publicité

RSA contre bénévolat : le président de la région Paca Christian Estrosi approuve

Le président "Les Républicains" de PACA, Christian Estrosi a approuvé ce dimanche sur France 3 Côte d'Azur l'initiative du Conseil départemental du Haut Rhin qui conditionne le versement du RSA à 7h de travail bénévole. Il estime qu'il "faudrait que cette mesure devienne obligatoire partout". 

  • Par Caroline Moreau
  • Publié le 05/02/2016 | 17:28, mis à jour le 07/02/2016 | 17:28
© Maxppp

© Maxppp

"Pour le RSA ou pour tous ceux qui touchent une allocation chômage en général, je suis pour ces 7 heures par semaine", a déclaré M. Estrosi
sur France 3 Côte d'Azur. "Je considère que dès lors que la collectivité, que l'Etat, que le contribuable vous permet, à un moment de votre vie où vous êtes sur le bord du chemin, de toucher un revenu, vous devez rendre à la société tant que vous n'êtes pas réinséré dans l'emploi. Ca vous permet en même temps de garder un lien, de garder une dignité et de rester au coeur de l'activité de notre pays".


Cette mesure a été votée en assemblée plénière à Colmar ce vendredi 5 février : Dans le Haut-Rhin le versement du RSA est désormais conditionné à 7 heures hebdomadaires de bénévolat. 

Pour financer le versement de l’allocation, le Conseil départemental du Haut-Rhin va devoir mobiliser près de 100 millions d'euros en 2016. La Collectivité consacrera également 10 millions d'euros supplémentaires à la politique d’insertion, à travers notamment le financement d’emplois aidés et de mesures d’accompagnement.
Dnas un communiqué, le conseil départemental du Haut-Rhin justifie cette décision de conditionner le versement du Revenu de Solidarité Active par le fait que les politiques menées ne peuvent aujourd’hui suffire face à la réalité des enjeux économiques mais aussi sociaux. Le nombre d’allocataires ne cesse de croître et le rSa est injustement perçu comme une forme d’assistanat par nos concitoyens. C’est pourquoi, au titre de la libre administration des collectivités locales, le Conseil départemental du Haut-Rhin "entend prendre ses responsabilités, dans le champ qui lui incombe, celui de l’accompagnement des bénéficiaires du rSa".
Le dispositif voté ce 5 février par l’Assemblée départementale propose ainsi de conditionner le versement du rSa à 7 heures de bénévolat au service d’associations, de collectivités locales, de maisons de retraite, d’établissements publics.

"Replacer les bénéficaires du RSA dans l'action et le changement"

Pour Eric Straumann, Président du conseil départemental et député, « à travers cette démarche volontariste et collective, qui mobilisera le tissu associatif et les collectivités locales, le Conseil départemental du Haut-Rhin veut replacer les bénéficiaires du rSa dans l’action et le changement. Il s’agit d'initier un cercle vertueux et de faire passer les allocataires du statut d’usager à celui de bénévole actif et reconnu. »

Un comité de pilotage sera chargé de définir le périmètre opérationnel et les conditions de mise en oeuvre du nouveau dispositif. Il sera composé d’élus et pourra s’ouvrir à des représentants du monde associatif et des collectivités locales.

Une plateforme des offres de bénévolat sera créée, gérée par le Département, afin de faciliter la démarche pour l’ensemble des parties (suivi des offres et bonne répartition territoriale, bénévolat de « proximité », mesure de l’évolution du dispositif).


Le communiqué ATD Quart Monde publié samedi matin en réaction à la décision du Conseil départemental du Haut-Rhin

RSA contre bénévolat dans le Haut Rhin : monnayer la solidarité nationale ? Inacceptable !

Ce vendredi 5 février, le département du Haut Rhin vient de voter une mesure conditionnant le versement du Revenu de Solidarité Active (RSA) à la réalisation par ses allocataires de 7 heures hebdomadaires de bénévolat.

ATD Quart Monde s'insurge contre cette proposition inhumaine et irréaliste.

Solidarité de la nation ou stigmatisation des allocataires ?

Le RSA est en effet synonyme de solidarité, celle de la Nation envers ceux qui connaissent de grandes précarités. Cette solidarité leur permet aujourd'hui à peine de survivre : comment se loger et se nourrir décemment avec 500 euros par mois ? Elle est souvent vécue comme une honte, nombreux sont ceux qui préfèrent ne pas recourir à ces allocations par peur du regard des autres (50% de non recours aux RSA en moyenne selon l'ODENORE en 2012). Comment pourrait-on conditionner le versement de cette allocation insuffisante à un travail bénévole ? Comment peut-on imaginer inverser le sens de la solidarité ? De plus 28 heures par mois, c'est totalement irréaliste sur le plan logistique pour les organisations qui devraient accueillir ces travailleurs bénévoles. Va-t-on demander la même chose à tous les chômeurs ou cherche-t-on à culpabiliser les personnes qui vivent des minimas sociaux ?

Le bénévolat tient de la vie privée.

ATD Quart Monde ne fonctionne que sur l'engagement de ses bénévoles et de ses volontaires permanents. C'est donc une notion essentielle pour nous. Cependant, nous tenons à souligner que l'engagement est de l'ordre de la vie privée. On ne peut et ne doit contraindre personne à s'engager. Personne ne doit avoir à rendre des comptes à qui que ce soit de son activité bénévole. Nombreuses sont les personnes au RSA qui agissent bénévolement à ATD Quart Monde ou dans d'autres associations, mais cela ne peut pas devenir une contrainte.
Ce que les gens veulent c'est travailler.

La majeure partie des personnes en situation de pauvreté que nous rencontrons veulent être utiles et surtout pouvoir vivre de leur travail. Plutôt que de proposer une activité qui ne sera pas rémunérée et empêche pendant ce temps les personnes de chercher du travail, nous invitons le département du Haut Rhin à s'intéresser à notre projet d'expérimentation Territoires Zéro chômeur de longue durée. Celui-ci vise à rediriger le coûts du chômage de longue durée vers la création d'emplois au SMIC au minimum, et en CDI.

les + lus
les + partagés