Mort de Rémi Fraisse : le gendarme qui a lancé la grenade convoqué chez les juges vendredi à Toulouse

Le militaire, à l'origine de la mort du jeune homme touché par une grenade offensive, pourrait être mis en examen ou placé sous le statut de témoin assité. 

  • AFP
  • Publié le
Premiers affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants, samedi 25 octobre, sur le site du projet du barrage de Sivens. © Groupe Groix / Youtube

© Groupe Groix / Youtube Premiers affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants, samedi 25 octobre, sur le site du projet du barrage de Sivens.

Le gendarme auteur du tir de grenade qui avait tué l'écologiste Rémi Fraisse, le 26 octobre 2014 sur le site du barrage de Sivens (Tarn), est convoqué vendredi par les juges d'instruction à Toulouse, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

Le maréchal des logis chef J. doit être entendu dans le cadre de l'information judiciaire ouverte par le parquet de Toulouse pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". L'enquête, ouverte contre X, vise des "faits commis par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions".

Le militaire avait déjà été entendu mi-janvier 2015 sous le régime de la garde à vue dans la région parisienne par les enquêteurs de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Le gendarme n'avait cependant pas été déféré. L'IGGN l'avait blanchi, estimant dans son rapport que les avertissements préalables au lancer de grenade avaient été effectués.

Selon l'Inspection, le lanceur avait "démontré sa volonté d'éviter de blesser un manifestant en prenant la précaution d'utiliser une paire de jumelles pour vérifier si personne ne se trouvait dans la zone".

La mort de Rémi Fraisse, tué lors d'affrontements à Sivens entre forces de l'ordre et opposants, avait provoqué une onde de choc dans tout le pays, entraînant la suspension du chantier de la retenue d'eau contesté. Le site avait été occupé pendant plus d'un an par de nombreux zadistes opposés à la construction, avant d'être évacué par les forces de l'ordre en mars 2015. Le chantier a depuis été abandonné au profit d'un autre projet, similaire mais plus modeste, auquel les ex-zadistes restent opposés.
les + lus
les + partagés