Var : les nouvelles mesures de lutte contre les violences faites aux femmes

La préfecture du Var détaille les nouvelles mesures de lutte contre les violences faites aux femmes. Formations, colloques, débats et projections devraient permettre de mieux prendre en compte les violences au sens large dont sont victimes les femmes. L'ensemble des services de l'état est associé.

© Florence Petit - France Télévisions
En France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint ou ex-compagnon. Toutes les sept minutes, une autre subit un viol. Face à ce fléau, les autorités réagissent. Améliorer l'écoute des policiers, comprendre l'engrenage des violences au sein du couple, prendre en charge les femmes et souvent les enfants. Trouver de nouvelles solutions pour l'éloignement du conjoint violent, le logement d'urgence.

100ème féminicide


Car les drames continuent. Le 100ème  féminicide s'est déroulé sur la Côte d'Azur à Cagnes-sur-Mer le samedi 21 août. Une jeune femme de 21 ans est morte sous les coups de son compagnon. Des personnes ont déposé des fleurs blanches en hommage à cette nouvelle victime. Des images devenues presque banales. 
Les fleurs blanches déposées au lendemain de la 100ème victime de féminicide à Cagnes-sur-Mer le 2 septembre 2019.
Les fleurs blanches déposées au lendemain de la 100ème victime de féminicide à Cagnes-sur-Mer le 2 septembre 2019. © Chantal Fazi - FTV
 

Large démarche


Les différentes actions: formations, colloques, débats et projections devraient permettre de mieux prendre en compte les violences au sens large dont sont victimes les femmes. L'ensemble des services de l'état est associé à cette large démarche.

Numéro d'urgence


En avril dernier, une femme avait été abattue par son compagnon à Vidauban (Var). Ce mardi 3 septembre s'ouvre le Grenelle des violences faites aux femmes, une date qui n'a pas été choisie au hasard car elle correspond au numéro (peu connu du grand public) "Violences femmes info" : le 39 19. Un numéro d'urgence redonné par la secrétaire d'État  chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes sur son compte Twitter :  La préfecture du Var détaille le calendrier des différentes interventions : 

Focus sur le viol conjugal

Violence banalisée


Mettre tout le monde autour de la table, c'est le principe de ce Grenelle qui se déroule pendant deux mois. Et il y a urgence. Claudine Richard, présidente du CIDFF du Var observe les conséquences de ces violences depuis 37 ans. En 1982, elle a créé ce centre. Elle constate que la violence touche toutes les catégories sociales et s'est amplifiée et banalisée avec les années. Sur son compte Facebook, elle a partagé le triste décompte du 100ème féminicide :  

"Personne ne doit taper personne"


A cause, selon elle, des jeux vidéo, d'un manque de respect et de l'influence des réseaux sociaux qui peuvent provoaquer du "cyber-harcèlement". Comment améliorer la situation ? D'abord, "personne ne doit taper personne." Un principe de base oublié qui nécessite de sensibiliser le plus tôt possible : " Ça démarre avec l’éducation, il faut prévoir cette problématique dès la petite enfance, ça doit se faire dès la maternelle."

Des dizaines de gendarmes formés


En priorité, selon la présidente, il faut améliorer la formation du personnel d'accueil. L'association a déjà formé des dizaines de gendarmes et de militaires sur cinq sites différents. A chaque fois, le personnel est volontaire. Sur les sanctions infligées aux conjoints violents, Claudine Richard affirme : "Je serai draconienne sur les peines. Je constate souvent des peines trop courtes. Les collègues qui accompagnent les victimes au pénal se rendent compte que ça ne va pas jusqu’au bout."

"Chemise de nuit"


Sa priorité, c'est le maintien à domicile des victimes : "quand on voit partir des femmes en chemise de nuit avec leurs gamins à 6 heures du matin pour éviter les coups, c'est pas normal !" Elle poursuit : C'est le gars qui tape, c'est le gars qui s'en va !" Car rester dans le domicile familial, c'est primordial pour l'équilibre des enfants également. Claudine Richard se dit favorable au bracelet électronique pour le conjoint violent :"les mesures d'éloignement sont obligatoires. Cela a marché en Espagne, c'est la cause qu'il faut défendre".


Billets de train


Dans certains cas d'urgence vitale, l'association a payé des billets de train aux victimes pour qu'elles rejoignent leurs familles et se retrouvent en sécurité. Au-delà des mesures et des aides pour les centres d'accueil, elle plaide pour un changement de mentalité face à la banalisation de la violence. Pour continuer à fédérer autour de cette cause, le mouvement #noustoutes06 a été créé sur la Côte d'Azur et dans d'autres départements. Il appelle à participer à la grande manifestation parisienne le 24 novembre : 
  Dress code de la manifestation : la couleur mauve. 


 
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