Policier tué à Avignon: le tireur présumé interpellé, voici ce que l'on sait sur cette fin de cavale

Trois personnes soupçonnées d'être liées au meurtre du policier Eric Masson ont été arrêtées dimanche soir à un péage près d'Avignon. Parmi eux figure le tireur présumé, son complice et le chauffeur. Une quatrième personne a été interpellée lundi matin. 

Les deux suspects du meurtre du policier Eric Masson ont été arrêtés dimanche soir à une vingtaine de kilomètres d'Avignon, au péage de Remoulins (Gard).
Les deux suspects du meurtre du policier Eric Masson ont été arrêtés dimanche soir à une vingtaine de kilomètres d'Avignon, au péage de Remoulins (Gard). © FTV

"Il y a eu quatre interpellations hier", a indiqué Gérald Darmanin ce matin sur BFM, confirmant une information du syndicat Alliance Police. 

Le tireur présumé et son complice ont été arrêtés vers 22h30 sur l'autoroute A9, au péage de Remoulins. Les deux hommes, d'une vingtaine d'années,  identifiés et surveillés par les BRI (brigade de recherche et d'interpellation) de Montpellier et Marseille, cherchaient à se rendre en Espagne.  Le tireur présumé est connu par les forces de l'ordre pour trafic de stupéfiants, violences en réunion et port d'arme. 

Ce jeune garçon conteste formellement les faits et est évidemment prêt à répondre à toutes les questions qui lui seront posées pendant toute la garde à vue.

Louis-André Lemaire, avocat du principal suspect

L'avocat du principal suspect nie totalement les faits qui sont reprochés à son client. Et lorsqu'une journaliste interroge "quel est son alibi? ", l'avocat répond que le 5 mai, le jour où Eric Masson a été tué, son client était chez lui avec sa famille. 

Pendant la garde à vue, il est "abattu", détaille maître Lemaire et lors de son interpellation, dimanche soir, le principal suspect aurait cru à un "enlèvement", selon son avocat. 

Deux autres suspects 

Deux autres personnes ont également été interpellées dont le "convoyeur", un autre homme, chargé de les conduire en Espagne. 

Selon une source proche du dossier, une quatrième personne a été arrêtée ce lundi matin. Il s'agit de la soeur de l'un des interpellés.  Aucune arme n'a été retrouvée dans le véhicule, mais 3.000 euros d'argent en liquide ont été découverts. 

Les quatre individus ont été placés en garde à vue. Le parquet d'Avignon n'a pas souhaité faire de commentaire à ce stade.

Le tireur qui a atteint mortellement le brigadier de 36 ans dans le centre d'Avignon avait pris la fuite immédiatement avec son complice. Ils étaient depuis quatre jours activement recherchés. Selon les premiers élements de l'enquête, ils ont commencé par se cacher dans une cave, située place Coupo Santo à Avignon.  

Les deux hommes auraient bénéficié d'un soutien logistique pour organiser leur cavale.

80 enquêteurs mobilisés 

Cette interpellation, quatre jours après les faits s'est faite sans vidéosurveillance, selon David Reverdy et grâce à la participation active de la police scientifique. En tout 80 enquêteurs travaillaient à plein temps sur cette enquête.

 " Il y a eu beaucoup de travail, le bornage téléphonique, le renseignement pendant l'enquête, on a gardé  48h en garde à vue une personne qui s'apprêtait à acheter des stupéfiants aux suspects", raconte Bruno Baronetti, syndicat SGP Police Zone Sud.

Un travail d'enquête assidu donc, qui a permi une interpellation immédiate des suspects à bord de leur véhicule, sans résistance, au niveau du péage en direction de l'Espagne.

Cette interpellation est synonyme d'un très grand soulagement pour la profession : "Pour la famille, on se devait de trouver les suspects rapidement, c'était aussi une demande forte des policiers", a réagi le secrétaire nationale Alliance Police. 

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin a félicité via Twitter la police pour ces interpellations, estimant que "ce crime ne doit en aucun cas rester impuni". 

Jean Castex rencontre les syndicats de police

Dimanche en début d'après-midi, plusieurs milliers de personnes dont des policiers se sont rassemblées lors d'un hommage devant l'hôtel de police d'Avignon. La mort du brigadier, Eric Masson, âgé de 36 ans et père de deux enfants, provoque beaucoup d'émotion chez les policiers, plusieurs semaines après l'assassinat d'une fonctionnaire police dans les Yvelines.

Les policiers exigent des sanctions fortes de la part du gouvernement. Et ils pourront les réclamer ce soir car les syndicats de police rencontrent le premier ministre Jean Castex. Il discutera notamment avec eux des 10 millions d'euros promis pour renforcer la sécurité des commissariats. 

Mardi,  un hommage national sera rendu au brigadier Eric Masson à 15 heures à la préfecture de Vaucluse. La cérémonie sera présidée par le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sera présent.

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