Les forêts attirent de plus en plus d'investisseurs

La Bourgogne est la 6e région française la plus boisée.
La Bourgogne est la 6e région française la plus boisée.

Le prix des forêts françaises a légèrement augmenté en 2013 dans un secteur qui se financiarise de plus en plus. La Bourgogne, qui est la 6e région française la plus boisée, est une de celles où se trouvent les forêts les plus chères.

Par B.L. avec l'AFP

Quelles sont les forêts les plus chères ?

L'indicateur annuel du marché des forêts a été présenté mardi 20 mai 2014. Le prix de l'hectare de forêt a gagné 1,6% en 2013, après un léger repli en 2012. Cette hausse s'inscrit "dans un contexte d'amélioration relative de la filière bois française qui voit le prix du bois augmenter de 10,4%", soulignent la Société forestière de la Caisse des dépôts et la Fédération nationale des Safer (FNSafer), organismes chargés de l'aménagement de l'espace rural.

Le prix moyen s'établit à 3 990 euros l'hectare, mais peut aller de 600 à 11 000 euros/ha en fonction du type de bien. Les forêts les plus chères se trouvent dans la moitié nord du pays, en particulier en Sologne (7 300 euros/ha), Champagne (7 000 euros) et Bourgogne (6 500 euros). Les forêts d'Aquitaine, les moins onéreuses, ont souffert de la tempête Klaus en 2009.
En 2013, la filière bois française a vu le prix du bois augmenter de 10,4% / ©
En 2013, la filière bois française a vu le prix du bois augmenter de 10,4% / ©


Pourquoi le prix des forêts augmente-t-il ?

"L'évolution du prix des forêts est guidée structurellement par deux facteurs : le prix du bois et le prix des terres agricoles", explique le rapport. "Sur les quinze dernières années, le prix de l'hectare de forêt a progressé de 46%", rappelle  Robert Levesque de Terres d'Europe-Scafr, bureau d'étude de la FNSafer.

Le nombre de transactions augmente lui aussi légèrement, de 1,8%. Il est soutenu par "la progression régulière des ventes de petites surfaces" forestières (celles comprises entre 1 et 10 ha). Cette évolution est probablement liée à la "recherche de bois de chauffage" par les habitants des zones rurales qui se cherchent à se prémunir contre la hausse des prix de l'énergie, estime Robert Levesque.

En revanche, le nombre de ventes de grandes forêts de plus de 100 ha a chuté de 30%. Il n'y a eu que 90 transactions de ce type en 2013, le chiffre le plus bas depuis huit ans. "Les propriétaires, accordant une valeur refuge à leurs forêts, préfèrent conserver leurs biens dans l'attente d'un contexte plus favorable."

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Pourquoi les investisseurs s’intéressent-ils aux forêts ?

Si les personnes physiques, notamment les agriculteurs, demeurent les plus actives sur le marché, la part des surfaces acquises par les personnes morales a augmenté ces dernières années, note le rapport. Elle est passée en 2013 à 41%, contre 31% en 2005, avec des acteurs publics, mais aussi "de plus en plus d'institutions financières, banques et assurances".

"Le marché qui fleurit est celui de fonds d'investissement qui veulent développer leurs actifs", souligne Michel de Warren, directeur des investissement de la Société forestière, qui a aussi évoqué l'arrivée d'investisseurs chinois ou brésiliens. Cette arrivée des fonds "tend le marché", ce qui aboutit à des "prix un peu surcotés" par rapport à la valeur de production des forêts, "jusqu'à 20% pour les plus belles", ajoute-t-il. "La forêt demeure un actif de référence, contra-cyclique, rassurant", d'autant plus qu'il y a "une volonté politique de développer la filière bois", souligne Gilles Seigle, PDG de la Société forestière. 
Le secteur a été inscrit sur la liste des 34 filières prioritaires de la "nouvelle France industrielle" dressée par le gouvernement.

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