Dijon : une 100aine d’emplois est menacée à la Chocolaterie de Bourgogne

Les salariés de la Chocolaterie de Bourgogne ont manifesté devant le tribunal de commerce
Les salariés de la Chocolaterie de Bourgogne ont manifesté devant le tribunal de commerce

Le tribunal de commerce de Dijon examine aujourd’hui les projets de reprise de cette entreprise dijonnaise de 300 salariés placée en redressement judiciaire depuis fin octobre

Par Muriel Bessard

C’est un nouveau coup dur pour les salariés de la Chocolaterie de Bourgogne après des plans sociaux et des licenciements à répétition depuis plusieurs années. En effet, si un repreneur est désigné par le tribunal de commerce de Dijon aujourd’hui, ce sera avec une partie seulement des effectifs actuels : une 100aine d’emplois pourrait être supprimée. La décision du tribunal de commerce sera rendue le 17 février. Les salariés ont organisé une manifestation ce matin devant le tribunal de commerce de Dijon.

Le reportage de Pauline Ringenbach, Jean-François Guilmard et Aurélien Marone-Missud

Avec : 
  • Pierre Griset, délégué CGT à la Chocolaterie de Bourgogne
  • Maria Da Rocha, déléguée CGT à la Chocolaterie de Bourgogne
La Chocolaterie de Bourgogne menacée


La chocolaterie manque de trésorerie

La Chocolaterie de Bourgogne a été placée en redressement judiciaire fin octobre à cause de problème de trésorerie. Depuis début janvier, les 300 salariés travaillent donc à temps partiel. L'entreprise doit combler un trou de 5 millions d’euros. Le directeur, Philippe de Jarcy a mis en avant "le retard dans la mise en place d'une directive européenne qui prévoit un nouvel étiquetage (dans l'agroalimentaire) début 2015" pour expliquer les difficultés de son entreprise.

Un projet à deux têtes pourrait être choisi

Trois repreneurs ont déposé un dossier au tribunal de commerce. Deux d’entre eux pourraient s’associer pour ne proposer qu’un projet de reprise : le projet Nimbus Varova d’une société néerlandaise et le projet Plot d’une entreprise guinéenne spécialisée dans le cacao. Mais même dans ce cas de figure, la totalité des 300 salariés ne serait pas gardée, une 100aine d’entre eux seraient licenciés.

La position des syndicats

Les syndicats se sont félicités du projet que pourrait porter les deux sociétés qui poursuit les efforts de commercialisation déjà réalisés, la diversification des produits, confirme l’objectif de qualité et le développement des produits estampillés Bourgogne. Ils se sont  dits cependant opposés à tout licenciement.

Une vieille entreprise dijonnaise qui a une histoire singulière

La chocolaterie de Bourgogne au départ, c’est une entreprise créée par la famille Lanvin qui fait l’acquisition, dans les  années 20 d’une petite fabrique de la rue Chabot Charny. C’est le début de  la « Sucrerie Bourguignonne et Chocolaterie Lanvin S.A. En 1935, la recette du fameux escargot de Bourgogne ( une coquille fourré de praline) va largement contribuer à la notoriété de la marque. En 1968, l’entreprise s’agrandit  avec un nouveau bâtiment industriel dans le nord de Dijon.
Par la suite,  le secteur est frappé par la crise et l’entreprise connaît une période de vente et de rachats successifs : d’abord par  le groupe britannique Rowntree Mackintosh en 1977, avec de nouveaux produits ( Quality Street)  et près de 8000 tonnes produites. A la fin des années 80, Nestlé fait une OPA et prend les commandes du site qui emploie alors plus de 1000 personnes..
En 2007, le site de Dijon est repris par le groupe suisse Barry-Callebaut, leader mondial et spécialiste du chocolat. Il vend en  2012. La marque  veut renouer avec la tradition et devient «  La Chocolaterie de Bourgogne »




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