Alors que les accidents et les plaintes se multiplient, les autorités s’organisent pour tenter d’encadrer l’utilisation des engins de déplacements personnels motorisés (EDPM) au premier rang desquels la trottinette électrique.

Elle est partout, même - et c’est bien le problème - là où elle est indésirable. La trottinette électrique déferle sur nos villes. Ecologique et pratique, ce nouveau mode de transport soulève cependant de nombreuses questions. La Loi d’orientation des mobilités (LOM), actuellement discutée à l’Assemblée et un décret, qui entrera en vigueur en septembre, devraient apporter des réponses réglementaires et répressives à l’anarchie dénoncée par beaucoup.

Les premières études sur l’accidentologie spécifique aux trottinettes le montrent : les accidents impliquant ces engins sont en très forte hausse. À l’hôpital Saint Joseph-Saint Luc de Lyon, où l’on a étudié le phénomène, les chiffres sont sans appel : entre janvier et avril 2019, les accidents ont augmenté de 115%. Traumatismes de la face, fractures aux membres…les blessures peuvent être sérieuses aussi bien pour les usagers que pour les piétons.

Des règles de sécurité renforcées

  • l’interdiction des trottinettes électriques aux moins de 8 ans et le port obligatoire du casque jusqu’à 12 ans
  • équipements de sécurité obligatoires tels que des freins, un éclairage à l’avant et à l’arrière, un dispositif rétro-réfléchissant et un avertisseur sonore
  • limitation de la vitesse maximale à 25km/h (certains engins peuvent aller jusqu’à 50 !)
  • interdiction de circuler sur les trottoirs, déjà en vigueur dans de nombreuses villes comme Lyon ou Paris
  • interdiction de rouler à deux


La  modification du Code de la route par décret à compter du mois de septembre s’accompagne d’une série de sanctions. En cas de non-respect des nouvelles règles, des amendes sont prévues.

Le barème des nouvelles sanctions

  • stationnement gênant : 35 euros
  • circulation sur les trottoirs : 135 euros
  • excès de vitesse liés au non-respect du bridage des engins : jusqu’à 1500 euros !
 
C’est l’objet de l’article 18 de la loi LOM. En France, plus d’une dizaine d’opérateurs se partagent le marché florissant de la trottinette électrique en libre-service (free floating). Rien qu’à Paris, le nombre de ces deux-roues est aujourd’hui de 15 000 et pourrait atteindre les 40 000 avant la fin de l’année. Une croissance exponentielle que les parlementaires souhaitent réglementer. Lors de son passage au Sénat, le texte de loi a été durci en la matière.

La régulation du free floating

  • mise en place envisagée d’une autorisation préalable avant de se lancer dans une ville
  • une durée d’exploitation limitée
  • acquittement d’une redevance par trottinette (déjà en vigueur à Paris qui demande 50 à 65 euros par véhicule et envisagée à Lyon)