2000 éleveurs, dont des Aveyronnais, manifestent à Lyon contre le loup

Les éleveurs ont lâché leurs brebis place Bellecour à Lyon. / © Jean-Philippe Ksiazek, AFP
Les éleveurs ont lâché leurs brebis place Bellecour à Lyon. / © Jean-Philippe Ksiazek, AFP

2000 éleveurs, dont de nombreux Aveyronnais se rendent à Lyon, ce lundi, pour une manifestation nationale de défense du pastoralisme. Leur colère monte face aux attaques de loups qui se multiplient dans le département. Ils rejoignent le cortège qui a prévu de défiler dans le centre-ville de Lyon.

Par DG et AFP

Environ 2000 éleveurs, parmi lesquels de nombreux aveyronnais sont attendus à Lyon pour une grande manifestation nationale. L'appel est lancé par la FNSEA, la FNO et les Jeunes Agriculteurs pour faire entendre le refus total du plan loup 2018-2023 proposé par le gouvernement. 

Partis tôt ce matin, les éleveurs de l'Aveyron devrait arriver ce lundi matin à la Préfecture du Rhône. L'action s'annonce spectaculaire puisque le cortège des manifestants et de leurs brebis doit partir à 13h30 de la place Bellecour, en plein centre-ville de Lyon. 

La manifestation fait suite à une rupture de dialogue entre manifestants et gouvernement. Le 12 septembre dernier à Lyon, la FNSEA, la FNO et Jeunes Agriculteurs claquaient la porte suite à la présentation qu'ils jugeaient inacceptable du nouveau plan loup 2018-2023 par le ministère de la Transition écologique et solidaire et celui de l’Agriculture et de l’Alimentation.

En Aveyron, 50 attaques depuis le début de l'année


Parmi les manifestants, Nicolas Fabre, un éleveur de 38 ans installé à Cornus, en Aveyron. "Quand un jour tu découvres le cadavre d'une de tes brebis, égorgée par un loup, c'est horrible." "Début mai, j'ai perdu deux brebis", raconte l'éleveur de 38 ans dont le troupeau de plus de 500 bêtes a été attaqué à deux reprises ces derniers mois. Quand il les a découvertes, "l'une était morte, et l'autre, blessée, la cage thoracique ouverte et éviscérée. C'est moi qui l'ai euthanasiée", dit-il. La deuxième attaque s'est produite mi-juillet et là encore il a dû euthanasier l'animal dont "il manquait un morceau de gigot".

Selon la Direction départementale des territoires, 50 attaques présumées de loups ont déjà été répertoriées en 2017, contre 16 en 2016. Le nombre d'animaux tués ou blessés cette année s'élève à 163, contre 91 en 2016. "L'Aveyron, c'est 800.000 brebis", dit François Giacobbi, éleveur et chargé de ce dossier pour la Chambre d'agriculture du département. "C'est un vrai garde-manger pour le loup", espèce protégée en Europe et dont la présence en France est ardemment défendue par des organisations de protection de l'environnement.


Objectif "zéro attaque"


Rien ne protège de leurs attaques, ni les clôtures, ni les filets, ni les chiens de protection, selon les éleveurs. Impossible aussi de surveiller des troupeaux de plusieurs centaines de bêtes pâturant sur des dizaines d'hectares accidentés du Larzac et couverts de chênes, de buis et de genévriers. 
Pour la Fédération nationale ovine comme pour la FDSEA de l'Aveyron, la solution passe par un objectif "zéro attaque". Le ministre de l'Agriculture,
Stéphane Travert, l'avait lui-même avancé lors d'un déplacement dans l'Aveyron, le mois dernier, sans préciser comment l'atteindre.

La Fédération ovine estime, de son côté, qu'"il faut pouvoir tirer sur le loup quand il attaque le troupeau", dit sa présidente, Michèle Boudoin. Et cela en dehors de tout quota d'abattages fixé à 40 jusqu'à fin juin 2018. "Il faut que le loup ait peur de l'homme", argue Mme Boudoin, pour qui les attaques mettent "en danger la ruralité dans plus de 33 départements". "Il faut qu'il apprenne que lorsqu'il s'approche d'un troupeau, il est en danger de mort", renchérit François Giaccobi.
Et Michèle Boudoin de souhaiter un nouveau plan national du loup qui "remette en son coeur l'élevage et les éleveurs". La précédente version du plan présentée en septembre avait conduit les associations d'éleveurs à claquer la porte de la réunion.

En juin dernier, le maire de Cornus, un village aveyronnais, avait pris un arrêté pour dénoncer la présence du loup et prévenir du danger ses administrés en leur déconseillant les promenades ou randonnées.

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