Attaque à Charlie Hebdo : les élèves et les enseignants de Bourgogne se recueillent

Minute de silence et prises de paroles au lycée Montchapet de Dijon.
Minute de silence et prises de paroles au lycée Montchapet de Dijon.

En ce jour de deuil national, élèves et enseignants bourguignons ont, eux aussi, tenu à rendre un dernier hommage aux douze victimes de l'attentat à Charlie Hebdo. Outre la minute de silence respectée dans de nombreux établissements, il a beaucoup été question de liberté d'expression, en classe.

Par M. Ba

Un moment de recueillement et d'instruction civique


Le ministère de l'Education nationale appelait à respecter une minute de silence, à midi, dans tous les établissements scolaires de France. « Les valeurs essentielles de notre République ont été visées : la liberté d'expression est au fondement de toutes les libertés; la liberté de conscience et le respect des opinions individuelles sont les principes qui nous permettent de vivre ensemble. (...) Je vous invite à répondre favorablement aux besoins ou demandes d'expression qui pourraient avoir lieu dans les classes. », expliquait dans un courrier adressé aux chefs d'établissement.

Drapeaux en berne et unes de journaux au lycée Charles de Gaulle à Dijon.
Drapeaux en berne et unes de journaux au lycée Charles de Gaulle à Dijon.


Cette invitation a largement été suivie en Bourgogne tant les élèves ont besoin de comprendre cet acte odieux : l'exécution de douze personnes et l'atteinte à la liberté d'expression que symbolisait Charlie Hebdo. En classe, il a donc beaucoup été question de ce bien précieux qu'on a tenté d'assassiner, hier, avec cette attaque. Des lycéens ont pu parfois être déchargés d'une partie des cours pour fabriquer pancartes et banderoles brandies pendant la minute de silence.

Minute de silence au lycée Le Prat's de Cluny. / © PetitCactus
Minute de silence au lycée Le Prat's de Cluny. / © PetitCactus


Comment en parler aux enfants?

Pour la psychanalyste Claude Halmos, interviewée par 20minutes.fr, « le sujet ne doit pas être tabou ». Les parents ne doivent pas hésiter à aborder le sujet avec eux, à répondre à leurs questions : « Les parents doivent d’abord les interroger pour savoir ce qu’ils savent de la tragédie et pourquoi ils pensent que c’est arrivé. Car les plus petits peuvent fantasmer sur des événements qui n’ont rien à voir avec cette tragédie. »

Mais tout dépend de leur âge bien sûr. Le pédopsychiatre Stéphane Clerget et la psychothérapeute Audrey Akhoun, questionnés par Europe 1, précisent que les enfants de moins de 5 ans n’ont pas la capacité de comprendre ce type de drame. Il est donc préférable de ne pas les exposer aux images des journaux télévisés et d’éviter de leur parler de l'attentat. A partir de 6 ans, les parents doivent au contraire questionner leurs enfants et mettre des mots sur le drame. « Des mots simples, sans rentrer dans les détails », insistent les deux psychiatres.

Le Petit Quotidien, le journal pour les 6-10 ans, propose de télécharger gratuitement son édition spéciale consacrée à ce drame sur internet

Le reportage à Dijon d'A. Douay et R. Liboz avec:
  • Michel Gey, proviseur du lycée Montchapet
  • Louise, élève de terminale S
  • Christophe Lamalle, professeur d'anglais
  • Maud Sauvage élève de terminale L

 

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