Record de pluviométrie dans la Loire : les viticulteurs affrontent le mildiou

Avec une pluviométrie qui bat tous les records, les maladies prolifèrent dans les vignes. Notamment le mildiou. Ce champignon microscopique s'attaque au feuillage puis au raisin. Depuis le début mai 2021, dans la Loire, la lutte est sans relâche dans les vignobles de la Côte roannaise.
Les grappes sont désormais formées et le raisin hors de danger. C'est le feuillage de la vigne que les viticulteurs travaillent désormais pour éviter tout dommage causé par le mildiou et autres champignons.
Les grappes sont désormais formées et le raisin hors de danger. C'est le feuillage de la vigne que les viticulteurs travaillent désormais pour éviter tout dommage causé par le mildiou et autres champignons. © FTV

Il y a d'abord eu l'épisode de gel des 6 et 7 avril 2021, dont les vignobles gardent encore les traces. Des branches restent nues de toute grappe. Et puis, il a eu la grêle, et maintenant la pluie. Sur les coteaux du Roannais dans le département de la Loire, la pluviométrie bat tous les records depuis début mai. "Du jamais vu", selon certains viticulteurs qui, très vite, ont dû engager une nouvelle bataille, contre les champignons qui attaquent la vigne.

"Le mildiou galopait, allait très vite"

À Renaison, dans la Loire, Stéphane Serol est aujourd'hui un peu plus serein. Mais le viticulteur et ses équipes ont dû mener un "travail de fond" depuis le 1er mai. À cause de la météo. Tous les matins, "il y avait une quinzaine de personnes à la vigne". Pour contrer le mildiou, ce champignon parasite, spécifique à la viticulture.

On a eu une grande période de stress avec le mildiou parce que, depuis le 1er mai, au stade végétatif, on a eu 500 mm de pluviométrie ici, ce qui est énorme, c'est du jamais vu, avec des températures qui étaient quand même là. Donc le mildiou galopait, allait très vite...

Stéphane Serol, vigneron de la Côte roannaise

Dans ces vignes en biodynamie, il a fallu sortir l'arsenal. À base de "traitements avec de petites doses de cuivre, des décoctions et tisanes de plantes", précise Stéphane Serol. Le travail a payé : "aujourd'hui, les grappes ne risquent quasiment plus rien car elles sont suffisamment formées". Sauf que le week-end dernier, il est encore tombé 60 mm de pluie. Entraînant la réapparition de tâches de mildiou sur les feuilles.

"Aérer au maximum le pied de vigne, pour que les raisins voient la lumière"

En attendant que le soleil ne revienne, il faut encore combattre. Sur les deux cents hectares de coteaux ciselés du Roannais, la vingtaine de vignerons indépendants observent le même rituel. L'effeuillage. La méthode est destinée à favoriser la maturation du raisin et à diminuer les risques de mildiou et autres maladies. Pour qu'ils soient préservés, il faut que les raisins voient la lumière.

On enlève les feuilles côté soleil levant pour que la rosée du matin sèche très vite. Les champignons craignent la lumière et ils sont beaucoup moins virulents.

Jean-Claude Chaucesse, lui, travaille seul dans sa vigne. Lui-aussi essaye de "protéger les nouvelles feuilles qui poussent, en renouvelant les traitements à chaque épisode pluvieux". Le dernier traitement naturel, à base de cuivre, date de la semaine dernière. Cela va sécher la feuille malade et elle va se désagréger naturellement, explique-t-il. "Il faut protéger le feuillage, car ce sont les feuilles qui apportent le taux de sucre dans les baies.

"C'est déjà une année éprouvante"

Année après année, jour après jour, les vignerons indépendants de la Côte roannaise poursuivent un "travail de fond et de précision pour préserver l'identité et la personnalité des vins" de leur terroir. En ce début août, la situation et les attaques des maladies liées à l'humidité sont moins inquiétantes. Mais en rajoutent à un début d'année difficile.

On a déjà eu un épisode de gel important sur le vignoble au mois d'avril. On a une perte de 30 à 60% suivant les secteurs. Donc on a déjà mal commencé, et puis ensuite ce mauvais temps qui vient en accumulation... C'est déjà une année assez éprouvante.

Jean-Claude Chaucesse, vigneron à Renaison

En 2021, la pression de la maladie est assez forte dans les parcelles. Le mildiou peut affaiblir les ceps, entrainer une perte de récolte et altérer la qualité du vin. Mais Stéphane Serol se montre optimiste : "Il  suffit que le beau temps prenne maintenant, qu'on n'ait pas trop d'eau et une bonne luminosité, et on aura de très belles maturités et des vins équilibrés."

Avec cette météo, le vin pourrait être moins alcoolisé, et la récolte plus tardive, début octobre. Et voilà que de nouvelles précipitations sont annoncées.

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