Affaire Christelle Maillery : des proches de l’accusé témoignent au 4e jour du procès

Au quatrième jour d’audience, un témoin-clé a été cité à la barre : le frère de l’accusé. Des amis d’enfance de Jean-Pierre Mura ont également été entendus par la cour.

Par Maryline Barate

Le frère de l'accusé à la barre

Joseph Mura semble intimidé par la cour d’assises mais aussi embarrassé par cette affaire. Le frère de l’accusé a du mal à terminer ses phrases. Il dit croire en l’innocence de son cadet. Mais il a eu des doutes par le passé.

Je ne pense pas qu'il soit une personne capable de faire ça dans son état normal mais je ne sais pas ce qu'il peut faire quand il est hors-de-lui, déclare le frère de l'accusé.


 Le président de la cour questionne le témoin sur la période du meurtre. "En 1985/1986, j'allais régulièrement à la Charmille pour revoir des amis que j'avais du temps où on habitait le quartier. Je connaissais Christelle Maillery de vue. On se disait bonjour, bonsoir en bas des immeubles."

A l'époque des faits, Joseph Mura assure avoir questionné son frère. "Tu la connaissais cette fille?" Il m'a répondu qu'il la connaissait de vue, comme moi." Le président de la cour et l'avocat des parties civiles, Me Seban, se montrent perplexes. "A l'époque des faits, Jean-Pierre Mura n'était soupçonné de rien. Pourquoi alors demander à votre frère s'il est le meurtrier de Christelle."

Joseph Mura s'embrouille un peu dans ses déclarations : "j'ai peut-être posé ces questions plus tard que 1986." Il finit par dire qu'il a interrogé son frère car il ne l'avait pas vu au café ce jour-là."  avant d'ajouter "Aujourd'hui, je vois en mon frère quelqu'un de faible. Il n'y a rien de probant contre lui."



Les témoignages des amis d'enfance de Jean-Pierre Mura


Un peu plus tôt dans l’après-midi, deux amis d’enfance de Jean-Pierre Mura, ayant habité le quartier de la Charmille, replongent dans leurs lointains souvenirs. Questionnés par la cour près de 30 ans après les faits, Tonino Frau et Jésus Lozzano ont souvent dit ne pas se rappeler.

Fait notable, ils se sont contredits sur la fréquence de leurs rencontres. Le premier assure qu’ils se voyaient moins régulièrement en 1985/1986 en raison de leurs petites amies respectives. Au contraire, le second se souvient que les trois compères se retrouvaient chaque soir pour « fumer du shit et aller dans les bistrots. »

La petite bande se donnait rendez-vous au pied de la barre d’immeuble de Christelle Maillery avant de partir en goguette dans la voiture de Jésus Lozzano. Il y avait d'autres jeunes dans le hall d'entrée voisin. A la question de savoir si l'accusé connaissait la victime, Tonino Frau répond : "je n'ai aucun souvenir. Mais le fait qu'il vienne me chercher dans le quartier de la Charmille, il serait logique qu'ils se soient croisés. Mais il n'a peut-être pas fait attention. Quand on a 19 ans, on ne fait pas cas des filles de 16 ans. En tout cas, selon moi."



Le couteau en question

Cette journée d’audience a permis d’entendre également les experts qui ont examiné le couteau retrouvé le 4 février 1987 sous un arbuste, à 100 mètres de la scène de crime. Il est resté six semaines en plein air et a pu être enfoui par la neige et nettoyé par la fonte avant d’avoir été découvert par un passant. Aucune trace de sang n’a pu être décelée.

Un expert en armes a été chargé de comparer des couteaux ainsi que des outils d'aiguisage saisis chez l'accusé et des photos du cran d'arrêt retrouvé près de la scène de crime. L'arme ayant été détruite avec tous les scellés de l'affaire, il n'a pas pu avoir ce poignard en main mais des clichés pris en 1987.

"Les photos de l'époque étaient floues, ce qui a beaucoup compliqué le travail de recherche", précise rapidement ce spécialiste. Mais il a pu tout de même relever sur la lame de 1987 cinq stigmates d'affûtage considérés comme des défauts. Le ou les propriétaires n'étaient pas très aguerris à l'aiguisage de couteaux. Or, cet expert a constaté entre 3 et 5 similitudes sur l'affûtage des différentes armes blanches saisies chez Jean-Pierre Mura et celui de l'arme de 1987. Cependant, il ne peut pas être aussi catégorique que s'il avait affaire à une arme à feu dont la signature est unique dans 90% des cas. Il ne peut affirmer que ce couteau appartenait bien à Jean-Pierre Mura.


Le reportage de P. Ringenbach et C. Gaillard avec:
  • Joseph Mura, frère de l'accusé
  • Delphine Pichon, soeur de la victime
4e jour du procès Mura

Vous pouvez suivre ce procès en direct, minute par minute, sur le site de France 3 Bourgogne.

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