Des cadeaux dans des boîtes à chaussures : les Bourguignons solidaires des plus démunis

Que faites-vous de vos boîtes à chaussures ? Sachez que de nombreux Bourguignons fabriquent des colis garnis dans ce genre de boîtes, qui seront ensuite livrées à ceux qui en ont le plus besoin. Une initiative venue de Franche-Comté, qui a rencontré beaucoup de succès en quelques jours.
L'organisatrice espère récolter 1500 colis.
L'organisatrice espère récolter 1500 colis. © DR
Les initiatives francs-comtoises font des émules en Bourgogne. Une habitante du Haut-Doubs a récemment proposé de réaliser des boîtes à chaussures garnies, de les emballer de papier cadeau et d'organiser leur collecte afin de les livrer aux plus démunis. A l'intérieur, de la nourriture, des livres, des produits d'hygiène et des mots doux. L'action a rencontré un franc succès sur Facebook, les caméras du JT de TF1 lui a même donné un coup de projecteur, jeudi 26 novembre. 

Résultat, des résolutions semblables ont fleuri dans les départements bourguignons. Le 19 novembre, après avoir pris connaissance de ce que faisait la pionnière Mélanie Dulize, dans le Doubs, via les réseaux sociaux, Romann s'engageait à faire de même autour de Chalon-sur-Saône. Alors maintenant, elle peut compter sur un réseau de 400 membres, qui ont d'ores et déjà fabriqué 150 boîtes, réunies dans six points de collecte différents. "Le SAMU social a accepté de se charger de la distribution des colis mi-décembre", annonce la jeune femme qui va également nouer un partenariat avec la FACE (Fédération des Associations chalonnaise d'entraite) pour que le surplus de colis puisse être écoulé.

260 boîtes déjà collectées dans l'Yonne

Dans l'Yonne, ce sont 2000 membres sur le groupe Facebook Opération boîtes à chaussures Auxerre 2020 qui, pour beaucoup, préparent des boîtes à chaussures remplies de bonnes choses. Le but est d'apporter du réconfort, et du lien, à des personnes qui vivent des situations difficiles. Le contenant, d'une taille standard, a l'avantage d'offrir des cadeaux équitables entre les bénéficiaires. Plus de 260 boîtes ont déjà été récoltées et Cécile, à l'origine de l'initiative dans le département, espère bien monter jusqu'à 1500.

"Il n’y a pas de boîte parfaite, les personnes qui souhaitent donner le font avec le cœur, c'est le geste et l’intention qui comptent", s'enthousiasme-t-elle en précisant que le cadeau doit mentionner s'il s'adresse à un homme ou à une femme. Les consignes demandent d'en faire plus pour les hommes, qui constituent la majorité des personnes qui vivent dans la rue. Mais s'il n'y a pas de boîte parfaite, celle-ci doit comporter un tissu chaud, de la nourriture, un divertissement, un produit d'hygiène et un mot doux. Cinq commandements qui sont répétés par tous les organisateurs.

Je pense que ça marche bien parce qu'on ne demande pas de l'argent aux gens et que c'est à la portée de tout le monde.

Emilie, responsable de la collecte en Côte-d'Or

Et parce que certains manquent d'imagination quand il s'agit d'adresser un mot agréable aux destinataires de la boîte, Aurélie, qui se charge de la récolte dans la Nièvre, en a parlé à une directrice de l'école de Chevenon : "les enfants de l'école vont rédiger des cartes et des dessins de Noël qu'on intégrera dans les boîtes". Elle aussi témoigne d'un dispositif qui cartonne et elle récolte désormais des boîtes pour les animaux, et notamment pour les chiens qui accompagnent souvent les SDF. 

Une personne, qui avait récolté les colis de ses voisins, est venue en apporter 21 en une seule fois à Emilie, qui par un concours de circonstances s'est retrouvée responsable de l'initiative en Côte d'Or. "Je pense que ca marche bien parce qu'on ne demande pas de l'argent aux gens et que c'est à la portée de tout le monde", raconte-t-elle.
Un exemple de colis réalisé par une bénévole
Un exemple de colis réalisé par une bénévole © Capture d'écran Facebook
Les boîtes, une fois collectées, souvent chez le responsable de l'action locale, sont ensuite récupérées par différentes associations : la Croix Rouge, des épiceries solidaires ou les Restos du coeur par exemple. Elles se chargeront de les distribuer aux personnes concernées.

Selon un récent décompte de la fondation Abbé Pierre, 300 000 personnes seraient considérées comme sans-abris en France. 

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