessière, l’employée de la DDPP se présente à nouveau à leur domicile. Mais cette fois-ci, accompagnée par deux policiers municipaux et deux agents de la fourrière portant une cage pour chien : "Par rapport à la veille, la dame de la DDPP s’est montrée bien plus insistante. Il fallait selon elle procéder au plus vite à l’euthanasie. Elle affirmait que Toki était contaminé et qu’il était de toute façon condamné à mourir. Elle refusait d’entendre que Toki n’avait eu strictement aucun contact physique avec Taika. Rien n’y faisait. Elle est repartie et nous avons eu très très peur pour Toki". Consciente que la situation devenait extrêmement complexe, au cours de la journée la famille Bessière décide de tenter un recours à l’encontre de l’arrêté municipal du 9 janvier.

En moins de 48h, pas moins d'une dizaine de personnes sont passées chez nous pour nous dire d'euthanasier notre chien.

Valérie Bessière

Lors de la matinée du dimanche 14 janvier, Vaérie et Philippe Bessière reçoivent un appel téléphonique.

Au bout du fil, l’employée de la DDPP : "C’était du harcèlement. Elle nous appelait pour nous redire qu'il fallait faire euthanasier notre chien et qu’aucun recours ne permettait de retarder l’exécution de cette intervention. À force d’insister et d’insister, nous étions totalement démunis. Perdus. Désemparés. Et, ne voyant pas d’issue, nous avons convenu, avec elle, du 17 février comme date butoir. Nous avions l’impression de devenir fous. Nous ne savions plus quoi faire, ni vers qui nous tourner. Désespérés, nous avons adressé par courriel cette après-midi-là une demande de recours gracieux à notre maire. Et vous savez quoi, nous attendons toujours sa réponse !"

En moins de 48 heures, et de façon inopinée, le domicile de Toki voit donc défiler pas moins de quatre policiers municipaux, deux policiers nationaux, deux employés de la fourrière avec une cage et deux infirmiers psychiatriques accompagnés, à chaque fois, de la même personne de la DDPP. 

Valérie Bessière se souvient : "J’avais mon chien dans les bras lors de la première visite. Je parlais aux personnes en face de moi, à moins de 40 cm de distance. Jamais, pas une seule fois, la personne de la DDPP ne m’a demandé d’isoler mon chien. C'est pourtant ce qu'avait, expressément, demandé le premier agent de la DDPP, je le cite "isoler Toki dans l'appartement et lui éviter tout contact avec d'autres humains ou animaux durant cette période, et ce par principe de précaution". 

Au total, Toki a été mis en relation avec plus de 10 personnes différentes et sans jamais aucune protection. Ni blouse, ni masque, ni gants. La préservation de la santé publique semble être à géométrie plus que variable, à moins qu’ils soient tous vaccinés contre la rage !

relate encore toute sidérée Madame Bessière.

L'incompréhension

La famille de Toki avoue la mort dans l'âme ne comprendre ni cet acharnement, ni paradoxalement le manque de communication avec eux des services de l’Etat : "Nous n’avons jamais été convoqués ou invités par la ville ou par la préfecture à faire examiner Toki. Aucun prélèvement biologique, ni aucun examen clinique n’ont été effectués pour relever une éventuelle blessure ou pour évaluer son comportement" s’emporte Valerie Bessière".

En désespoir de cause, le couple essaie par ses propres moyens de contacter des vétérinaires de la région entre le 13 et le 20 janvier. Leur seule volonté, qu’un professionnel examine leur chien. "Un vrai parcours du combattant pour avoir un rendez-vous chez un vétérinaire. Et nous avons compris quand une clinique nous a montré le mail de la DDPP qui interdisait à l'ensemble des vétérinaires du Var de recevoir dans leur cabinet notre bichon".

Aucun vétérinaire ne voulait nous recevoir. Heureusement, un a accepté

Valérie Bessière

Le mail que France 3 Côte d'Azur a consulté stipule : " Mesdames et Messieurs les vétérinaires, (...), Mr et Mme Bessière sont susceptibles de vous contacter pour vous demander une consultation pour leur animal à domicile ou en clinique. (...) Je vous remercie de ne pas donner suite à leur demande et de les renvoyer vers la DDPP et de nous en informer sur la boîte mail dédiée."

À la relecture de ce mail, Valérie Bessière ne peut s'empêcher ce commentaire : "C’est incroyable tout de même. Et, le plus hallucinant, nous n’en avons pas cru nos oreilles, certains vétos nous ont avoué qu’ils n’étaient même pas au courant qu'un cas de rage avait été déclaré dans le Var fin décembre (NDLR : le 5 janvier 2024, l'organisme de référence confirmait que le chien Taika, décédé, était bien contaminé de rage). Pour beaucoup, c'est nous qui le leur avons appris".

Un vétérinaire atteste que Toki ne présente aucun signe évocateur de la rage à plus de J+30 d’un éventuel contact avec Taika

Valérie Bessière

Le lundi 15 janvier, les Bessière arrivent, tout de même, à faire examiner leur animal par le Docteur T. Ce dernier atteste que Toki ne présente aucun signe évocateur de la rage à plus de J+30 d’un éventuel contact : "Cet examen a bien confirmé ce que nous disions depuis le début. Aucune griffure, ni morsure sur le corps de notre animal n'ont été constatées".

Un "référé-liberté", le référé dit d’extrême urgence

Le lendemain, le 16 janvier, la famille décide de ne pas se laisser faire. Par le biais de son avocat, elle formule une requête en "référé-liberté" auprès du tribunal administratif de Toulon à l’encontre de l’arrêté municipal du 9 janvier 2024 qui prononce l’euthanasie de Toki. "Nous avons un peu repris nos esprits. Cet arrêté est injustifié et disproportionné, alors que des solutions alternatives peuvent être prises dans l’intérêt de la santé publique", martèle le couple Bessière.

Le jeudi qui suit, le 17 janvier, ne pouvant se résigner à l’euthanasie de leur chien qui ne présente toujours, à J+31, aucune modification du comportement, la famille décide d’annuler le rendez-vous convenu avec la DDPP du Var durant lequel ils auraient dû faire euthanasier Toki à leur domicile.

Nous ne répondions plus au téléphone, plus à l’interphone. On savait qu’on avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Famille Bessière

À partir de ce moment, le couple Bessière entre en résistance.

Ils savent bien que la DDPP va revenir sonner à leur porte. Mais en attendant, ils profitent de chaque instant avec leur petit chien. 

Puis, le 7 février

Reclus à leur domicile, depuis plusieurs jours, Philippe et Valerie Bessière attendent. Toki aussi, mais lui ne sait pas quoi.

Il est 9h30, ce mercredi 7 février, quand la sonnette retentit. Le couple n’ouvre pas. Ils ont vu par la fenêtre les forces de l'ordre et l'agent de la DDPP.

La raison voudrait qu'ils ouvrent. Mais, ils ne peuvent s’y résoudre. Les coups de sonnette se font de plus en plus insistants. "Nous étions littéralement terrifiés. Nous avons vu par la fenêtre la personne de la DDPP accompagnée par deux agents de la Police nationale sur le parking. Nous les avons entendus monter. Nous les avons entendus sonner."

Les forces de l'ordre ont tambouriné à notre porte pendant au moins 30 minutes. Nous étions prostrés, traumatisés, avec Toki dans nos bras

Philippe Boissière

Et Philippe Bessière d’ajouter : "à un moment, par la fenêtre, j’ai vu la camionnette d'un serrurier.  Le monsieur avait du matériel pour ouvrir, par la force, la porte de notre appartement. Je me souviens parfaitement de l’éclat de la disqueuse. C'est à ce moment-là que j’ai compris qu'ils rentreraient coûte que coûte, par la force si nous n’ouvrions pas la porte. Au final, la mort dans l’âme, anéantis, nous avons donc dû mettre notre petit chien dans la cage de transport qu'ils avaient prévu pour l'emporter".

L'agent de la DDPP présente au couple deux nouveaux arrêtés. Cette fois-ci de la préfecture du Var en date du 5 février. Le premier ordonnant l’euthanasie pour remplacer l’arrêté du maire du 9 janvier.

Le second de la même date "portant déclaration d’infection d’un chien par la rage". Sur les deux arrêtés est mentionné que leurs destinataires disposent de 2 mois pour les contester...

Une lettre ouverte comme appel au secours

Jusqu’au 13 février dans la matinée, la famille Bessière n’a pas su où Toki avait été emmené, ni s’il était toujours en vie. Ils ne voulaient pas perdre espoir.

Ainsi, le 9 février, ils mettent en ligne une lettre ouverte racontant leur histoire. Le lendemain, ils créaient le lien d’une pétition, qui à ce jour a recueilli plus de 3 500 signatures.

Le petit chien est mort

C'est l'avocate de la famille Bessière qui reçoit, de la DDPP du Var, le certificat d'euthanasie de Toki. Et, c'est elle qui apprend officiellement à Valérie et Philippe que leur petit chien a été endormi le jour même où il leur a été enlevé par la DDPP, le 7 février.

Depuis, sur la toile, les commentaires de soutien et d'indignations sont pléthores.

Mort : mais pas de la rage ! 

Le 14 février, en début d’après-midi, le couple apprend par le laboratoire national de référence de la rage - ANSES, que Toki n’a pas la rage.

 "Depuis le début de cette histoire ahurissante, nous sommes sous sidération, y a pas d’autre mot.

Une personne de la DDPP met notre chien sous surveillance et un mois après on le tue, pour au final apprendre qu'il n'est pas porteur de la rage !" Philippe Bessière. 

Le chien Toki n'est pas porteur de la rage

Rapport du Laboratoire national de référence de la rage - Nancy

"C’est l’incompréhension totale. Notre chien n’a eu aucun contact physique avec le chien porteur de la rage. Personne ne nous a écoutés quand nous l’avons dit. Je conçois que nous soyons les propriétaires et que, par conséquent, nous défendions bec et ongles notre chien. Mais quand même, les autorités n’ont même pas fait passer une visite médicale à notre chien afin de l’examiner. Ces institutions ne se sont fondées que sur la parole du propriétaire du chien porteur du virus de la rage. Notre chien a été euthanasié. Il n’était pas porteur de la rage" regrette Valérie Bessière

"Nous n'en resterons pas là !"

Anéantis, mais combatifs, les maîtres veulent comprendre. Pourquoi la santé de la population semble tellement importante qu’aucune enquête épidémiologique n’a été réalisée pour évaluer le risque sanitaire généré par la "contamination" de Toki ? Pourquoi n'ont-ils pas été entendus par l'administration ? Pourquoi l'administration n'a-t-elle pas attendu, à huit jours près, la décision du conseil d'Etat avant d'euthanasier Toki ? Tant de questions sans réponse pour eux...

Le 16 février à 11h21 ils ont déposé une main courante au commissariat de police de Hyères.

La parole de l'administration

France 3 Côte d'Azur a contacté la DDPP et la préfecture du Var afin qu’ils expliquent la procédure. Elles renvoient vers le ministère de l’Agriculture, leur ministère de tutelle qui a fait cette réponse par mail : 

"Après enquête (DDPP et Agence régionale de santé ARS), il a été identifié qu'un contact avéré avait eu lieu au moment d'une promenade entre le chien contaminé (excréteur du virus de la rage au moment du contact) et le chien Toki.
Le chien Toki est donc un animal qui a été en contact d'un animal excréteur du virus de la rage et qualifié de "contaminé de rage" au sens du code rural (CRPM art. R223-23).

La réglementation prévoit l’euthanasie des cas contacts avérés - la seule dérogation possible étant si l'animal est valablement vacciné au moment du contact

ministère de l'Agriculture


"Ces dispositions et décisions reposent : 

  1.  Sur la gravité de la rage et l'issue irrémédiablement fatale chez l'Homme dès lors que les symptômes sont déclarés, 
  2.  Du temps d’incubation chez l'animal (et donc d'une phase silencieuse, sans clinique et sans possibilité de détection) qui peut être variable et parfois très longue (jusqu’à 6 mois).

Cette décision d'euthanasie a été notifiée par les services de l’État le 9 janvier au propriétaire. En l'absence d'acceptation de cette décision par ce dernier, et après délai de plusieurs semaines avant mise en application (qui pouvait mettre en danger les propriétaires et leur entourage) et après plusieurs échanges infructueux avec le propriétaire, les services de l’État ont décidé de faire appliquer cette décision d'office.

Pour mémoire la rage tue plus de 60 000 personnes par an dans le monde. La France et l'Union européenne ont réussi après beaucoup d'efforts à éradiquer la rage canine et la rage vulpine (du renard) après des années de campagne de vaccination. La plus grande vigilance s'impose dans la gestion de cette maladie animale transmissible à l'homme et mortelle."

Sur son site, le ministère rappelle que la France est indemne de rage, des cas sont régulièrement détectés chez des carnivores domestiques importés de pays où sévit la maladie. Il est interdit de ramener des chiens et des chats sur le territoire français excepté si l'animal est identifié et dispose d’un carnet de vaccination et d’un certificat sanitaire établi par les autorités sanitaires du pays. Le non-respect de ces prescriptions réglementaires fait l’objet d’amendes. 

En France, le dernier cas mortel remonte à 2019. Il s’agissait d’un cas de contamination en dehors du territoire français. 

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