Irrigation : 19 réserves de substitution en projet en Poitou-Charentes

La réserve d'eau de Salles dans les Deux-Sèvres / © Anne-Marie Baillargé
La réserve d'eau de Salles dans les Deux-Sèvres / © Anne-Marie Baillargé

A Amuré, une commune deux-sèvrienne du Marais Poitevin, une réserve de substitution pour l'irrigation de 900.000 m3 est en cours de création. Elle fait partie des 19 réserves en projet en Poitou-Charentes et suscite la défiance des défenseurs de l'environnement et de certainsélus.

Par Christine Hinckel

La réserve de substitution d'Amuré sera la plus importante de celles qui seront construites en Poitou-Charentes. 900 000 m3 représente l'équivalent de 300 piscines olympiques. Les 19 réserves qui devraient voir le jour dans une région allant de la Baie de l'Aiguillon à la Vienne devraient permettre de stocker 8 millions de m3 d'eau destinés à l'irrigation.

Le principe de ces réserves est simple, l'eau est stockée dans ces immenses réservoirs pendant l'hiver pour être utilisée pour les arrosages agricoles en été. Pour les irrigants, ce système leur permettrait d'assurer pour de nombreuses années la survie de leurs installations. Pour les opposants à la multiplication de ces réserves, il ne s'agit pas de remettre en cause les agriculteurs mais le modèle agricole actuel de l'irrigation intensive très consommateur d'une eau qui tend à se raréfier et dont la qualité ne fait que se détériorer.



Irrigation : les réserves de substitution
Reportage d'Anne-Marie Baillargé, Luc Barré, Philippe Ritaine et Hélène Delafond

"On a besoin d'une irrigation du 21ème siècle"

Une analyse partagée par Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et ancienne ministre de l'Ecologie, qui demande que le projet d'Amuré soit "suspendu jusqu'à la fin de l'année, le temps de réfléchir à un projet de territoire global".
Elle souhaite que ces projets de création de réserves de substitution qui bénéficient de financement public fasse l'objet d'une réflexion plus globale sur le choix du modèle agricole et environnemental que l'on souhaite pour le futur. A la tête du ministère de l'Ecologie, elle avait d'ailleurs institué un moratoire sur les bassines de substitution qui a ensuite ét élevé par son successeur. "A partir du moment où l'on met de l'argent public. Il faut se demander si cette ressource en eau va être partagée par tous ceux qui en ont besoin" s'interroge Delphine Batho. "L'eau est un bien commun, un plus grand nombre d'agricukteurs va avoir besoin d'accéder à l'irrigation ce qui veut dire qu'on a besoin d'une irrigation du 21ème siècle, de moderniser les techniques, de replanter des haies, de valoriser des pratiques agricoles qui retiennent l'eau dans les sols et d'améliorer la qualité de l'eau" ajoute la députée des Deux-Sèvres.

Philippe Mouiller et Jean-Marie Morisset, sénateurs Les Républicains des Deux-Sèvres, eux se prononcent en faveur du projet de création de ces 19 réserves destinées à  l'agriculture dans le département. Le projet offre un " filet de protection pour une agriculture raisonnée " et permet un "juste équilibre agro-environnemental", ont confié les deux élus à nos confrères de La Nouvelle-République.

Pour retrouver l'interview de Delphine Batho à France 3 Poitou-Charentes : le 19/20 Poitou-Charentes

 

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