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Une enquête est ouverte sur les assistants du FN au Parlement européen, Edouard Ferrand dénonce une persécution

La justice a ouvert une enquête sur des soupçons de fraude dans l'emploi des assistants d'eurodéputés du Front national, payés par le budget du Parlement européen. L’eurodéputé Edouard Ferrand, responsable frontiste de l’Yonne, y voit une persécution.

Pourquoi une enquête a-t-elle ouverte ?

Déjà confronté à une information judiciaire sur le financement de ses campagnes, le parti d'extrême droite voit un nouveau front s'ouvrir avec cette enquête préliminaire, lancée par le parquet de Paris le 24 mars et confiée à l'Office anticorruption de la police judiciaire (OCLCIFF).

Les soupçons portent sur les conditions dans lesquelles sont employés et payés 20 assistants frontistes au Parlement européen, car leurs noms apparaissent aussi sur le dernier organigramme du parti en France, ce qui laisse supposer qu'ils pourraient être affectés à d'autres tâches tout en étant rémunérés par les fonds européens.

Pourquoi l'organisme antifraude de l'Union européenne a été saisi ?

Cette situation a conduit la présidence du Parlement européen à saisir l'organisme antifraude de l'Union européenne, l'Olaf, et à transmettre le dossier à la justice française. Le Parlement avait rappelé le 9 mars que ces salaires "ne peuvent (...) financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques".

"On ne peut pas être payé par le Parlement européen et travailler pour un parti", avait résumé le président du Parlement, le socialiste Martin Schulz, répondant à la patronne du FN Marine Le Pen qui l'avait accusé d'organiser une "vaste manipulation politique", "sur instruction", selon elle, du Premier ministre Manuel Valls.

"C'est la suite logique", a réagi Edouard Ferrand, responsable frontiste dans l’Yonne et chef de la délégation FN au Parlement européen.
Pour lui, il s'agit d'une "persécution" à laquelle son parti va "réagir de manière juridique". "On n'a rien à se reprocher."



Combien de collaborateurs frontistes sont-ils concernés ?

Le FN était arrivé en tête en France aux élections européennes de 2014, avec 24,86%, ce qui lui avait permis de passer de trois sièges à 23.
Chaque député européen dispose d'une enveloppe mensuelle de 21 377 euros pour rémunérer et défrayer ses collaborateurs.

Le principal enjeu pour les enquêteurs est de déterminer si le FN rémunère effectivement des cadres avec des fonds réservés aux activités du Parlement européen, en les employant de manière fictive à Strasbourg. Ce détournement pourrait constituer un d'abus de confiance.

En annonçant avoir lancé des investigations, le Parlement européen a détaillé ses soupçons.
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