Sécheresse : un village d’Auvergne obligé de pomper l'eau du lac pour approvisionner ses habitants

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Écrit par Catherine Lopes .

Depuis la sécheresse, le village du Bouchet-Saint-Nicolas en Haute-Loire manque cruellement d'eau, et ce, en dépit de quatre forages restés infructueux. Vendredi 25 novembre, l'eau potable pourrait à nouveau couler au robinet. La mairie a obtenu l'autorisation de pomper l'eau du lac.

Au Bouchet-Saint-Nicolas, petit commune de Haute-Loire de 350 âmes, la question de l’eau est dans toutes les têtes. A cause de la sécheresse, depuis le mois de juin, la commune n’a plus d’eau potable et doit se ravitailler grâce à des camions-citernes. Une bonne nouvelle vient de soulager en partie Josette Arnaud, maire (SE) du Bouchet-Saint-Nicolas. Elle raconte : « Mercredi 23 novembre, on a eu le feu vert pour le branchement au lac du Bouchet. On a eu l’accord du Conseil départemental et de la préfecture. Cela signifie qu’on va prendre de l’eau au lac, la traiter en sortie et la renvoyer vers le château d’eau. C’est un soulagement mais il est temporaire. On a juste une autorisation pour six mois ». Le raccordement au lac pourrait être rapide : « On va peut-être être raccordés au lac ce soir ou lundi. Cela dépend des travaux. Il faut installer une pompe, une crépine dans le lac. Il faut mettre en place une unité de traitement pour traiter l’eau puis la renvoyer dans un réseau ». 

Des forages infructueux

Le balai des camions-citernes va ainsi s’interrompre pour six mois. Josette Arnaud rappelle : « Les camions-citernes ravitaillent la commune en eau potable depuis juin dernier. C’est une situation très préoccupante. Côté budget, un camion nous coûte environ 120 euros à chaque fois. On est à 30 camions par semaine, voire plus. Fin octobre, cela représentait un budget de 60 000 euros ». Pour la maire de la commune, il y avait urgence à agir : « On arrive en hiver. Encore aujourd’hui, il doit y a avoir du transport d’eau. Je ne suis pas sûre que les camions y arrivent car il a plu ce matin. Cela abîme les chemins et après le camion ne passe plus. On se retrouve alors sans une goutte d’eau ». Pendant ces six mois de répit, la commune du Bouchet-Saint-Nicolas va devoir trouver une solution pérenne. En effet, les quatre forages menés ont été un échec. La maire du Bouchet-Saint-Nicolas explique : « On a fait quatre forages mais cela n’a rien donné. Il y aurait peut-être la solution d’une interconnexion, ou une autre recherche en forage. On ne sait pas ce qu’on va faire. On se laisse une quinzaine de jours de réflexion ».

Des habitants inquiets

Fabien Rochedy est conseiller municipal. Lui aussi est très préoccupé par la pénurie d’eau : « Je suis restaurateur au village. J’ai des chambres d’hôtes sur le chemin de Stevenson. Si on n’a plus d’eau au robinet, cela va être compliqué pour recevoir les gens. Jusqu’à présent on a toujours eu de l’eau grâce aux camions. Avec l’hiver qui arrive, savoir qu’on va avoir de l’eau en permanence est quelque chose qui nous tranquillise ». Il tient à rassurer les habitants qui pourraient nourrir quelques inquiétudes après le raccordement au lac : « Certains ont peur qu’on ne vide le lac. Mais ce ne va pas être le cas. Des études ont été faites au niveau du département. Tout est cadré et réfléchi. Les gens ont aussi peur que l’eau ne soit pas potable. On sait très bien que l’on ne va pas distribuer une eau qui ne serait pas potable ». Dans la commune, une nouvelle association vient de voir le jour, baptisée « SOS Eau du Bouchet-Saint-Nicolas ». Fabien Rochedy souligne : « On a créé cette association pour venir en aide à la mairie. Des personnes peuvent faire un don si elles le souhaitent. On sait que les camions représentent un coût énorme. En tant qu’habitants, on veut aider notre commune ». Une cagnotte en ligne vient même d'être lancée. La maire de la commune compte beaucoup sur cette cagnotte solidaire qui viendrait soulager une commune bien éprouvée ces derniers mois.

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