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Conseil régional de Franche-Comté : mise en bouche budgétaire !

L'assemblée régionale, vue de la tribune de presse
L'assemblée régionale, vue de la tribune de presse

Pour 2013, le budget  s’élève à 508 millions d’euros. Les débats, prévus sur deux jours, se sont ouverts ce matin.

Par Catherine Eme-Ziri

Comme d’habitude, la matinée a été prise par la présentation par la présidente socialiste de la région, et, ensuite, les différents groupes politiques ont pris la parole. La gauche joue sa partition, la droite la sienne, l’extrême droite tente de faire entendre sa voix… Et Marie-Guite Dufay joue en soliste. Attaque contre l’ancien gouvernement, contre le nouveau. On arrive tout doucement à midi et demi  (eh oui) quand on attaque l’ordre du jour.
Le matin, Sébastien Kroemer, UMP, a parlé d’un budget sans oxygène menacé par la gangrène. Françoise Branget, UMP, réveille l’assemblée après le déjeuner. Pour le dossier énergie , elle craint un « gost plan » ! Au secours, ils reviennent ! Comprenez, « Au secours les communistes reviennent ! » Voilà une référence qui date…

Dossier très attendu : les transports.

Déjà parce que les transports pèsent lourd dans le budget : 103 millions d’euros soit 20% du budget et le deuxième poste de dépenses, comme l’a présenté d’entrée de jeu le vice-président chargé des transports, Alain Fousseret.
Ensuite parce que les journalistes attendent la réaction de Marie-Guite Dufay à un article paru (opportunément) dans la presse régionale ce matin. Christophe Perny, le président, socialiste lui aussi, du conseil général du Jura, attaque violemment la présidente du conseil régional en l’accusant d’abandonner le Jura, de réserver « des miettes à ce département quand il en reste ! ». En cause : entre autres, le non soutien de la région au financement de l’aéroport de Dole-Tavaux, pris en charge par le département.
En fait, quelques allusions à cet article ont été faites au cours de la journée. Hélène Pélissard, élue jurassienne de l’UMP, a dit qu’elle ne s’associait absolument pas aux propos de Christophe Perny… La présidente Marie-Guite Dufay en a dit quelques mots au cours du déjeuner, à sa table où se trouvaient les journalistes. Elle ne souhaite visiblement pas alimenter une polémique qu’elle juge stérile et injuste. Elle considère que la région n’a aucune raison de financer cet équipement. Le département l’a pris en charge et c’est très bien !
Autre raison de l’importance de ce dossier transport : quand on parle trains ou routes, on parle forcément de territoires et de leurs aménagements…
Intéressant à observer : si les positionnements politiques subsistent, sont clairement perçus des rapprochements géographiques. Les élus du Haut Doubs font bloc pour s’inquiéter des menaces sur les trains Lyria. Les Haut-Saônois défendent la ligne Paris-Bâle. Les Jurassiens se mobilisent sur … tout ce qui concerne leur département !

Marie-Guite Dufay réfute l’idée d’un « Jura sacrifié ». Elle assure qu’elle met tout son poids dans la balance pour améliorer les liaisons ferroviaires. D’ailleurs, une conférence territoriale début janvier sera l’occasion de mettre tous ces dossiers sur la tables et d’y trouver des solutions…
Le volet transports a été adopté : l’UMP s’est abstenue, le Front National et la majorité ont voté pour.
Suite des débats demain. Sans grand suspens. Le groupe majoritaire, PS et Ecologistes, a la majorité et le budget 2013 doit être voté sans difficulté.


Une session vue avec des yeux de 20 ans…

Elles ont 20 ans. Elles sont étudiantes en BTS Assistant Manager au Lycée Pergaud de Besançon. C’est la première fois qu’elles assistent à une séance plénière d’un conseil régional. Même si elles avouent « ne pas tout comprendre », elles n’ont pas fait le déplacement pour rien.
Manon Mairey : « La politique ne m’intéresse pas ! »
Chloé Fariney: « Quand c’est la politique à la télé, je zappe. » Merci Chloé.
Elles sont une vingtaine dans la tribune réservée au public, d’habitude tristement clairsemée. Marie-Guite Dufay les a saluées dès le début de sa prise de parole. Elles ont apprécié.
Le budget, avec les recettes, les dépenses, elles maîtrisent bien grâce à leurs cours de comptabilité. Le côté purement politique les intéresse finalement aussi. « L’affrontement entre les uns et les autres me plaît », raconte Marion, qui ajoute « Ils avancent des arguments pour défendre leurs points de vue. » Chloé renchérit : « Ils s’envoient quand même de sacrées piques. »
Alors, les filles, il y a beaucoup de femmes dans l’hémicycle, non ? Elles n’avaient pas remarqué… Pas l’habitude de se rendre dans les conseils généraux ou à l’Assemblée nationale ! Ah, la jeunesse ! Une parité à peine arrachée et même pas remarquée… Pour ces deux jeunes femmes, un truc normal ! Eh non, mesdemoiselles. J’explique le scrutin, les listes chabada, un homme, une femme… seul scrutin avec une parité obligatoire !
Elles remarquent que, dans l’opposition UMP et Front National, ce sont surtout des femmes qui ont pris la parole pour contredire la présidente socialiste. Elles avancent une explication : « C’est peut-être plus facile d’envoyer une femme au front face à une autre femme, non ? » Bien vu. « Et une femme présidente, ça doit stimuler les autres femmes… » A méditer…
Je discute ensuite avec celle qui les a accompagnées ici : Eliane Ménegain, leur prof d’économie gestion. L’enseignante se désole : « Mes étudiantes ne font pas le lien entre la politique et leur quotidien. J’essaie de les sensibiliser avec les problèmes d’eau ou de transports, des dossiers concrets.»
Je m’interroge : l’éducation civique existe toujours dans les programmes scolaires. Oui, me dit elle c’est l’ECJS… Oui, l’ECJS mais aucune de nous deux ne retrouve la signification de ces initiales. Finalement, ECJS veut dire : éducation civique, juridique et sociale.
Mme Ménegain a fait suivre mardi la session du conseil général à sa classe grâce à la retransmission en direct sur Internet. Ce soir, après le conseil régional, elles iront au conseil municipal à Besançon. (Quelle dure journée !)
Elle espère que cette sensibilisation sera suivie d’effet. Déjà, certaines élèves envisagent de poursuivre leurs études avec une licence professionnelle « collectivités locales » à Grenoble.
De toute façon, Marion et Chloé ne regrettent pas cette matinée passée à la région : « C’est intéressant de voir comment ça se passe. »
Eh, revenez quand vous voulez : les sessions sont ouvertes au public !

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