Rhône : la montée en gamme du Beaujolais porte ses fruits

En valeur, les professionnels enregistrent une hausse d'au moins 5% des revenus du Beaujolais en 2018 sur un an, alors que les volumes de ventes sont restés stables. / © Marc Greiner / Maxppp
En valeur, les professionnels enregistrent une hausse d'au moins 5% des revenus du Beaujolais en 2018 sur un an, alors que les volumes de ventes sont restés stables. / © Marc Greiner / Maxppp

Si la qualité du Beaujolais Nouveau reste à déterminer ce jeudi 21 novembre, celle du Beaujolais plus largement s'est incontestablement améliorée depuis le repositionnement de la filière. Celle-ci en retire des résultats économiques encourageants.
 

Par Mathieu Boudet

Alors que la fête bat son plein pour le Beaujolais Nouveau ce jeudi 21 novembre, coup de projecteur sur la santé du Beaujolais en général. A force d'efforts constants de toute la filière, l'image et la qualité du vin affichent des progrès notables, qui se traduisent par des développements économiques encourageants.

 

Le Beaujolais, un vin de qualité

Depuis la fin des années 90, le Beaujolais était plongé dans une profonde remise en question. La fête, très marketing, autour du Beaujolais nouveau, ne prenait plus. Aujourd'hui, on ne parle plus d'un vin au goût de banane ou de fruits rouges, le mot d'ordre est le retour au terroir autour du gamay, et la montée en gamme. "Il y a une "premiumisation" du Beaujolais grâce à la jeune clientèle qui n'a pas vécu le Beaujolais nouveau des années 80. Ils consomment sans a priori, sont très ouverts", analyse Grégory Large, membre de la commission communication d'Inter-Beaujolais. Les producteurs se sont adaptés à la demande, et l'image du Beaujolais, comme sa qualité, en bénéficie. Pour séduire, des vignerons se lancent désormais dans des offres plus ciblées, comme le "sans sulfite" ou le rosé primeur, plus recherché par les jeunes que le rouge. 

 

Le Beaujolais se porte bien

En septembre 2019, alors que les ventes de vin se repliaient de 2% à l’export, (chiffres des douanes), le Beaujolais marque la plus importante progression des exportations avec +12 % selon les chiffres des douanes. Un signe de la bonne santé d'un vin qui a longtemps souffert d'une mauvaise réputation liée au caractère festif du Beaujolais Nouveau. Les crus du Beaujolais, qui jouissent d'une image dynamique et d'un bon rapport qualité-prix, restent la locomotive. Mais tout le vignoble profite de cette dynamique, même les primeurs qui ne représentent plus qu'un quart de la production totale de Beaujolais.


 
 

La valeur des ventes augmente


En 2018, il s'est écoulé 22 millions de bouteilles de Beaujolais nouveau, un chiffre stable par rapport aux années précédentes. Mais en valeur, les professionnels enregistrent une hausse d'au moins 5%, selon Monsieur Large. 

"Dans cette période où la concurrence mondiale est devenue exacerbée, et où la consommation de vin rouge a tendance à marquer le pas en faveur de celle des blancs et des rosés, les vins du Beaujolais, à savoir les 12 appellations, montrent leur très bon potentiel pour les prochaines années, dans le monde entier," se félicite l'Inter-Beaujolais.

En terme de prix à l'export, deux incertitudes inquiètent la filière ponctuellement : d'une part, le Brexit, qui pourait se traduire par une augmentation des droits de douane de cette partie non négligeable de l'exportation du Beaujolais. "Pour l'instant on ne le sent pas dans les chiffres", explique-t-on à l'inter-profession.  Même chose aux Etats-Unis où les taxes douanières sur les vins français ont augmenté de 25%, en raison d'un contentieux avec l'Europe lié au secteur aéronautique. 


Les 3 visages du Beaujolais

L'inter-Beaujolais pense avoir trouvé un équilibre performant entre les 3 facettes de son vin : il y a les Beaujolais de Fête, dont le déclencheur d’intérêt et d’achat est la fête. Un vignoble qui "cible les nouveaux consommateurs : plus jeunes et sans a priori", tout en montant en gamme, selon les professionnels. Cette production représente 22 millions de bouteilles.

Puis, il y a les "Beaujolais de caractère". Ce sont les Beaujolais qui aujourd’hui visent notamment "la restauration tendance (bars à vins, caves à manger, bistronomie). On parle alors de Beaujonomie", explique l'Inter-Beaujolais. Leur potentiel est de 30 à 50 millions de bouteilles, avec les crus comme locomotive.

Enfin, il y a les "Beaujolais d’Exception", ceux qui ambitionnent le statut de grands vins de terroir. Leur production représente déjà plusieurs millions de bouteilles.

Pour chacun de ces Beaujolais, la stratégie de positionnement des viticulteur reste la montée en gamme progressive, qu’ils soient de fête, de caractère ou d’exception.
 

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