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Procès Kurniawan : le viticulteur bourguignon Laurent Ponsot à la barre

Laurent Ponsot, viticulteur en Côte d’Or / © AFP PHOTO/Stan HONDA
Laurent Ponsot, viticulteur en Côte d’Or / © AFP PHOTO/Stan HONDA

Laurent Ponsot, viticulteur en Côte d’Or, a témoigné mercredi 11 décembre 2013 à New York, dans le procès du collectionneur de vins Rudy Kurniawan, jugé pour contrefaçon de grands vins français.

Par B.L. avec l'AFP

Le témoignage du viticulteur de Morey Saint-Denis en Côte d’Or était très attendu, depuis que le procès s’est ouvert lundi 9 décembre 2013.

De quoi Rudy Kurniawan est-il accusé ?

Rudy Kurniawan, 37 ans, était considéré comme l'un des plus grands collectionneurs de vins au monde.
Cet Indonésien vivait illégalement aux Etats-Unis depuis 2003, après le rejet d'une demande d'asile. Il achetait et vendait des milliers de bouteilles de vin par an. Il menait la grande vie au moment de sa splendeur. Tous les experts ont confirmé au procès qu'il avait un palais exceptionnel pour identifier et mémoriser les grands vins.

Chez lui, les enquêteurs ont découvert un véritable laboratoire de contrefaçon. Le procureur Jason Hernandez a montré aux jurés des milliers d'étiquettes de grands crus - fausses ou vraies -, des bâtons de cire, des formules sur des bouteilles, tel ce "40-50 DRC" sur un Pinot noir 2006 de Californie, laissant penser que Kurniawan, qui mélangeait les vins, l'utilisait pour de faux Romanée Conti des années 40-50.

Le procureur a aussi montré des emails de Kurniawan demandant à ce qu'on lui renvoie les bouteilles vides de grands crus consommées dans un restaurant new-yorkais. "Ne les lavez pas, j'ai besoin qu'elles semblent d'époque pour une séance de photo", y écrivait Kurniawan. Chez lui, les enquêteurs ont aussi retrouvé un cahier de formules sur ses mélanges, des factures pour des bâtonnets de cire, du papier d'Ingres, et des listes de numéro de série, utilisées ensuite pour ses fausses étiquettes.

Cet Indonésien vivait illégalement aux Etats-Unis depuis 2003, après le rejet d'une demande d'asile. Il achetait et vendait des milliers de bouteilles de vin par an. Il menait la grande vie au moment de sa splendeur. Tous les experts ont confirmé au procès qu'il avait un palais exceptionnel pour identifier et mémoriser les grands vins.

Pourquoi Laurent Ponsot est-il appelé à témoigner ?

Laurent Ponsot, dont le domaine produit des bourgognes réputés, n'avait jamais entendu parler de Rudy Kurniawan jusqu'en 2008. Cette année-là, le faussaire organise une vente aux enchères de 97 bouteilles de vins du Domaine Ponsot. La vente est prévue à New York le 25 avril 2008. Le catalogue propose 22 lots de Domaine Ponsot estimés au total entre 440 500 et 602.000 dollars. Le lot 413 propose ainsi une supposée bouteille de Clos de la Roche du Domaine Ponsot, datée de 1929 et estampillée "Nicolas". Prix estimé, entre 14.000 et 18.000 dollars.

Le procès du collectionneur de vins Rudy Kurniawana se déroule à la Federal Court à New York / © AFP Stan Honda
Le procès du collectionneur de vins Rudy Kurniawana se déroule à la Federal Court à New York / © AFP Stan Honda


Quelle erreur a perdu Rudy Kurniawan ?

Laurent Ponsot, informé par un oenophile qui a des doutes, demande le retrait de ses vins. Il vient en personne à New York pour l'obtenir. Les enquêteurs établiront que l'immense majorité des bouteilles sont fausses, dont notamment la bouteille de 1929. L'erreur du faussaire est de taille : le Clos de la Roche n'a commencé à être produit qu'en 1934.

Laurent Ponsot avait alors rencontré Kurniawan, pour connaître l'origine de ses vins. Celui-ci, à l'époque surnommé "Docteur Conti", en raison de sa passion pour le Romanée-Conti, met selon les enquêteurs plus de deux mois pour donner un nom, "Pak Hendra en Asie", à Laurent Ponsot, puis deux numéros de téléphone en Indonésie. L'enquête montrera que "Pak Hendra" n'est pas un nom, et que les deux numéros sont liés à une compagnie aérienne et à un centre commercial à Djakarta. A partir de là, Kurniawan cessera de répondre aux emails de Laurent Ponsot.

Mais l'affaire scelle sa chute. Le petit monde des richissimes collectionneurs de grands vins se détourne du jeune Indonésien aussi rapidement qu'il s'en était entiché à partir de 2002. Après avoir encore tenté une vente aux enchères à Londres, via un homme de paille en 2012, Kurniawan a été arrêté le 8 mars 2012 chez lui à Arcadia en Californie.

Qui sont les autres Bourguignons qui vont témoigner ?

Deux autres représentants de grands domaines français de Bourgogne, Christophe Roumier et Aubert de Villaine (Romanée-Conti), doivent aussi témoigner au procès, qui doit durer deux semaines. Kurniawan, impassible depuis lundi, risque jusqu'à 40 ans de prison. Il a plaidé non coupable.

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