Dans le Lot, une maison prise d'assaut par le papillon de la pyrale du buis

La maison de Florence Racine, dans le Lot, est prise d'assaut par les papillons de la pyrale du buis. Un cas courant selon un spécialiste. / © Youshaa Hassenjee / France 3
La maison de Florence Racine, dans le Lot, est prise d'assaut par les papillons de la pyrale du buis. Un cas courant selon un spécialiste. / © Youshaa Hassenjee / France 3

La pyrale du buis fait des ravages dans plus de cinquante départements en France. La chenille s'attaque au buis allant jusqu'à le tuer. Ses papillons, eux, peuvent vite devenir embarrassants. Dans le Lot, une habitante doit faire face à des centaines de papillons envahissants.

Par Aubin Laratte

Alfred Hitchcock l'aurait appelé "Les Papillons". La pyrale du buis fait un ravage dans plus de cinquante départements en France, s'attaquant aux plants de buis jusqu'à provoquer leur mort. Le sud n'est pas épargné. Si seule la chenille est nocive, le papillon peut vite devenir embarrassant. Florence Racine habite à Castelnau-Montrartier dans le Lot. Sa maison est prise d'assaut par les papillons qui s'y regroupent par milliers.

"La pyrale du buis est arrivée d'Asie en France, d'abord en Alsace, à partir de 2008", explique à France 3 Christian Marchand, expert de la lutte contre la pyrale du buis. Aujourd'hui, tous les pays d'Europe sont concernés, "un peu moins les régions froides".

Une propagation rapide qui s'explique par le cycle de reproduction de l'insecte : il se renouvelle trois voire quatre fois chaque fois, chaque femelle papillon pond entre 500 et 800 oeufs (donnant naissance à autant de chenilles) et le papillon peut parcourir plusieurs centaines de mètres par jour. "Actuellement, il y en a beaucoup car il y a trois générations en même temps, précise Christian Marchand. Ça se calmera à partir d'octobre, mais les dernières chenilles se réfugieront tout l'hiver, feront un cocon, et en sortiront au début de l'été prochain."

La pyrale du buis a une espérance de vie de cinquante jours, dont cinq semaines en chenille et une semaine en papillon. / © Youshaa Hassenjee / France 3
La pyrale du buis a une espérance de vie de cinquante jours, dont cinq semaines en chenille et une semaine en papillon. / © Youshaa Hassenjee / France 3

Si le papillon est tant critiqué, c'est parce qu'avant de devenir un papillon d'une espérance de vie d'une semaine, il est une féroce chenille pendant près de cinq semaines. "Sa chenille se nourrit des parties tendres du buis, explique Christian Marchand. Ensuite, le buis devient sec." "La plante est solide et peut survivre à quelques attaques, mais lorsqu'il y a beaucoup de chenilles, elles s'attaquent à l'écorce, et là, c'est la mort du plant", précise le spécialiste. On peut désormais retrouver des chenilles dans des plantes autre que du buis, mais c'est a priori sans danger pour ces plantes.

Dans des régions où il fait très chaud, cela est un risque de plus pour la propagation d'incendies. Deux solutions s'offrent aux propriétaires de buis : tout retirer ou traiter (comme c'est le cas à Disneyland, par exemple, où le buis est en parfait état). 

Chenille, la pyrale du buis s'attaque au buis. Elle peut aller jusqu'à le tuer. / © Laurent Thevenot / MaxPPP
Chenille, la pyrale du buis s'attaque au buis. Elle peut aller jusqu'à le tuer. / © Laurent Thevenot / MaxPPP

Florence Racine doit faire face à des milliers de papillons. Pas étonnant pour Christian Marchand. "C'est même courant, précise-t-il. Tous les jours j'ai des appels de personnes qui me téléphonent et qui me disent qu'ils doivent faire attention quand ils ouvrent la bouche, des restaurants en terrasse et des campings en souffrent." L'été dernier, une de ses connaissances avait capturé 17 000 papillons en une nuit ! Le papillon, lui, n'est pas dangereux, ni pour le buis ni pour toute autre espèce : "Il se nourrit seulement de nectar", explique l'expert.

Sur Facebook, Florence Racine a lancé un "appel aux scientifiques" pour l'aider à se débarrasser de ces centaines de papillons. "Nous menons la lutte dans notre coin avec les phéromones, les micro-guêpes, les aspersions de bacillus thurigiencis, installations de grille mouches, lance flamme, nous les aspirons la nuit et au petit matin", écrit-elle. "Contre la chenille, la guêpe est une solution, explique Christian Marchand. Elle la dévore. Pour les papillons, ce sont les oiseaux et les chauve-souris qui s'y attaquent."

Découvrez le reportage de Youshaa Hassenjee et Eric Marlot : 

Dans le Lot, une maison prise d'assaut par le papillon de la pyrale du buis

 

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