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Burkini à Grenoble : Eric Piolle refuse à nouveau de trancher et s'inquiète d'une “cacophonie gouvernementale”

Le maire de Grenoble estime que l'Etat doit prendre position dans l'affaire du burkini. / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Le maire de Grenoble estime que l'Etat doit prendre position dans l'affaire du burkini. / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Interpellé par une élue d'opposition lors du conseil municipal lundi 8 juillet, le maire de Grenoble Eric Piolle a de nouveau estimé qu'il revenait à l'Etat de légiférer sur le burkini. L'édile s'est inquiété d'une "cacophonie gouvernementale" depuis le début de la polémique en juin.

Par @F3Alpes

L'opération burkini s'est invitée au menu des débats du conseil municipal de Grenoble, lundi 8 juillet. La conseillère municipale d'opposition Mireille d'Ornano (Rassemblement des patriotes) a interpellé le maire au sujet de cette "action de désobéissance civile", dénonçant une "provocation à l'encontre des règles habituelles en usage dans les piscines". Le 26 juin, une dizaine de nageuses vêtues de burkinis s'étaient introduites dans la piscine Jean-Bron, déclenchant une polémique qui a faire réagir de nombreux élus.

"Ces opérations que les médias appellent « opérations coup de poing » constituent de véritables tests visant à mettre à l'épreuve l'autorité municipale et les règles en vigueur", a estimé la conseillère municipale proche de l'extrême-droite, demandant à Eric Piolle de prendre position dans le débat. "Monsieur le maire, attendre comme vous le faites une hypothétique réaction de l'Etat est un leurre, a encore pointé Mireille d'Ornano. Je suis au regret de vous dire que vous y perdrez surtout votre temps."
 

La conseillère municipale a demandé au maire de Grenoble d'énoncer des "mesures ou décisions concrètes" pour répondre à cette polémique. Mais l'édile est une nouvelle fois resté sur ses positions, estimant qu'il revenait à l'Etat de trancher pour ce dossier. "Je continuerai sur ma ligne, je ne descendrai pas dans la boue, je ne plongerai pas dans la controverse", a-t-il maintenu, arguant qu'"il ne saurait y avoir une définition de l'égalité par commune, sans quoi nous aurons 36 000 formes d'égalité dans la République".

Et selon le maire de Grenoble, "il y a de quoi être inquiet devant la cacophonie gouvernementale sur le sujet [du burkini]". Le Premier ministre Edouard Philippe, la secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa et la ministre de la Justice Nicole Belloubet se sont effectivement joints au débat quelques jours après l'action des militantes.

 

Cercle vicieux


"Il n'est pas acceptable qu'au sommet de l'Etat, les gardiens de la cohésion nationale, soient à ce point dans le flou sur ces questions fondamentales et s'amusent des polémiques qui divisent les Français", a poursuivi Eric Piolle à propos des interventions de plusieurs membres du gouvernement. La plupart avait pourtant maintenu qu'il revenait aux collectivités locales de prendre position via les règlements intérieurs mis en place dans les piscines publiques.

Edouard Philippe avait prôné la fermeté "pas du tout parce qu'on serait contre telle ou telle religion ou contre la religion en général", mais parce que la loi "doit garantir la stricte neutralité. C'est notre conception de la République, c'est la façon dont nous avons choisi de vivre dans notre pays", avait-il déclaré, rejoignant les propos de Nicole Belloubet.
 

La ministre de la Justice, en visite en Isère fin juin, avait également estimé qu'il fallait s'en remettre au règlement intérieur des piscines : "Je ne suis pas certaine qu'il faille légiférer, avait-elle déclaré. Nous avons une loi très importante qui nous donne les bases autour de la laïcité, c'est un principe qui a été réaffirmé par le Conseil constitutionnel et qui est fondateur de notre République".

En attendant une hypothétique nouvelle réaction du gouvernement, le maire de Grenoble a maintenu que "toute infraction [au règlement intérieur] est et sera sanctionnée simplement et sans détour". Les contrevenantes avaient écopé, fin juin, d'une amende de 17 euros dès leur sortie de la piscine Jean-Bron. Alliance citoyenne, qui revendique le droit de se baigner avec ce maillot de bain couvrant, a promis de poursuivre ses actions en l'absence de prise de position de la municipalité. Le dossier promet donc de nouveaux rebondissements dans les semaines à venir.

 

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