Dans le Doubs, au hasard d'une balade, on peut apercevoir des bisons. Gilles Malloire est un amoureux des animaux, et plus spécialement de ceux venus du froid. Il a créé un parc ouvert au public pour partager sa passion et participer à la sauvegarde de certaines espèces.

Pour Gilles Malloire, amoureux du grand nord, un hiver comme celui-ci aurait de quoi le déprimer. Mais il en a vu d’autres, et n’est pas du genre à se plaindre de la pluie ou du beau temps. Il est venu s’installer dans la région de Mouthe, dans le Doubs, pour vivre l’aventure nordique avec ses chiens. Il faut dire que Mouthe détient le record de froid en France. Enfin, pour un hiver normal. Mais en ce mois de février, c’est en bras de chemise qu’il m’accueille dans sa ferme franc-comtoise rénovée et transformée pour l’accueil du public. La passion de Gilles pour les animaux du froid l’a amené à s’occuper d’autres espèces parmi lesquelles les impressionnants bisons d’Europe. Ceux-là sont protégés, car en voie de disparition. On trouve aussi des rennes, des yacks, et tout ce qui, de près ou de loin, porte des poils et vit dans les hautes altitudes ou les hautes montagnes.

>> REPLAY : Jura, un printemps en hiver

« Ce sont les chiens qui m’ont tout appris, me dit-il. Mais lorsque la meute s’est éteinte avec l’âge, j’ai voulu continuer à vivre au plus près des animaux, suivre mon instinct et ma passion".

J’ai décidé de participer au programme européen de sauvegarde du bison endémique, dont il ne restait plus que 50 individus

Gilles Malloire

Le gaillard construit alors un parc animalier destiné à les recevoir, dans le but de protéger les plus menacés, mais aussi de faire découvrir au public ces espèces adaptées au climat nordique ou montagnard. Yacks, mouflons, cerfs, rennes… Et bientôt le renard polaire, qui lui aussi fait partie des espèces à protéger en raison des effets du réchauffement climatique aux très hautes latitudes. Dans les steppes où il était roi, il est maintenant en concurrence avec son cousin le renard roux, attiré vers le Grand Nord par des températures moins glaciales. Gilles en est persuadé : c’est en sensibilisant les visiteurs à la beauté de ces animaux que peut naître l’envie d'en prendre soin.

Alors la petite maison perchée sur les hauteurs de Mouthe s’est transformée petit à petit en Parc Polaire, ouvert au public.  

« Ici, les visiteurs ne défilent pas devant des pancartes explicatives. Toutes les visites se font au cœur des enclos, accompagné par un spécialiste qui raconte la vie et les particularités de ces espèces nordiques. L’objectif de cette immersion est de créer un lien, de l’émotion même, et de susciter l’envie de mieux les connaître, de les comprendre ».

Parmi ses animaux, le plus impressionnant est sans doute le bison d’Europe. La bête semble placide, mais il ne faut pas s’y fier. Gilles m’emmène au cœur de l’enclos pour les nourrir. Le regard de l’animal force le respect, et pour tout dire, maintient assez naturellement la distance de sécurité entre lui et nous… Non loin de là, les rennes de Scandinavie sont aussi facétieux et sympathiques que nos chèvres. Les Yacks ne nous calculent même pas, occupés à brouter le foin frais que Gilles leur a donné.

En ce lundi de fermeture du Parc au public, Gilles se consacre à ses bêtes. Une ambiance sereine entoure cet alpage jurassien, où les animaux semblent vivre dans leur élément. Bien sûr, s’il y avait de la neige, on se croirait plus facilement dans le Grand Nord canadien ou scandinave. Gilles balaye tout cela d’un revers de la main : la neige, elle tombera bien un jour, l'hiver n'est pas fini. Et de toute façon, on n’y peut rien, il faut prendre le temps comme il vient. "La seule chose que les bisons n’aiment pas trop, c’est la pluie. Mais la neige, le froid, ils sont faits pour cela. La douceur ne les dérange pas". Tout comme les rennes, dont les larges pattes, adaptées à la neige profonde, dessinent de délicates traces sur une herbe courte qui reverdit déjà, au cœur de cet hiver perdu dans le calendrier. En bon Père Noël, Gilles leur donne du lichen. Une friandise pour cette espèce habituée à vivre dans un climat extrême. Mais ce qui est extrême en ce début février, c'est l'incroyable douceur.

>> "Jura, un printemps en hiver" un magazine de 26 minutes présenté par Laurent Guillaume, réalisé par Marc de Langenhagen, diffusé le dimanche 3 mars à 12H50 dans "Chroniques d'en Haut" sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

À revoir en REPLAY sur france.tv

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