Cosne-s/-Loire : La plus grande usine de granulés de bois de France a démarré son activité

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La PME Biosyl a débuté en décembre la production de granulés de bois sur son nouveau site de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre). Elle affiche une capacité de production de 120.000 tonnes par an.

Par M.B avec AFP

C’est la plus grande usine de France produisant des « pellets », des granulés de bois de chauffage. Elle vient de démarrer son activité à Cosne- Cours-sur-Loire dans la Nièvre, alors que la demande en pellets s'envole en France avec la forte croissance du chauffage au bois. Une 30aine de salariés a été embauchée.

Un marché en pleine expansion

Cette usine, qui a représenté un investissement de 21 millions d'euros pour une trentaine d'employés, est détenue à 60% par Biosyl, à 20% par le fonds d'investissement 123Venture et par la scierie Archimbaud (20%), un des deux principaux acteurs des granulés de bois en France.
Le marché français du pellet progresse actuellement à un rythme très élevé de "30 à 40%" par an, a-t-il expliqué, tiré par les ventes de poêles et de chaudières à bois. Selon lui, la demande de pellets de bois a atteint 850.000 tonnes en 2013 (dont 100.000 importés) et pourrait dépasser les 1,1 million de tonnes cette année.

Un chiffre d'affaires estimé à 12 M d'euros

Selon le Journal du centre (article du 12 septembre 2013),  les responsables de l'usine de Cosne-sur-Loire table sur un chiffre d'affaires de 12 millions d'euros pour 2014. Si le chiffre " dépasse les espérances, ajoute Antoine de Cokborne, une deuxième ligne de production est susceptible de se greffer à celle déjà existante. Il n'y a aucun problème, nous avons de la place. De six à huit hectares disponibles encore ».

Nièvre : La plus grande usine de granulés de bois de France a démarré son activité

Reportage de Régis Guillon et Fabien Madigou avec Antoine de Cockborne, fondateur et gérant de Biosyl


Une usine alimentée par des taillies en forêt

Le bois nécessaire à la production des pellets, petits granulés alimentant poêles et chaudières, sera fourni par la coopérative forestière Unisylva*, à partir de tailles forestières et non plus de chutes de scierie. Celles-ci sont en effet devenues insuffisantes du fait du renouveau du chauffage au bois et du déclin des scieries en France, a expliqué Antoine de Cockborne, le patron de Biosyl. 
Le bois utilisé provient donc de "taillies" en forêt, des coupes d'arbres effectuées par les forestiers pour laisser la lumière passer et aider les arbres voisins. Ces "taillies" étaient jusque-là destinées à l'industrie papetière et du bois aggloméré, mais les difficultés de ces secteurs en France les ont rendues plus accessibles, a expliqué M. de Cockborne.
* UNISYLVA est l'une des plus importantes coopératives forestières de France. Elle est basée à Limoges et compte pas moins de 10 500 adhérents pour une surface de plus de 350 000 ha de forêts répartie sur 4 régions administratives (Limousin, Auvergne, Bourgogne et Centre)

Une industrie qui va bien en France? Le granulé de bois (AFP)

Dans un secteur du bois français qui souffre de la crise des papetiers et des scieries, un créneau fait figure de sauveur: le granulé de bois de chauffage, dont la demande s'envole au point que les industriels peinent à suivre le rythme. Plusieurs usines ont ouvert ces derniers mois en France, dans les Landes, dans les Deux-Sèvres ou encore dans l'Aveyron, alors que les Français se tournent de plus en plus vers les poêles et chaudières au bois pour se chauffer.
Dernier démarrage en date, annoncé ce vendredi: celui de l'usine de la PME Biosyl à Cosne-sur-Loire dans la Nièvre (une trentaine d'employés), la plus grande de France avec une capacité de production de 120.000 tonnes par an. De quoi nourrir un marché en pleine expansion, qui a avoisiné les 850.000 tonnes en 2013 (pour près de 300 millions de chiffre d'affaires) et devrait largement dépasser le million de tonnes cette année.
"Sur le marché français, on est sur un rythme de très forte croissance, entre 30 et 40%", explique à l'AFP Antoine de Cockborne, qui a fondé Biosyl en 2010 pour venir concurrencer les deux acteurs historiques Piveteau et Archimbaud. La demande est telle que l'offre a du mal à suivre, avec environ 100.000 tonnes importées l'an dernier.
Le vendéen Piveteau a pris le contrôle d'un deuxième site en Corrèze, tandis qu'Archimbaud termine une usine à Labouheyre dans les Landes et va doubler l'usine existante à Secondigné sur Belle (Deux-Sèvres). Cogra, un autre acteur de ce marché (les auvergnats Moulins Bois Energie et EO2, le normand Aswood, Haut-Doubs Pellets...) démarre lui un nouveau site à Séverac-le-Château (Aveyron).

7,4 millions de foyers chauffés au bois
Pour répondre à la demande, il a aussi fallu trouver des nouvelles ressources forestières. Traditionnellement, les pellets étaient fabriqués avec les chutes
et les sciures de scieries. Mais sous l'effet conjugué de la hausse de la demande de pellets et du déclin de nombreuses scieries françaises, cette source d'approvisionnement est d'ores et déjà saturée.
Biosyl a donc misé sur des ressources venues directement de la forêt, qui proviennent de coupes forestières "d'éclaircissement" (réalisées pour aider les autres arbres à pousser) effectuées par la deuxième coopérative forestière française, Unisylva (400.000 hectares de forêts). "Ces coupes allaient habituellement à la papeterie et à la fabrication d'aggloméré", souligne M. de Cockborne, deux secteurs à la peine dans l'Hexagone qui en absorbent
donc de moins en moins.

Un coût bien inférieur au chauffage électrique
Le secteur estime déjà être à un coût "équivalent du gaz", être moins cher que le chauffage électrique et "30 à 40%" moins cher que le chauffage au fioul.
Contrairement à d'autres modes de chauffage au bois --en premier lieu la bonne vieille cheminée ouverte qui relâche des particules polluantes-- le pellet peut aussi se targuer d'être utilisé dans des appareils le plus souvent efficaces et plus propres.
Sa petite taille lui permet de s'écouler très facilement lors de son transport et de son usage, ce qui permet aussi d'optimiser la quantité brûlée pour chauffer.
La France s'est fixé un objectif de 9 millions de ménages chauffés au bois en 2020, contre 7,4 millions (dont la moitié à 100% bois) selon le dernier pointage de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) publié en octobre. Un nombre qui a déjà augmenté de 25% depuis 1999.
Selon Biosyl, le nombre de poêles à bois domestiques augmente actuellement au rythme de 80 à 90.000 unités chaque année.

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