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Le 21 février 1916, au petit matin, un déluge de feu et de fer craché par un millier de pièces allemandes s'abat sur Verdun (Meuse) et ses alentours.

C'est le début d'un enfer de 300 jours qui fera plus de 300.000 morts et disparus, presque autant dans chaque camp. Pour les français, Verdun deviendra le symbole de la Grande Guerre.

Une bataille à l'interêt stratégique limité car, sur la rive droite de la Meuse, chaque camp retrouvera en décembre 1916 ses positions de février. 

"L'artillerie conquiert et l'infanterie occupe"

Pour les Allemands, Verdun est un "saillant" enfoncé dans leurs lignes. Leur commandant en chef, Erich Von Falkenhayn, veut donc ouvrir ce dernier verrou vers Paris. Sa méthode ? "L'artillerie conquiert et l'infanterie occupe".

L'état-major français observe ces mouvements mais considère l'endroit, boueux en hiver, avec trop de dénivelés, comme peu favorable à une attaque d'envergure.

Et pourtant...

 

300.000 morts et disparus en 300 jours

La bataille de Verdun a été une véritable boucherie pour ses protagonistes :
  • 163.000 tués ou disparus et plus de 215.000 blessés côté français
  • 143.000 morts et 196.000 blessés côté allemand.
Dans cette guerre de position, les états-majors ont mobilisé plus de 1,1 million de soldats français et 1,2 million d'allemands.

Les Français ont bénéficié d'un assez efficace système de relèves et de rotations (quatre jours sur le front, deux jours de "respiration" en arrière), les rendant plus aptes au combat. Et au final environ 70% de l'armée française - dont d'importantes forces coloniales (tirailleurs algériens, marocains, somalis etc.) - a participé à Verdun.

En revanche, ce sont quasiment les mêmes soldats allemands qui combattirent pendant les dix mois de la bataille.
Verdun : le symbole de la Grande Guerre

Le 21 février 1916, au petit matin, un déluge de feu et de fer s'abat sur Verdun (Meuse) et ses alentours. C'est le début d'un enfer de 300 jours qui fera plus de 300.000 morts et disparus, presque autant dans chaque camp.  -  France 3 Lorraine  - 

 

Mémoire et stigmates

 

Cent ans après

2016 marque le centenaire de la bataille à travers une année de commémoration dont le point d'orgue est la cérémonie franco-allemande en présence du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel le 29 mai 2016.

Mais dès le début du conflit et sans cesse depuis, les hommes n'ont cessé de témoigner. Tandis que pendant les combats l'arrière s'est nourri des journaux censurés comme le Crapouillot ou Le Miroir et des rares images des services cinématographiques des armées, les soldats eux-mêmes, tels Roland Dorgelès ou Maurice Genevoix ont commencé à témoigner.

Puis n'ont cessé de le faire, pour dénoncer ces combats dantesques et deshumanisés.

Désormais ce sont des passionnés qui veulent à la fois comprendre et péréniser le souvenir de ces sanglants affrontements.

Chasseurs de mémoire

Des passionnés arpentent les vestiges de la Grande Guerre afin de perpétuer et transmettre le devoir de mémoire.  -  France Télévisions

 

Le colonel Driant

Depuis la fin du conflit, la mémoire de certains des soldats de la Bataille de Verdun se perpétue sans relâche. A l'image de la figure du lieutenant-colonel Emile Driant, dit "Colonel Driant", tué au combat le deuxième jour des combats.

Emile Driant est né à Neufchâtel-sur-Aisne le 11 septembre 1855. Officier de carrière, ce gendre du général Boulanger, ancien ministre de la Guerre, quitte l'armée le 31 décembre 1905. Il a alors 50 ans et embrasse une carrière politique.

En 1910, il est élu aux élections législatives dans la troisième circonscription de Nancy, sous l’étiquette de l’Action libérale, avant d'être réélu quatre ans plus tard.
Pour ce proche de Paul Déroulède et de Maurice Barrès, les questions militaires sont un domaine de prédilection. Membre de la commission de l’Armée, il intervient fréquemment dans les débats parlementaires sur les questions portant sur l’armée et la défense.

Il est aussi connu en tant qu'auteur de romans d'anticipation sous le pseudonyme Capitaine Danrit, l'anagramme de son nom.

Emile Driant reprend du service lors de la Première Guerre mondiale. Il tombe au champ d’honneur à Beaumont-en-Verdunois lors des combats du bois des Caures le 22 février 1916, alors qu'il mène les premiers combats de la bataille de Verdun à la tête des 56e et 59e bataillons de chasseurs.

Un Musée a été ouvert en 2008 dans sa ville natale de Neufchâtel-sur-Aisne, consacré à sa mémoire.
Une mémoire également perpétuée dans la Meuse : un monument a été élevée là où il est tombé au combat au coeur du Bois des Caures (voir carte ci-dessus).
Autre lieu : le village de Vacherauville, au nord de Verdun, où il était cantonné. Son souvenir y est entretenu, de l'église à la rue principale, sans oublier le cimetière.

Vacherauville et le colonel Driant

Vacherauville, 161 habitants, une commune associée à tout jamais au nom d'Emile Driant. Le lieutenant-colonel était cantonné dans ce village meusien avec ses Chasseurs qui ont essuyé le début de l'attaque sur Verdun il y a cent ans. Sont interwievés Jean-Christophe Vélain, maire de Vacherauville et Pierrette Gaillard, la 1ère adjointe chargée du patrimoine. Un reportage de Laurent Parisot et Eric Molodtzoff.  -  France 3 Lorraine  -